Le groupe Chapat renforce son statut d’opérateur de mobilité partagée

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En 184 ans d’existence, la famille Vilaseca a été l’un des témoins privilégiés de la mutation de la distribution automobile. Elle a su s’adapter à ses évolutions, en prenant notamment le virage de l’électrique. Une transformation nécessaire pour perdurer.

Le groupe Chapat renforce son statut d’opérateur de mobilité partagée

L’opérateur francilien est présent dans le paysage automobile et motocycle depuis cinq générations. Son histoire remonte au XIXe siècle, en 1835 précisément, lorsque la famille Chapat démarre une activité de carrossier à Béziers (34), dans le sud de la France. «  Nous étions carrossiers au vrai sens du terme, c’est-à-dire qu’on habillait tout ce qui possédait des roues et un châssis  », relate Axel Vilaseca, membre du directoire et directeur général du groupe depuis vingt ans. En 1918, Louis Chapat prend la décision de venir sur Paris afin d’y développer l’affaire familiale. Un choix audacieux : l’activité de Béziers s’arrête définitivement en 1996 et le groupe poursuit son déploiement dans la capitale.

Pendant 80 ans, le groupe a représenté différentes marques, tant sous la casquette de concessionnaire que celle d’importateur : General Motors, Ford, Simca, Jaguar, Cadillac, Graham-Paige, SsangYong ou encore Lotus Cars. Christian Vilaseca, qui incarne la quatrième génération, démarre l’activité Honda en 1963. «  Nous sommes concessionnaire Honda automobile et Honda moto sous l’enseigne Japauto à Paris depuis cette date, précise son fils. Sous cette bannière, il a développé une écurie de course. Les victoires aux 24 heures du Mans et le Bol d’or ont participé à la renommée de Japauto moto et à celle de notre entreprise  ». Lorsque les importations prennent fin peu avant les années 2000, les magasins Yamaha Patrick Pons (concurrent de Japauto) sont à vendre. Le groupe Chapat saisit l’occasion de les racheter en 1999. «  Pour plus de transparence, mes frères et moi-même avons décidé de scinder les activités en trois. Cela s’est fait naturellement, en fonction des affinités et de l’application de chacun sur tel ou tel secteur  ». Ainsi, Ary (50 ans) dirige la partie automobile avec les marques Honda et Kia – en quasi-exclusivité dans Paris intra muros –  ; Cédric (52 ans), président du directoire, s’occupe de Japauto moto et des magasins Dainese ; et Axel (56 ans) préside les enseignes Yamaha Patrick Pons, Triumph Elysée Motor et BMW moto (Bärenstark Motor Paris).

L’électrique, un enjeu majeur

Aujourd’hui, le groupe réalise un chiffre d’affaires de 88 millions d’euros (55  % pour l’activité moto et 45  % pour l’activité auto), est à la tête de 240 collaborateurs et possède 14 sites répartis à travers le Grand Paris. Depuis janvier 2019, le groupe affiche un taux de progression de 12  % sur la partie moto et de 19  % sur la partie auto. Que ce soit pour la moto ou l’auto, les trois dirigeants n’ambitionnent pas, pour l’heure, de se développer avec d’autres marques. Au contraire, ils ont récemment décidé de recentrer leurs activités en se séparant des panneaux Ducati et Mazda l’année dernière. «  Nous avons toujours représenté des marques de niche, pas forcément des marques à volume, car nous voulions privilégier la relation avec le constructeur sur le long terme, et prioriser une stratégie produit répondant aux besoins spécifiques de notre clientèle parisienne. Notre volonté est de grossir et être performant avec les marques que nous représentons, plutôt que de chercher à se diversifier sans parvenir à optimiser les investissements réalisés. Et, surtout, nous voulons intégrer davantage de véhicules électriques afin de ne pas être condamné par la politique de la Mairie de Paris, encore plus visible ces dernières années  ».

Conscient de l’évolution des usages et des restrictions de circulation de plus en plus drastiques dans la métropole, le distributeur veut s’identifier comme un acteur de la mobilité électrique à Paris. Ainsi, depuis septembre 2018, la famille Vilaseca dirige le premier showroom au monde dédié à la gamme électrique de la marque Kia. Installée avenue de la Grande Armée, la concession présente de bons résultats : 30  % des 650 VN Kia vendus ont été réalisés sur ce site. «  Mais comme tous les constructeurs qui ont des produits électriques sympas, performants et pas trop chers, le problème reste le délai de livraison. Nous attendons les voitures de notre autre constructeur pour présenter une offre équivalente. Les transports en commun ne répondront jamais à tous les besoins de mobilité donc le véhicule électrique a un bel avenir et notre clientèle est mûre pour ce type de produits  ».

La contre-offensive des marques

Face à l’émergence des services de mobilité – chaque jour un peu plus nombreux –, le directeur général plaide pour que les constructeurs impulsent de nouvelles offres, complémentaires aux traditionnelles activités de la vente et après-vente. Dans cette perspective, Axel Vilaseca (avec la bénédiction de Yamaha) a lancé en avril 2018 un service de scooters partagés baptisé «  Troopy  ». Une flotte de 150 Yamaha Tricity de 125 cm3 est déployée dans l’ouest de la capitale et sa proche banlieue (Levallois-Perret, Neuilly-sur-Seine, Issy-les-Moulineaux et Boulogne-Billancourt).

Courant 2020, des véhicules électriques de la marque devraient se substituer aux motorisations thermiques actuelles. L’application enregistre un taux d’utilisation de 1 000 locations mensuelles, 500 clients réguliers et 5 000 abonnés. «  L’idée de Troopy est un projet pilote amené à se développer en franchise dans le réseau Yamaha, développe-t-il. Un concessionnaire Yamaha à Barcelone ou à Marseille peut devenir un opérateur de mobilité partagée en opérant une flotte de véhicules à partir de sa concession, tout en réalisant des synergies avec le reste de son activité. Si les constructeurs souhaitent garder un réseau de concessionnaires en centre-ville, ces derniers doivent devenir des opérateurs de mobilité partagée. Et autant qu’ils le soient avec la marque qu’ils distribuent  ». Convaincu que l’avenir de la mobilité se traduira également par des plateformes de réservations communes, Axel Vilaseca et ses équipes œuvrent afin de déployer leur réseau de scooters locatifs sur le parvis de la gare de Lyon. La réservation des engins sera proposée depuis l’application de la SNCF à compter de l’été 2019.

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