Luca de Meo (Renault) : « La situation est sans précédent, elle n’est pas sans appel »

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En répercussion de la crise sanitaire, les ventes du groupe ont baissé de 34,9 % au premier semestre 2020, avec 1,26 millions de véhicules écoulés, dans un marché mondial en recul de 28,3 %.

© groupe Renault
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« La situation est sans précédent, elle n’est pas sans appel ». Face aux résultats historiquement bas de la marque, Luca de Meo, directeur général de Renault se montre transparent mais pas fataliste. Si la a crise sanitaire a fortement impacté les résultats enregistrés au terme du premier semestre 2020, le groupe Renault entend rebondir en corrigeant sa « trajectoire avec une stricte discipline qui ira au-delà de la réduction de nos coûts fixes ». Clotilde Delbos, directeur général adjoint de Renault, abonde en ce sens, soulignant que la crise sanitaire « est venue s’ajouter à nos difficultés préexistantes. La mobilisation de tous les collaborateurs nous a permis de faire face à cette situation. La poursuite de cet engagement, le projet de plan de réduction des coûts 2022, nos réserves de liquidités, et bien sûr l’arrivée de notre nouveau Directeur général, me rendent confiante sur notre capacité à redresser, aussi vite que possible, notre performance ».

Compte tenu des incertitudes qui pèsent sur la situation sanitaire actuelle - tant en Europe que pour les pays émergents - le groupe automobile français estime ne pas être en mesure de fournir une prévision de résultat fiable pour l’exercice en cours. En revanche, il confirme son objectif d’atteindre 600 millions d’euros de réduction de coûts cette année, soit 30 % des économies attendues du projet de plan 2022.

Records des plus mauvais résultats financiers

Le chiffre d’affaires du groupe s’élève à 18,4 milliards d’euros au premier semestre (-34,3 %). À taux de change et périmètre constants, la baisse aurait été de 32,9 %. Le chiffre d’affaires de l’Automobile (hors Avtovaz) s’établit à 15,7 millions d’euros, en repli de 36,6 % par rapport au premier semestre 2019. Cette baisse s’explique essentiellement par une contribution négative des volumes de 29,6 points et de 7,3 points pour les ventes aux partenaires. Ces deux impacts sont les conséquences directes de la crise sanitaire mondiale.

Le groupe enregistre une marge opérationnelle négative de -1,2 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année (-6,5 % du chiffre d’affaires). L’impact négatif du Covid-19 peut être estimé à environ 1,8 milliards d’euros sur ce semestre. La marge opérationnelle de l’Automobile (hors Avtovaz) est en baisse de 2,6 millions d’euros à -1,6 millions d’euros. La marge opérationnelle d’Avtovaz s’élève à -2 millions d’euros contre 82 millions d’euros sur le premier semestre 2019, reflétant principalement l’impact de la baisse de chiffre d’affaires de 30,1 %. Après prise en compte des autres produits et charges d’exploitation, le résultat d’exploitation du groupe s’établit à -2 millions d’euros, contre 1,5 millions d’euros au premier semestre 2019.

Le résultat financier s’élève à -214 millions d’euros, contre -184 millions d’euros au premier semestre 2019. Cette détérioration, malgré une baisse du coût de l’endettement, s’explique principalement par l’absence de dividendes versés par Daimler (54 millions d’euros en 2019). Le résultat net s’élève à -7,3 millions d’euros. Il est fortement pénalisé par la contribution négative de Nissan (- 4,8 millions d’euros).

Dans le contexte de crise sanitaire, les ventes du groupe ont baissé de 34,9 % au premier semestre (1,26 millions de véhicules vendus) dans un marché mondial en recul de 28,3 %. Au 30 juin 2020, l’ensemble des stocks (y compris le réseau indépendant) représentent 547 000 véhicules, contre 630 000 à fin juin 2019. « Ils permettront de répondre à un carnet de commande élevé au 30 juin 2020 » explique le constructeur par voie de communiqué.

Au 30 juin 2020, les réserves de liquidités de l’activité automobile sont en amélioration de 6,5 milliards d’euros par rapport au 31 mars 2020 et s’élèvent à 16,8 milliards d’euros. Ce montant inclut la convention d’ouverture de crédit de 5 milliards d’euros bénéficiant de la garantie de l’État.

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