Ma vie au Garac : Les apprentis aussi sont en confinement

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Les apprentis sont eux aussi en confinement, double confinement même puisque leurs entreprises ont cessé totalement ou partiellement leurs activités. Cette semaine, le Garac vous propose le témoignage de trois d’entre eux.

Ma vie au Garac : Les apprentis aussi sont en confinement

Yanis Ait Hamou est apprenti en deuxième année de BTS Maintenance des véhicules particuliers chez Dacy Motors à Sartrouville (groupe Jallu-Berthier) où il effectue depuis quatre ans son apprentissage (Bac Pro et BTS). William Mendes est apprenti en Terminale Bac Pro Réparation des Carrosseries chez PSA Nation et Jason Martin est en Terminale Bac Pro Réparation des Carrosseries chez Peugeot Argenteuil groupe Vauban où il fait tout son apprentissage (DIMA, CAP et BAC Pro).

Activité à l’arrêt et reprise partielle

En tant qu’apprentis, Yanis et William sont confinés depuis le 16 mars et l’entreprise de Jason a fermé deux semaines plus tard. Puis, le groupe de Yanis a mis en place une permanence, fondée sur le volontariat, avec deux ou trois mécaniciens suivant les sites pour assurer l’entretien courant des véhicules qui permettent le maintien de la vie sociale : les soignants, bien sûr, la police, certains engins de travaux publics. Le site de Jason a repris une activité partielle depuis le mardi 17 avril, avec deux carrossiers et un peintre dans l’atelier où Jason fait son apprentissage.

Contact gardé avec l’entreprise

Yanis : « Je garde des liens avec mes collègues et ceux qui travaillent sont contents de le faire car ce confinement est pesant. Ils nous envoient des photos d’eux et nous plaisantons sur leur tenue : ils ont enfilé par-dessus leur bleu une combinaison des peintres, ont des masques de carrossiers, des gants, bref un côté Bibendum qui nous fait sourire. Les apprentis n’ont pas été sollicités pour le volontariat, ce qui est compréhensible car l’accompagnement est difficile. Par exemple : on ne peut travailler à deux sur un véhicule si besoin, en raison des distances de sécurité.
Notre PDG nous a écrit un mot à tous pour nous dire quelles dispositions il avait prises pour la sauvegarde de l’entreprise : il a été rassurant auprès de chacun. Nous savons tous cependant que cette situation ne peut durer trop longtemps ».

William garde aussi contact : « En entreprise, le directeur de notre site a créé un groupe sur Internet : il nous donne des nouvelles, demande si tout le monde va bien ».

Question travail scolaire, chacun s’organise avec ses propres motivations

Yanis : « Plus d’entreprise donc pour moi, pour le moment. Je m’organise pour réviser tout ce que j’ai pu étudier durant les deux années de BTS pour l’obtention de l’examen bien sûr, et aussi parce que je souhaite être sélectionné pour poursuivre avec la formation d’ingénieur CNAM-GARAC créée pour le monde de l’après-vente. La poursuite des cours s’est faite par le biais d’internet. Les formateurs nous adressent beaucoup de cours et de devoirs. Ils ont très réactifs à nos mails de demandes d’explication. On utilise aussi du logiciel de technologie automobile Electude. En tant qu’apprenti, je bénéficie du double de temps pour étudier : du coup, j’en profite pour approfondir les sujets abordés ».

William, lui, fait ses devoirs via le logiciel Pronote et par mail : « Je trouve cela plus compliqué que lorsqu’on est en cours. En même temps, cela nous permet d’aller chercher des compléments d’information sur Internet. Notre délégué intervient aussi : si certains parmi nous n’ont pas compris, il recueille les interrogations et en fait part aux formateurs. Notre formateur d’atelier a organisé une visioconférence : il voulait avoir des nouvelles de tous (notre santé et celles de notre entourage) et nos difficultés. Il nous a donné aussi des précisions sur les notes et les cours ».

Jason, lui, trouve le temps long « même si les formateurs nous adressent beaucoup de documents, de devoirs, comme des QCM avec un temps délimité et qui sont notés. C’est vrai que pour les cours, c’est moins stressant : on peut faire des recherches sur Internet et comprendre : on n’est pas dans l’immédiateté. En tant qu’apprenti, nous avons cours une semaine sur deux. Je m’organise pour faire mon travail sur une semaine. Le reste du temps, je fais du sport et je joue aussi sur ma console. Mais je préfère nettement être à l’École malgré tout ».

Chez les BTS, le stress de l’inconnu monte malgré tout. Yanis : « Parallèlement, je suis délégué de classe et suis en contact avec mes camarades qui s’inquiètent de la fin de l’année et de l’examen. Nous y voyons un peu plus clair maintenant que le ministère a donné quelques indications. Mais il y a encore des choses un peu floues ».

Le confinement : « une leçon de vie »

William espère que tout cela va vite se terminer pour tout le monde : « J’adore mon métier et j’ai hâte de le reprendre ». Jason est du même avis et se languit et de l’École et de l’entreprise.

Yanis a le mot de la fin : « Le confinement est une leçon de vie : on voit de quoi on a réellement besoin. Et avant, on ne se rendait pas compte de la chance que nous avions de pouvoir sortir quand nous le souhaitons, de profiter d’une liberté extraordinaire. Les rares fois où je sors, l’atmosphère est bien particulière avec une méfiance entre les gens. J’espère que tout cela va se terminer très vite… »

Et comme nous l’a dit notre PDG : « on aura besoin de tout le monde pour relancer l’entreprise ».

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