Lionel French-Keogh (Hyundai) : « La Ioniq est notre cheval de Troie pour atteindre les flottes »

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À l’occasion du Mondial de l’automobile, Lionel French-Keogh, directeur général de Hyundai Motor France, revient sur l’actualité du réseau et les nouveautés de la marque.

Lionel French-Keogh (Hyundai) : « La Ioniq est notre cheval de Troie pour atteindre les flottes »

Auto Infos : Face aux nombreux désistements cette année, avez-vous songé à renoncer au Mondial ?

Lionel French-Keogh : Je ne l’ai pas envisagé mais cela ne veut pas dire que la question ne se posera pas dans le futur. Il est important d’être présent sur le salon en termes de notoriété, et surtout dans le hall 1. Lorsque les visiteurs vont sur les stands concurrents, ils passent forcément devant Hyundai. C’est une visibilité non négligeable que nous n’avons pas avec les concessions, par exemple. La question que l’on doit se poser est, si nous ne venons pas, qu’allons nous faire d’autre ? Si les désistements se réitèrent dans le futur, nous nous poserons forcément la question sur l’intérêt de notre présence ou non. Beaucoup ont avancé l’argument du budget. Le coût d’investissement pour cet événement représente beaucoup d’argent, il est vrai. Pour Hyundai France, cela représente entre 1,5 et 2 millions d’euros. D’autre part, contrairement au salon de Genève où les constructeurs sont sur un même pied d’égalité, car il n’y a pas de constructeurs nationaux suisses, le Mondial est quant à lui très français et celui de Francfort très allemand. Je pense surtout que les salons quel qu’ils soient devraient davantage se renouveler.

A. I. : Comment se porte Hyundai sur le marché français ?

L. F.-K. : La marque se porte bien. Fin septembre, nous avons validé une progression de 30 % par rapport à 2017. En dehors du Tucson, nous affichons une croissance sur toutes nos lignes, en particulier sur la i10, la i20 et le Kona. C’est donc une croissance saine puisqu’elle n’est pas seulement portée par les nouveautés mais aussi par les produits historiques. Contrairement à certains concurrents, nous n’avons pas eu besoin d’immatriculer intensément les véhicules en août avant la mise en place de la norme WLTP. En isolant le mois de septembre, la marque enregistre une hausse de 36 % sur un marché en baisse de 13 %. Concernant le réseau, nous avons à l’heure actuelle 180 points de vente et 110 investisseurs. Avant la fin de l’année 2019, nous souhaitons atteindre les 190 points de vente.

A. I. : Quels sont vos objectifs avec le lancement du Kona électrique ?

L. F.-K. : Dans le meilleur des cas, nous allons en vendre 500 unités. En réalité, ces véhicules ont déjà été vendus puisque c’est le quota qui nous a été alloué par notre maison-mère. Ces 500 véhicules ont été commandés en à peine un mois, dès l’ouverture des commandes en juillet dernier. Sur les 500 unités, 80 % ont été vendues avec la batterie de 64 kWh et 20 % avec celle de 39,2 kWh. La moitié des Kona que nous livrons sont commandées par les flottes. Avec ce produit, nous avons réglé la problématique de l’autonomie, tout en proposant un prix raisonnable. En 2019, j’espère pouvoir en vendre 2 000 unités. L’idée pour la marque est de s‘imposer en tant que deuxième acteur sur le marché de l’électrique. Pour l’instant, celui-ci est très limité à cause de la faiblesse de l’offre, alors que la demande est en nette hausse. Concernant la motorisation thermique, nous prévoyons de vendre entre 6 000 et 7 000 unités de ce modèle en année pleine.

A. I. : Pour le lancement commercial du Kona électrique, pourquoi avez-vous proposé une série limitée en vente exclusivement sur Amazon ?

L. F.-K. : D’un point de vue technologique, il y a un lien entre ce géant du web et la technologie proposée sur le Kona électrique. C’était donc un moyen de conférer une puissance à la sortie du produit. En termes de notoriété, bien sûr, la campagne sur Amazon permet de faire découvrir le modèle et la marque auprès des 4 millions de visiteurs qui consultent le site par jour. Ce sont donc autant de clients potentiels. En revanche, il n’y a pas de différence particulière par rapport aux 480 autres véhicules, hormis un toit blanc qui n’est pas disponible en temps normal. Sur les 20 véhicules, 19 seront remis à leurs futurs propriétaires en concession. Seul le premier client recevra son Kona le 10 octobre prochain, directement au Mondial.

A. I. : Quel bilan faites-vous de la Ioniq ?

L. F.-K. : C’est un peu tendu côté production à cause de la fabrication des batteries. Ainsi, nous envisageons l’immatriculation de 2 500, voire 3 000 unités en année pleine. La motorisation hybride représente la moitié des ventes, un quart concerne le plug-in et le dernier quart concerne la motorisation électrique. Le choix parmi ces trois types de propulseurs renforce la dimension avant-gardiste de la marque. Cet argument est notre cheval de Troie pour atteindre les flottes. Ce produit permet d’ouvrir les esprits sur Hyundai en tant qu’alternative face aux marques françaises et européennes. D’autant que, contrairement à nos concurrents, nous ne présentons sur le salon que des véhicules prêts à l’emploi et non des concepts car qui ne roulent pas encore.

A. I. : Quels sont vos projets au niveau de votre réseau ?
L. F.-K. : Nous allons développer le poste de vendeurs afin de générer un bon pilotage du processus d’achat ou de vente. Actuellement, j’ai une bonne visibilité sur le site internet mais je n’ai pas de retour sur ce que font les vendeurs la journée en concession. J’ai besoin d’avoir un suivi des clients mais également des offres proposées. Nous ne sommes pas très en avance sur ce point, soyons honnêtes. C’est la raison pour laquelle nous allons développer un outil d’ici à la fin de l’année avec notre maison-mère. Le vendeur verra directement ce qui est disponible en magasin et il pourra plus facilement donner un délai aux clients par exemple. En tant que marque, c’est nécessaire de savoir ce qu’il se passe dans son réseau.

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