Nouvelle charge contre le véhicule thermique

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Surenchère : Nicolas Hulot et Laurent Berger (CFDT) veulent interdire la vente de voitures thermiques en 2030 et celle des hybrides en 2035, pour passer plus rapidement au 100 % électrique.

Nouvelle charge contre le véhicule thermique

La CFDT et la Fondation Nicolas Hulot publient un rapport qui veut démontrer, à partir de l’exemple de la filière moteur dans l’automobile, qu’il est possible de concilier transition écologique et emploi et elles réclament l’organisation d’états généraux de l’automobile pour en discuter. « Cette étude veut montrer qu’au-delà des mots, on peut aller vers une transition écologique juste pour les travailleurs », déclare Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.

La géométrie variable du chantage à l’emploi

Le premier syndicat de France et la fondation créée par l’ancien ministre de la Transition écologique sont associés au sein du « Pacte du pouvoir de vivre » depuis mars 2019 et entendent bien peser avec ce collectif dans les débats de la présidentielle de 2022. L’étude, réalisée en partenariat avec le cabinet d’expertise Syndex, rappelle que la filière automobile va être soumise à rude épreuve dans les années à venir, à la fois parce que le nombre de véhicules produits en France est voué à diminuer et parce que les véhicules électriques sont moins gourmands en main-d’œuvre que les thermiques.

Comme une ombre électorale qui plane

Elle explore quatre scénarios d’évolution pour la filière moteur. Celui qu’elle privilégie permet à la fois de mieux protéger l’emploi – un tiers de plus en 2050 que par rapport à un scénario où l’on poursuit les politiques actuelles – et d’opérer la transition écologique, avec l’objectif de 100 % de véhicules zéro émission en 2035 et une évolution des usages (auto-partage, report vers les transports collectifs…). Clés d’une telle hypothèse : la relocalisation d’une partie de la production, le développement de l’économie circulaire (recyclage, conversion des voitures d’occasion thermiques en voitures électriques), la création d’une filière pour produire des batteries en France.

Une conditionnalité écologique et sociale des aides

À ce sujet, Nicolas Hulot a souligné que la France avait à l’heure actuelle « deux projets de gigafactories » et a appelé « à faire en sorte de changer d’échelle et qu’un peu comme l’Allemagne, on multiplie ces structures ». Il a invité le gouvernement à « anticiper » davantage sur les évolutions à venir, pour que la France ne soit pas à la traîne de ses concurrents européens et asiatiques, et à « avancer un certain nombre d’échéances ». « Pour l’instant, la fin de la vente des véhicules thermiques, dans la loi de programmation en France, est pour 2040, nous on veut l’avancer à 2030 pour les véhicules essence et diesel [hors hybrides, NDLR], et à 2035 pour l’ensemble de la flotte », a-t-il expliqué. Les deux hommes ont réclamé une « conditionnalité » écologique et sociale des aides publiques, afin de peser sur les choix stratégiques de l’industrie automobile.

(avec AFP)

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