Nouvelles mobilités : les start-ups indispensables aux constructeurs

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L’entreprise de conseil Green Business Development s’est intéressée, dans une étude menée au niveau européen, au rôle des start-ups dans l’émergence des nouvelles mobilités et aux opportunités que représentaient ces dernières pour les acteurs traditionnels de l’industrie automobile.

Nouvelles mobilités : les start-ups indispensables aux constructeurs

Les répondants à cette étude, 200 experts de huit pays et de neuf secteurs d’activité différents*, ont décrit un marché de la mobilité en profonde mutation. Bâti initialement sur un modèle à deux piliers, représentés par les transports publics et l’industrie automobile, le marché de la mobilité a évolué vers une relation tripartite incluant désormais les start-ups. Pour les experts, la situation est claire : ces jeunes entreprises innovantes sont devenues incontournables dans le développement de ce marché à fort potentiel, qui requiert de l’agilité dans l’action et la promotion de concepts innovants. « Les acteurs qui coopèrent avec ces start-ups détiendront ainsi un avantage concurrentiel décisif », soulignent-ils.

Pour 78 % des experts interrogés, les entreprises de l’industrie automobile devraient donc étendre leur coopération et créer des joint-ventures avec les start-ups tandis que 36 % pensent qu’à l’inverse, elles devraient développer leurs propres nouveaux services de mobilité. Des recommandations similaires pour les acteurs des transports publics : 90 % des experts penchent pour une coopération accrue avec les start-ups. Avec deux segments identifiés comme les plus prometteurs, à savoir le co-voiturage et les systèmes de VTC, avec une potentielle croissance annuelle d’environ 13 %. Les services de mobilités intermodaux ne seraient pas en reste avec une hausse du revenu généré de 12 % en moyenne par an jusqu’en 2021.

Un cadre législatif indispensable

Mais ces recommandations sont cependant à nuancer tant l’espérance de vie de ces start-ups semble aléatoire. Ainsi, 80 % des experts pensent que seulement quelques-unes d’entre elles vont survivre dans les cinq à dix prochaines années. Une théorie soutenue très majoritairement par les experts de l’industrie automobile (93 %), mais aussi les start-ups elles-mêmes (67 %), les incubateurs et les accélérateurs (75 %). Des chiffres qui incitent à la prudence dans les choix en termes d’investissements.

Si la fragilité de ces start-ups mais aussi tout leur potentiel ont été mis en lumière par les experts interrogés dans le cadre de cette étude, ces derniers pointent le doigt sur une condition sine qua none à l’avènement du marché des nouvelles mobilités : l’évolution du cadre législatif. Selon 62 % d’entre eux, la législation de la mobilité devrait être plus libérale. Avec, cependant, de fortes disparités entre les pays. Alors que dans la plupart des pays 48 à 70 % des experts partagent cet avis, cette proportion grimpe à 83 % parmi les experts israéliens. À l’inverse, seuls 26 % des experts français sont favorables à une législation plus libérale. Cette évolution du cadre législatif pourrait en tout cas, selon les experts, encourager la démocratisation de ces services de mobilité pour le moment concentrés au sein des grandes zones urbaines. Avec, en tête de file, des villes plus avancées, Londres pour 35 % des experts, Berlin (32 %) et enfin Amsterdam (25 %).

* entreprises de l’industrie automobile, start-up, agences de transport public, incubateurs et accélérateurs, investisseurs, cabinets de conseil, instituts de recherche, universités, gouvernements, secteur public.

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