Mieux gérer la charge mentale professionnelle par la segmentation de son univers

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Mieux gérer la charge mentale professionnelle par la segmentation de son univers

Depuis l’hyper connexion via smartphones, réseaux sociaux et autres outils digitaux, la conciliation entre la vie personnelle et de la vie professionnelle semble être devenue difficile pour beaucoup. Une étude récente tendait à démontrer statistiques à l’appui et bien que l’impression ne soit pas neuve, le lien entre l’augmentation des pathologies psychologiques dont les burn-out et la dernière vague de démocratisation de l’utilisation des outils numériques. L’avis des candidats que nous recevons tend à corroborer ces constats. Faute de temps au quotidien, certains décrivent un équilibre personnel dégradé avec des conséquences sur leur santé physique et leurs performances. Au-delà des diverses initiatives prises pour limiter le phénomène : droit à la déconnexion, chartes d’entreprises pour réguler l’utilisation des mails et la gestion du télétravail, l’étude concluait sur la possible mise en œuvre d’outils individuels simples pour que chacun puisse reprendre la main à son propre niveau.

La piste de réflexion décrite consisterait à mieux prendre conscience de nos différents univers de vie, de constater les frontières séparant chaque sphères familiale, professionnelle ou amicale et de cultiver le concept pour mieux se préparer à évoluer de l’une à l’autre. La notion de frontière peut prendre la forme que l’on veut : limites spatiales, temporelles, comportementales ou tout à la fois. Si nous franchissons ces frontières chaque jour sans les remarquer, l’étude tendait à démontrer que ces transitions d’une rive à l’autre méritent notre attention car elles participent à l’équilibre entre nos différents temps de vie. Comme la clé USB a besoin d’être virtuellement éjectée de l’ordinateur avant d’être débranchée, notre cerveau aurait aussi besoin d’être informé que l’on va quitter une sphère de vie avant de le faire physiquement sous peine de ne jamais réellement se désinvestir de la sphère en question. Les conséquences en seraient le stress et les pensées parasites, notamment pour les télétravailleurs ou les indépendants qui doivent plus que d’autres pallier à l’absence de délimitations spatiales entre les différentes sphères de vie.

Pour apprendre à maitriser cette forme de séquençage les chercheurs préconisaient 3 pratiques utiles :

  • L’utilisation des rituels d’engagement et de désengagement lorsqu’on quitte une sphère avant d’en aborder une autre. L’exercice serait l’un des meilleurs moyens de signifier à son corps et son esprit que l’on quitte un mode de fonctionnement pour y laisser les responsabilités et les codes qui y sont associés. Ces rituels, propres à chacun, peuvent consister à nettoyer ses outils, ranger son bureaux, éteindre son ordinateur, couper son smartphone professionnel. Ils peuvent être aussi collectifs comme préparer la liste des tâches prioritaires du lendemain entre collègues, ou se retrouver devant l’ascenseur. Chaque solution peut marcher ce qui compte c’est sa régularité.
  • La mise en place de sas de transitions matérialisés par un mouvement le plus souvent physique entre deux sphères de vie. Ces moments serviraient à mieux se préparer à l’entrée dans une nouvelle sphère en adoptant des dispositions cognitives et émotionnelles adaptées. Le trajet dans les transports est un exemple de contexte naturel de transition. Il aurait même été montré pour les transports que plus la distance est importante plus l’individu s’ouvrirait à des réflexions lui permettant d’anticiper, se ressourcer et réduire son anxiété sous réserve que le déplacement se passe dans de bonnes conditions et sans imprévu. A noter que le smartphone dans son utilisation ludique n’est plus contrindiqué dans cette phase de transition.
  • Conditionner le corps et l’esprit par des ancrages pour améliorer la netteté des frontières et accentuer les signes distinctifs entre chaque sphère en conditionnant son esprit à des associations personnelles. Les sphères de vie sont décrites comme inévitablement associées à des codes. La tenue vestimentaire est un bel exemple d’association entre une sphère de vie et la posture associée. Une autre association notoire est le lieu et l’horaire qui indiquent d’emblées dans quelle sphère nous naviguons, il est possible d’accentuer ces associations dans certains cas en y ajoutant des couleurs, des odeurs ou des sons.

Tous les signes sensoriels sont des repères qui marquent les différences entre les sphères et permettent au corps et à l’esprit d’identifier l’univers dans lequel ils se trouvent pour en cerner les contours et s’y sentir mieux. Selon l’étude prendre conscience de ces signes nous aiderait à mieux résister au stress.

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