Mitsubishi va rester en Europe

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Alors que le top management japonais réfléchissait à la pertinence d’un maintien de la marque sur le marché européen, l’annonce de l’Alliance sur le fait que des modèles Renault allaient compléter la gamme de Mitsubishi en Europe tranche vraisemblablement la question.

Le Mitsubishi Outlander hybride rechargeable était la deuxième meilleure vente de PHEV en Europe en 2020, avec 26 673 unités, derrière la Mercedes-Benz Classe A et devant le Volvo XC40. © Mitsubishi
Le Mitsubishi Outlander hybride rechargeable était la deuxième meilleure vente de PHEV en Europe en 2020, avec 26 673 unités, derrière la Mercedes-Benz Classe A et devant le Volvo XC40. © Mitsubishi

Mitsubishi Motors va donc finalement rester en Europe ! Une issue heureuse, notamment pour les réseaux et Emil Frey, alors que sous l’effet de la crise et des difficultés financières de la marque, un retrait du marché était à l’étude. Ce maintien en Europe avait fuité dans les colonnes du Financial Times, mais aucune confirmation officielle n’avait été donnée, comme le rappelait Patrick Gourvennec, le patron de la marque en France.

À ceux qui l’oubliaient, les bienfaits de l’Alliance existent bel et bien

Comme l’annonce l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ce jour, mercredi 10 mars, Mitsubishi a donc décidé de « compléter sa gamme avec des véhicules de la marque Renault, best-sellers européens qui répondent déjà aux exigences réglementaires, sur certains marchés importants en Europe ».
À partir de 2023, Mitsubishi commercialisera ainsi deux « véhicules sœurs » produits dans les usines du groupe Renault. Alors que l’Alliance est fragilisée au niveau économique, les trois groupes la composant étant dans le rouge, on peut y voir une triple bonne nouvelle : le plan de relance de l’Alliance (véhicules sœurs, synergies accentuées…) se met rapidement en place ; ces décisions sont favorables à l’outil industriel de Renault ; la marque Mitsubishi, notamment via son savoir-faire sur l’hybride rechargeable, l’Outlander PHEV en étant la meilleure illustration commerciale, avait encore une carte à jouer en Europe.

Ambition pragmatique

« Je suis très heureux de voir Mitsubishi Motors développer une nouvelle gamme en Europe. L’Alliance vise à renforcer la compétitivité et à permettre un partage plus efficace des ressources au profit des trois entreprises. Notre approche est collaborative, fondée sur le respect mutuel, avec l’intention claire de stimuler la performance de chaque entreprise, de leur permettre de capitaliser sur leurs propres forces, d’éviter la duplication des ressources et d’améliorer l’efficacité », commente Jean-Dominique Senard, président du conseil opérationnel de l’Alliance et de Renault et grand artisan de la réconciliation après la violente onde de choc de l’affaire Carlos Ghosn.

« Mitsubishi Motors se félicite d’accueillir des modèles de la marque Renault pour étoffer la gamme Mitsubishi pour le marché européen et, en fin de compte, de nouveaux clients. Mitsubishi Motors a mis en œuvre des réformes structurelles en Europe et la décision de geler le développement de nouveaux modèles pour le marché européen, annoncée en juillet 2020 dans notre plan à moyen terme reste d’actualité. Grâce à cet accord nous pourrons proposer de nouveaux produits développés et fabriqués en Europe - parallèlement à l’activité après-vente de Mitsubishi Motors », explique de son côté Takao Kato, directeur général de Mitsubishi Motors. En clair, les investissements sont contraints au vu de la situation économique dégradée du groupe, mais la stratégie dicte un maintien en Europe.

« Notre nouvelle approche au sein de l’Alliance sur des projets ayant de l’impact et du sens devient réalité. Cette initiative, pragmatique et tirée par la création de valeur, jouera en faveur de l’activité de nos usines, de l’empreinte géographique de notre partenaire – et elle se verra dans les rues en Europe. Ce beau projet répond aux attentes de tous les partenaires sur le plan du design, de la réglementation et du business. C’est à cela que sert l’Alliance et nous sommes très heureux, au sein du Groupe Renault, de contribuer à cette nouvelle étape de son histoire de coopération », synthétise avec enthousiasme Luca de Meo, directeur général du groupe Renault.

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L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi rend possible le maintien de Mitsubishi en Europe, un symbole fort des efforts déployés par Jean-Dominique Senard ces derniers mois. © Renault

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