Le marché automobile français entre dans une période très incertaine

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Les immatriculations de voitures particulières ne sont pas bonnes et laissent présager une fin d’année difficile pour l’ensemble de la filière automobile.

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Selon les statistiques de AAA Data, le marché automobile français des voitures particulières affiche une baisse de 9,49 % pour un total de 171 049 unités immatriculées en octobre 2020. Sur les dix premiers mois de l’année, le marché français accuse un repli de 26,91 % en données brutes par rapport à l’an passé pour seulement 1,3 million de véhicules immatriculés. Le reconfinement devrait provoquer un nouvel effondrement des ventes, le clic and collect ne pouvant assurer l’ensemble des volumes. La commande d’un véhicule neuf sur le Web semble également peu probable, les clients préférant se rendre en concession pour conclure un achat.

Conjonction de mauvaises nouvelles pour la distribution

Pour expliquer cette forte baisse, on peut tout d’abord mettre en avant le jour ouvré en moins en octobre : 22 jours contre 23 jours l’an passé. Mais ce n’est pas suffisant. La période de référence, octobre 2019, correspondait à un mois record en raison des volumes tactiques passés par les constructeurs avant la mise en place de la réglementation européenne CAFE de réduction des émissions de CO2.

Perte de confiance des clients dans un contexte crise sanitaire

Mais, encore une fois, c’est insuffisant pour expliquer un marché en net recul en octobre 2020 après la première période de confinement. En réalité, les dispositifs d’aide comme la prime à la conversion ne donnent plus de coup de pouce à l’achat ou encore le car-bashing entretenu depuis quelques semaines par le gouvernement ne peut pas rétablir la confiance des clients à l’achat. Le durcissement du malus prévu pour 2021 et l’établissement en 2022 d’une nouvelle taxe au poids découragent les acheteurs inquiets par les suites de la crise sanitaire.

Lors des derniers jours d’octobre qui ont précédé le nouveau confinement, les clients ne se sont pas précipités dans les concessions. Ce qui a provoqué un nouveau trou d’air.

« Une forme d’avertissement » selon Xavier Horent du CNPA

« Avec - 9,5 % , le marché parvient à contenir une baisse qui reste toutefois marquée, commente Xavier Horent, délégué général du CNPA. C’est une forme d’avertissement, au seuil de l’entrée en vigueur du confinement pour au moins quatre semaines. Les effets du plan de relance sont en train de se dissiper, comme on le constate avec l’évolution des prises de commandes entre le début et la fin du mois. La reprise, clairement, s’essouffle ». Et d’ajouter : « Les changements programmés par les pouvoirs publics dans les modalités de bonus et de prime à la conversion en 2021 jouent également un rôle dans le déclenchement des décisions d’achat ». Toutefois, il convient de souligner la bonne tenue du marché de l’occasion.

Une fin d’année très incertaine

Malgré l’autorisation du clic and collect afin que les clients puissent récupérer les véhicules commandés sur rendez-vous en concession, il y a peu de chance que la croissance des ventes soit au rendez-vous pendant la nouvelle période de confinement qui pourrait durer jusqu’à douze semaines. On pourrait ainsi assister à un nouvel effondrement du marché ainsi qu’à un arrêt des usines des constructeurs. Une nouvelle évolution qui pourrait impacter durablement la rentabilité du secteur.

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