Les Américains continuent d’acheter des voitures aux piètres performances énergétiques

Publié le par

Selon l’Agence de protection de l’environnement américaine, données 2019 à l’appui, les indicateurs « verts » se dégradent sur le marché automobile aux États-Unis. Et le marché des compensations d’émissions de CO2 donne une bonne indication sur la répartition des rôles entre constructeurs.

© DR / Cadillac
© DR / Cadillac

Certains de nos inflexibles élus européens et français gagneraient peut-être à faire un « business tour » aux États-Unis pour mieux comprendre le quidam (l’acheteur en d’autres termes), d’une part, et l’émergence d’un marché de crédits d’émissions très libéral mais paré d’arguments écologiques, d’autre part.
L’EPA (Agence de protection de l’environnement), organisme de contrôle et de régulation américain, vient d’indiquer que l’économie de consommation de carburant avait reculé de 0,2 mile per gallon. En cause, les acheteurs de véhicules neufs se sont massivement tournés vers les pick-up et les SUV, ces derniers représentant désormais près de la moitié de la production américaine. Le nombre moyen de chevaux fiscaux et le poids moyen des VN a aussi atteint des records en 2019. Pour les chevaux fiscaux, la croissance est de 79 % depuis 1975 ! Selon l’EPA, cette tendance va se confirmer en 2020 et la consommation moyenne est attendue à 25,7 mpg, ce qui constituerait un nouveau record.

La situation anime fortement le nouveau marché des crédits d’émissions. General Motors (22,5 mpg en moyenne), FCA (21,2 mpg en moyenne) et Ford (22,5 mpg en moyenne) ne sont pas parmi les « bons élèves ». À titre indicatif, FCA a acheté pour 82,1 millions de mg de crédits (le « pire » constructeur) là où Tesla en vendait 39,8 millions de mg. Honda fait jeu égal avec Tesla (40 millions) et devance Toyota (33,8 millions) tandis que des groupes comme GM, BMW ou Daimler achètent des crédits, mais dans des proportions mesurées par rapport à FCA.
L’arrivée au pouvoir de Joe Biden est scrutée de près par les constructeurs qui craignent un nouveau tour de vis, alors que Donald Trump et son administration avaient en partie détricoté les mesures de contrôle d’émissions votées sous Barack Obama. Mais Andrew Wheeler met aussi en garde : « Nos rapports démontrent que très peu de constructeurs peuvent répondre aux standards de l’administration Obama, parfois irréalistes, sans avoir besoin d’acheter massivement des crédits d’émissions polluantes ». En filigrane de ces propos, l’ombre portée de la crise et les enjeux politiques du « America First » et d’une nouvelle économie drivée par le seul législateur.

Voir aussi :

En partenariat avec le En partenariat avec CNPA
A la une
La quotidienne Auto-infos