Le groupe Bernard initie la transformation digitale dans la distribution

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Soucieuse des mutations technologiques qui s’emparent du secteur automobile, l’entreprise familiale bressane entend insuffler un signe de dynamisme au secteur de la distribution et réparation automobile.

Le groupe Bernard initie la transformation digitale dans la distribution

Troisième distributeur automobile français et deuxième distributeur de véhicules industriels, le groupe Bernard est un acteur économique majeur dans le nord-est de l’Hexagone. À la tête d’une armée de 2 430 collaborateurs, l’entreprise familiale représente onze marques automobiles et trois marques de véhicules industriels. Pour l’heure, l’entité compte 95 points de vente. En 2017, le groupe a écoulé 64 000 unités (36 000 VO et 28 000 VN) pour un chiffre d’affaires consolidé à 1,2 milliard d’euros.

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Cédric Bernard incarne la quatrième génération et l’avenir de cet empire familial. À 28 ans, ce chief innovation officier s’est formé seul, passant du poste de conseiller commercial à celui de chef des ventes, puis directeur d’une concession Renault à Vienne. Passionné d’automobile depuis son plus jeune âge, il nourrit un fort appétit pour le domaine de la transformation digitale. Pour amorcer cette mutation, Cédric Bernard et ses équipes sont partis du postulat suivant : «  Comme toutes les entreprises, nous avons conscience que les règles sont en train de changer. Les pratiques, comportements d’achats, usages et attentes de nos clients changent. Ils sont plus exigeants. On passe d’un acte de propriété, à un acte d’usage et d’économie de la fonctionnalité de la voiture. La bataille entre le digital et le physique se creuse. Les canaux digitaux deviennent des canaux primaires de la relation clients et les canaux traditionnels sont désormais secondaires ».

Cette réflexion a été amorcée il y a deux ans. Le groupe Bernard a souhaité en être l’acteur, en anticipant les mutations économiques et sociales, en maîtrisant les évolutions technologiques, et en accélérant la création de nouvelles sources de valeur. En somme, ne plus être suiveur, mais initiateur d’un mouvement. «  Il ne faut pas concevoir cette transformation digitale comme une menace, mais au contraire comme une formidable opportunité. Nous sommes issus d’un métier très lié à la mécanique et assez peu à la technologie. Mais le produit le devient, donc c’est important qu’on le devienne aussi. Les constructeurs ont leur propres road map et ambitions que nous suivons, mais il était important pour nous de prendre part à celles-ci en étant proactifs dans la transformation et dans la redéfinition de la chaîne de valeurs automobile actuelle ».

Naissance de l’Atelier d’Alfred

L’entreprise familiale a donc fondé début 2018 une structure interne, constituée d’une équipe pluridisciplinaire de dix collaborateurs. Baptisée l’Atelier d’Alfred, elle met à l’honneur le fondateur du groupe, Alfred Bernard, ancien agriculteur reconverti dans la mécanique en 1920 par amour pour l’automobile. «  Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Au même titre que l’initiative qu’il a su prendre en voyant l’opportunité que présentait l’automobile hier, il est important que l’on voit aujourd’hui l’opportunité que présente la mobilité  », commente Cédric Bernard.

Les activités du pôle digital du groupe sont donc divisées en trois entités : la Digital Factory est dédiée à l’amélioration de l’expérience clients et des collaborateurs à travers l’innovation incrémentale. «  Il s’agit de l’optimisation de l’existant par le digital  », complète-t-il. Le Start-up Studio, lui, a pour vocation d’expérimenter de nouvelles activités et de nouveaux services avant d’assurer leur déploiement. Et enfin, le fonds d’investissement soutient des projets ciblés, permettant au groupe Bernard de revendiquer un avantage compétitif réel face au reste du marché. «  Nous voulions nous adapter aux évolutions actuelles sans pour autant se limiter. C’est la raison pour laquelle nous investissons dans des start-up qui possèdent les compétences pour le faire. Nous co-créons avec elles pour accélérer le projet. L’objectif est de voir toutes les synergies possibles et comment elles peuvent nous aider à transformer ou optimiser une partie de nos métiers  ».

Lancement du portique ProovStation

En 2018, le groupe Bernard a collaboré avec la start-up CARFIT, puis travaille depuis deux ans avec la société WeProov afin de développer la ProovStation, lancée officiellement au CES 2019. Ce portique intègre des technologies d’intelligence artificielle et 3D permettant de scanner en trois secondes la carrosserie d’un véhicule afin de localiser, identifier et quantifier les dommages. Le coût des réparations est alors estimé sur devis. «  La station est un peu à l’épicentre de toutes les technologies de pointe. Le groupe n’est pas le premier client, mais à terme, si jamais la station présente un intérêt économique majeur, potentiellement le groupe Bernard le deviendra  ». Actuellement en phase de tests, l’ouverture des commandes est prévue pour 2020.

Cédric Bernard anticipe cependant une vente des stocks en amont car le prototype suscite déjà beaucoup d’intérêt aux quatre coins du monde. 300 leads ont été recensés à ce jour. Si le prix de vente d’une telle machine n’a pas encore été estimé, le groupe envisage en revanche de la mettre en location entre 36 à 48 mois. Le contrat d’entretien, la garantie et la licence seront compris dans le tarif. Suite à ce partenariat prometteur, Cédric Bernard ne cache pas que d’autres projets, en cours d’étude, devraient prochainement voir le jour.

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