Brexit : quelles conséquences pour les constructeurs ?

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Le résultat est tombé cette nuit : les Britanniques, à 52 %, se sont prononcés pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Avec des conséquences sur tous les secteurs de l’économie, dont celui de l’automobile.

Brexit : quelles conséquences pour les constructeurs ?

Aujourd’hui, le marché automobile britannique pèse 2,6 millions d’unités, un pic atteint après un redressement progressif engagé suite à la crise financière de 2008. Il s’agit donc d’un marché européen capital, aussi bien en termes quantitatifs que qualitatifs : le mix produit a tendance à y être supérieur à la moyenne des autres pays européens puisque les marques haut de gamme représentent 23,9 % du marché contre 17,8 % en moyenne en Europe. Le parc y est également le plus jeune d’Europe, avec une moyenne d’âge de 7,7 ans.
Sur ce marché, le groupe Volkswagen, et notamment la marque du même nom, reste le leader avec une part de marché de 19 %. Il est suivi de BMW qui réalise 10,5 % de son chiffre d’affaires outre-Manche.

Les Français plus exposés que les groupes étrangers

Restent que, à la différence des Français, ces constructeurs allemands ont adopté des politiques de couverture de change à long terme, avec pour conséquence de lisser l’impact de l’évolution du taux de change. Selon une analyse de Barclay, la stratégie n’est pas la même chez les groupes français, ce qui les rend davantage exposés malgré des volumes de ventes plus faibles. Peugeot, qui s’octroie une part de marché de 8,4 % et réalise 8,1 % de ses revenus mondiaux dans le pays, s’avère être le constructeur le plus exposé. Selon Barclay, une évolution de 1 % de la livre sterling a un impact de 1,6 % sur le résultat opérationnel de la branche automobile, ce qui représente 30 millions d’euros. Du côté de Renault, qui bénéficie d’une part de marché de 4,3 % dans le pays et dont 5,2 % du chiffre d’affaires provient de ce marché, l’impact a été estimé à 0,9 % du résultat opérationnel, soit environ 18 millions d’euros.

Les constructeurs français dévissent à la Bourse de Paris

Dans un contexte où, la livre sterling atteint son plus bas niveau depuis 1985, chutant de 11 % face au dollar, les marchés financiers européens, dans le sillage des places asiatiques, ont affiché de sévères reculs dès leur ouverture. Tandis que Londres a perdu 7 %, Paris dévisse de 8 % et Francfort de 10 %. Au sein du CAC 40, les constructeurs français n’ont évidemment pas été épargnés. À 11 heures, l’action Peugeot perdait ainsi plus de 12 % de sa valeur pour s’établir à 12,30 euros. Un porte-parole de PSA a indiqué ce matin à l’APF que le groupe étudiait un réajustement de ses tarifs en Grande-Bretagne afin de limiter l’impact du Brexit sur son activité. L’action de Renault affichait quant à elle un recul de 10,12 % à 72,89 euros.
Les regards sont donc désormais tournés vers les banques centrales, qui tenteront de rassurer les marchés et limiter les dégâts sur les places financières et ainsi éviter un vendredi noir.

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