Ma vie au Garac : Confinement, épisode 1 : un binôme lettres-technologie automobile

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Ma vie au Garac : Confinement, épisode 1 : un binôme lettres-technologie automobile

Les réactions parfois pleines d’humour, parfois pleines d’agacement des parents sur le web en cette période de cours et de devoirs à la maison confrontés aux réactions au quotidien de leurs enfants face au travail et à la concentration scolaire font prendre conscience à beaucoup que diriger une classe et enseigner est un véritable métier. Car toutes ces réactions sont à multiplier par 30 dans la cadre classe. Ce à quoi vous rajoutez le confinement démultipliant les interventions des professeurs qui doivent aussi adapter leurs cours aux supports de communication. Oui, les enseignants travaillent !

Des enseignants du GARAC ont bien voulu vous faire partager leur expérience professionnelle en confinement.

Episode 1 : Le confinement vu Mme Kokotakis, professeur de Lettres et M. Hauwy, professeur de technologie automobile.

Quelle a été votre réaction quand vous avez appris la mesure prise par le Chef de l’Etat en tant qu’enseignant ?

Mme Kokotakis : J’ai instinctivement pensé que c’était une mesure indispensable et nécessaire. Je l’ai vécu comme un soulagement. La situation était devenue anxiogène pour tous et les craintes étaient palpables chez les élèves comme chez les enseignants. Puis, j’ai très vite été saisie par l’urgence. J’ai compris qu’on allait être face à quelque chose qui nous demanderait de nous adapter très rapidement. Vous savez cette fameuse capacité de l’enseignant à improviser, et bien on allait tous l’expérimenter mais cette fois à grande échelle.

Comment s’est organisé pour vous le travail à distance ?

Mme Kokotakis : La première chose qui m’a paru nécessaire a été la communication avec les familles. Envoyer un mail, rassurer les parents, les élèves, dire que l’on était là, qu’on allait continuer le programme, qu’il y aurait toujours ce lien, cette continuité. J’ai découvert de nouvelles fonctionnalités sur Pronote, l’« espace élève » notamment, où les jeunes peuvent rendre leurs travaux en ligne. J’ai réaménagé mes séances de cours de façon à y incorporer des liens vidéos, mais aussi des expositions virtuelles, des tutoriels méthodologiques. J’ai également créé une classe virtuelle via le site du CNED où j’ai pu dispenser en direct des cours de français. Pour la classe dont nous sommes Professeurs Principaux en binôme avec mon collègue Monsieur Hauwy, nous avons également pu réinstaurer virtuellement un moment de "vie de classe" et faire le point sur le déroulé des stages, parcoursup, mais aussi les difficultés rencontrées dans cette période de confinement. Nous avons été agréablement surpris par l’assiduité des jeunes, qui étaient tous présents !

Gardez-vous contact avec vos collègues ? Travaillez-vous avec eux ? notamment par rapport aux classes que vous avez ?

Mme Kokotakis : En équipe nous échangeons beaucoup plus qu’habituellement. Nous avons un groupe Whatsaap, où la solidarité s’est rapidement mise en place. Chacun échangeant ses différents outils numériques et autres supports pour conserver la continiuité pédagogique. Liens Padlet, logiciel "Zoom", groupe Whatsaap pour certaines classes de BTS, tout le monde partage, expérimente et se soutient dans cette situation inédite ! Notre collègue d’EPS, nous fait même profiter de séances sportives qui redonnent le moral à tous ! Car je crois que c’est ça aussi, nous avons besoin aussi de maintenir le lien et l’humain ! On partage de la musique, des billets d’humeur et d’humour, on se donne des astuces jardinages.

Comment gérez-vous votre quotidien ?

Mme Kokotakis : En tant que maman de 3 enfants, l’organisation n’est pas simple car je dois également faire la classe à la maison pour eux ! Gérer les échanges avec leurs propres professeurs, leur dispenser des cours sur 3 niveaux différents allant du primaire jusqu’au collège, imprimer, scanner, gérer le rendus des devoirs, tout en m’occupant en parallèle de mes 180 élèves, lire et répondre à leurs mails, récupérer et corriger leurs devoirs, réactualiser les supports, bref, j’ai découvert le concept d’ubiquité intellectuelle !

Quelles sont vos impressions sur le ressenti de vos élèves ou de vos apprentis ? Retrouve-t-on les mêmes reflexes chez les jeunes que lorsqu’ils étaient présents au GARAC ? Ou avez-vous de bonnes surprises ?

Mme Kokotakis : Ils étaient tous très investis et présents dans la classe virtuelle, beaucoup plus assidus qu’en classe réelle) En revanche tous ne rendent pas le travail en temps et en heure, ça, ça ne change pas.

Pourriez-vous nous faire partager de façon synthétique un exercice, une vidéo ou un QCM susceptible d’intéresser jeunes, familles et entreprises ?

Mme Kokotakis : Oui l’exposition sur les Philosophes des Lumières sur le site de la BNF http://expositions.bnf.fr/lumieres/

Et vous Monsieur Hauwy ?

M. Hauwy : Je n’ai pas grand-chose à rajouter, Madame KOKOTAKIS a parfaitement résumé la situation en répondant à vos questions. J’ajouterais juste pour ma part, qu’en tant que professeur d’atelier, un défi supplémentaire s’est ajouté car il est très compliqué de transférer virtuellement et à distance des activités pratiques.
Heureusement, on peut s’appuyer sur les licences du logiciel en ligne Electude, que le GARAC met à disposition de chaque élève, pour proposer des activités se rapprochant le plus possible de ce qu’ils peuvent trouver en atelier. Vous trouverez un lien https://padlet.com/HAUWY/TBPRVP3 qui illustre une des solutions mises en place, permettant aux élèves d’avoir accès aux cours et aux contenus d’atelier et de technologie pour assurer la continuité pédagogique.
Enfin, je remercie Madame Kokotakis, mes collègues d’atelier M Vautard, Patin et ma hiérarchie pour la mutualisation, les échanges et les messages d’encouragements qui sont très réconfortants dans ces périodes difficiles.
Vivement la fin du confinement !

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