Mondial 2018 : pilotage à vue chez les constructeurs

Publié le par

Depuis plus de deux cents ans, les constructeurs développent des stratégies à 3 et 5 ans et s’y tiennent à travers des investissements R&D considérables et une nécessité d’adapter l’outil de production. Mais c’était avant !

Mondial 2018 : pilotage à vue chez les constructeurs

Lors de l’ouverture à la presse de la 88e édition du Mondial de l’automobile, les habituels discours marketing bien préparés ne masquent plus l’inquiétude des constructeurs quant à leur avenir et aux différents choix qu’ils doivent faire pour rester en ordre de marche. L’automobile vit une période disruptive de son histoire et rien ne semble pouvoir stopper cette révolution.

Une triple disruption : technologique, numérique et sociétale

« Le secteur de l’automobile est en pleine mutation, a rappelé Luc Chatel, président de la Plateforme de la filière automobile (PFA) en ouverture du salon, lundi 1er octobre. Son modèle économique et de croissance est chamboulé par trois disruptions majeures. La première est technologique avec l’électrification progressive des moteurs. La deuxième est numérique car la voiture devient l’objet le plus connecté et intelligent. Enfin, la troisième est sociétale avec des usages qui évoluent vers des solutions de mobilités combinées. »

Renault change d’avis sur l’hybride

Autrefois pourfendeur de la technologie hybride et rappelant que seule la motorisation électrique avait un avenir, Carlos Ghosn, PDG de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, a annoncé le 2 octobre que l’hybride rechargeable sera déployé sur l’ensemble de la gamme dès 2020. Ajoutant que le diesel devrait être réduit de moitié dans les années à venir. Un changement de cap qui traduit bien encore une fois l’incertitude des constructeurs face à ces nouvelles motorisations dites « propres ».

Nouvelle réduction des émissions de CO2 en 2030

Même si la coupe est déjà bien pleine pour les constructeurs automobiles, les députés européens devraient voter dans les prochains jours le projet de régulation des émissions de CO2 pour les années 2025 et 2030. L’Allemagne propose une nouvelle réduction de 30 % à cette échéance, la France étant « officiellement » sur une position plus ferme de 40 %. Rappelons qu’à l’heure actuelle, aucun constructeur ne peut officiellement dire qu’il sera prêt pour 2021 et l’exigence maximale de 95 g/km de CO2 avec, à la clé, des amendes qui peuvent rapidement se chiffrer en dizaines de millions d’euros. Lors d’une table ronde sur le salon, Carlos Tavares, président du directoire du groupe PSA en venait à se demander « si les parlementaires étaient bien informés ».

Une éclaircie au niveau de la norme WLTP

Dans ce brouillard industriel, une lueur d’éclaircie viendrait pourtant de la France où les pouvoirs publics, sans le dire officiellement, devraient retarder l’échéance de l’entrée en vigueur de la norme WLTP. Sous prétexte de problèmes informatiques avec le système d’immatriculation des véhicules (SIV), un courrier de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) a d’ores et déjà reporté au 31 août 2019 l’application des mesures officielles selon le cycle WLTP au lieu du 1er janvier 2019. Et comme cela n’aurait pas de sens de changer les règles du jeu en milieu d’année fiscale, les professionnels pensent que ce report pourrait se prolonger jusqu’au 1er janvier 2020. Même si le gouvernement ne peut pas évoquer un report officiel, le prétexte des modifications du système d’immatriculation des véhicules est le bienvenu et a bon dos, chacun l’aura compris ! Mais c’est certainement la meilleure nouvelle de l’année 2018 pour des constructeurs qui ont déjà subi, cet été, partout en Europe, les premiers contrecoups de la mise en place de cette nouvelle homologation WLTP.

Mots clefs associés à cet article : Marché

Voir aussi :

En partenariat avec le En partenariat avec CNPA
A la une
La quotidienne Auto-infos