Le groupe Vidal accélère sur son développement

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Spécialiste de la distribution, l’entretien et la réparation de véhicules utilitaires et industriels en Île-de-France, le groupe Vidal est présent dans le paysage local depuis près de quatre décennies. En 2016, il s’est lancé dans une nouvelle aventure : celle de la distribution automobile.

Le groupe Vidal accélère sur son développement

Auparavant chef de région chez Iveco, Yves Vidal décide de se mettre à son compte. Les Établissements Vidal voient ainsi le jour à Trappes (78) en 1984, puis à Limay (78) un an plus tard. À force de travail, la petite PME se fait doucement un nom et revendique son caractère atypique en devenant propriétaire de Lomatra en 1997, une société spécialisée dans la location de poids lourds avec chauffeurs, qualifiés pour le transport de produits pétroliers. Lors du passage aux années 2000, l’entreprise familiale se spécialise dans le paramétrage de citernes, puis officialise son entrée dans le réseau Volkswagen en 2005. Yves Vidal reprend la concession historique Volkswagen Utilitaires (et MAN pour le poids lourd) de Melun (77), poursuivant ainsi la diversification de ses activités.

En 2016, le distributeur acte son entrée dans l’univers de l’automobile avec la reprise du Garage de l’Agiot à La Verrière (78). Une étape majeure dans son développement. «  Soit on grossissait, soit on arrêtait, explique William Vidal, directeur général et fils d’Yves Vidal. Aujourd’hui en région parisienne, être concessionnaire indépendant avec peu de sites se révèle être difficile en termes de rentabilité à cause du poids de l’immobilier. Nous souhaitions une affaire capable de générer plus de volumes  ». Si avant le rachat, les résultats du site étaient en déclin, la remise aux normes et le savoir-faire du distributeur l’ont mené sur la voie de la rentabilité. L’année dernière, la concession a livré 1 050 véhicules neufs (contre 700 en 2016) et 300 véhicules d’occasion à particuliers. Une grande satisfaction pour le groupe qui a su orienter son affaire sur ce nouveau marché de l’occasion. «  Nous sommes sur une zone où sont installées beaucoup d’entreprises. La part des ventes à sociétés représente 60 % donc le mix à particuliers y est forcément plus faible. De plus, La Verrière est l’une des zones les plus modestes en France, donc si nous voulions toucher cette clientèle, il était primordial de développer un autre axe de croissance. En véhicule d’occasion, nous proposons des petits prix et des prix plus proches du neuf afin de répondre à toutes les demandes  », poursuit l’homme d’affaires qui a fait ses armes chez Nissan avant de rejoindre l’entreprise familiale.

Premiers pas dans Paris

Le 1er octobre 2019, le groupe s’est lancé un nouveau défi : ouvrir une concession au cœur de Paris et ce, avec nouveau panneau. Installée dans le 10e arrondissement, la concession Hyundai appartenait au distributeur Tranauto qui y distribuait la marque Volkswagen. Goncourt Automobiles, s’étend sur 520 m2 dont 250 m2 de showroom où sont exposés cinq véhicules. Elle comprend un atelier et douze places de stationnement au sous-sol réservées à l’atelier et aux véhicules de remplacement. «  La force de ce site est d’être en plein Paris, mais surtout de bénéficier d’une grande visibilité, puisque 10 000 véhicules par jour empruntent l’avenue Claude Vellefaux. De plus, il jouit d’un écosystème favorable : une avenue large où un porte-huit peut décharger, des bornes de recharge en libre-service (ex-Autolib’) mais aussi du stationnement, ce qui est exceptionnel dans Paris  ». En complément, la concession possède un espace d’une cinquantaine de places de stockage notamment pour les véhicules d’occasion. «  Ces infrastructures nous permettent de travailler quasiment comme une concession classique. La seule problématique est l’absence de parking client immédiat  », regrette-t-il.

Ce nouvel établissement a un potentiel annuel de ventes de 300 VN et 100 VO que le groupe compte atteindre d’ici à l’année prochaine. «  En espérant que les tensions sociales se calmeront d’ici là, nuance le directeur général âgé de 39 ans. C’est toute la spécificité d’une zone urbaine : il faut tenir compte des mouvements sociaux et des manifestations qui ne sont pas très lointaines puisqu’elles démarrent bien souvent de la gare de l’Est à seulement dix minutes à pied  ». D’ailleurs, en raison des grèves en décembre dernier, les résultats sont en deçà des prévisions annoncées : «  Nous sommes un peu en retard sur le plan de marche mais je ne suis pas trop inquiet. Grâce à notre emplacement nous parvenons à drainer une clientèle de banlieue, mais aussi des sociétés qui vont représenter 70 % de notre business. C’est ce que révèlent les
premiers chiffres de vente. Notre notoriété devrait également permettre de repartir sur une bonne base  ».
D’autant que les groupes Vidal et Lafranchi (dans le 13e arrondissement) sont les deux seuls représentants de la marque coréenne dans Paris intra-muros. Depuis quelques mois, le groupe Vidal compte parmi ses clients la société d’auto-partage Ubeeqo. Par le biais de Hyundai France, l’opérateur francilien a vendu 50 Ioniq à l’entreprise et détient l’entretien exclusif de sa flotte. Une manne financière mensuelle conséquente puisque les véhicules sont régulièrement victimes d’actes de vandalisme.

Accélérer sur le digital

Pour l’exercice en cours, le groupe entend renforcer ses affaires existantes tout en examinant les rachats potentiels (VP, VU et PL) en Île-de-France et ses abords. L’opérateur est d’ailleurs en discussion pour reprendre un site PL en province. Outre le développement externe de ses activités, celui-ci s’attaque depuis quelques mois au grand chapitre du digital, en passant notamment par la refonte totale de ses sites utilitaires afin d’augmenter leurs ventes, notamment sur le marché de l’occasion. Au programme : référencement, génération de leads et leur gestion. Une étape nécessaire face à la mutation du parcours client, d’autant que la partie utilitaire représente 60 % du chiffre d’affaires du groupe. Cette mission est allouée à Cédric Jovenet, responsable marketing et communication depuis neuf mois : «  Nous allons surtout travailler le référencement au niveau local et développer la e-réputation qui va permettre un référencement naturel par le biais des notations. Notre challenge à court terme est d’orienter la partie professionnelle sur le digital car nous constatons que dans le monde du poids lourd et du véhicule utilitaire la demande est plus timide sur l’aspect digital. Il y a encore une réticence par rapport à l’outil  ». En parallèle, la concession Hyundai fera aussi l’objet d’une réflexion autour de la conquête clients, puis de leur fidélisation dans un second temps. Les équipes entendent diversifier leurs axes de communication afin de renforcer la notoriété du coréen auprès des Parisiens. Le discours sera à l’évidence électrique, en cette période de transition énergétique. Le distributeur ambitionne de doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2022.

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