Otop bouscule le modèle du distributeur

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Otop lance un nouveau concept de distribution de pièces de rechange dans un univers très traditionnel. Un modèle ouvert à la franchise.

Frédéric MARTY, Chef de rubriques
Frédéric MARTY, Chef de rubriques

Otop détonne dans l’univers de la distribution de pièces de rechange. Si le métier de distributeur a évolué, le modèle de distribution a peu changé depuis des décennies. La digitalisation a fait bouger les lignes et le concept proposé par Otop s’appuie largement sur la technologie. Lancé par Franck Millet et une bonne partie de l’ancienne équipe dirigeante de Doyen Auto, Otop allie digital et présence physique.

Le concept

Otop propose des pièces de rechange avec des prix moyens inférieurs de 30 % à ceux pratiqués par les distributeurs classiques. Un écart important rendu possible par un modèle largement digitalisé et réduit dans ses dimensions matérielles. Le principe repose sur une application smartphone et sur des centres locaux d’une surface de 120 m2, animés par deux personnes : un chef de centre et un conseiller qui assure les livraisons. Le modèle « light » proposé par Otop repose ainsi sur une seule livraison par jour, contrairement aux distributeurs traditionnels, qui assurent plusieurs tournées quotidiennes. Une économie de coûts qui se retrouve également sur l’immobilier, le stock, inexistant dans les centres locaux, le personnel et les services proposés par le distributeur. Un parti pris assumé par F. Millet. « Nous proposons des tarifs inférieurs de 30 % aux distributeurs classiques mais nous n’offrons pas les mêmes services qu’eux. Nous n’avons pas les mêmes coûts. Notre modèle repose sur des prix bas, un fonctionnement aisé et une livraison conforme aux attentes » résume le dirigeant. Otop possède son propre catalogue, constitué d’un nombre de fournisseurs limité mais tous premium. Ainsi, le choix des marques est inférieur à celui d’un distributeur traditionnel mais cela ne semble pas perturber les clients réparateurs. « Nous avons observé une répartition équitable des ventes entre nos différents fournisseurs au sein de chaque famille de pièces. Les réparateurs sont rassurés par les marques présentes et cela leur suffit » poursuit-il.

L’entreprise a installé son seul stock à Orléans, chez le logisticien Deret. Toutes les livraisons sont effectuées à partir de cette base, sans aucun stock en centre local. Les livraisons dans ces agences sont effectuées de nuit, grâce à un accès électronique au local. Le lendemain matin, les clients réparateurs peuvent retirer leur commande dès 7 heures, toujours avec l’aide d’un code d’accès à usage unique. Cependant, près de 95 % des commandes sont livrées directement chez le réparateur malgré un prix unique de 6,90 euros HT. Un service gratuit chez les distributeurs traditionnels. Cette somme forfaitaire est l’une des sources de revenus des centres locaux, animés par deux personnes et deux véhicules seulement. Des chiffres qui restent éloignés de ceux d’un distributeur classique. La gestion informatique des commandes et celle du centre lui-même passent par un smartphone. Aucun ordinateur ni serveur n’est nécessaire. Une économie de plus par rapport au modèle classique.

Centres intégrés et « concessionnaires »

Lancé au mois de février, le concept Otop dispose actuellement d’une douzaine de centres intégrés répartis dans le centre-ouest, le nord-ouest et l’Île de France. Les premiers établissements franchisés devraient ouvrir à partir du mois de septembre afin d’atteindre un nombre global de 40 points fin 2018. Les dirigeants de l’enseigne souhaitent ajouter 80 centres supplémentaires en 2019 avant d’arriver à 180 en 2020. Baptisé « concessionnaire », le futur franchisé doit avant tout être attentif à la notion de service. L’activité concentrée sur la matinée laisse même le temps de cumuler une autre activité professionnelle, à l’image d’un centre de lavage par exemple. Pour rassurer les candidats à la franchise, l’enseigne a mis en place un contrat de pilotage. Newdis France, structure qui déploie l’enseigne Otop, entrera au capital de chaque centre auprès du franchisé de manière minoritaire. Pendant un an, le candidat pourra faire jouer une clause de sortie, sous réserve de bonne gestion. Newdis France aura alors l’obligation de racheter ses parts à leur valeur nominale. Dès le 13ème mois au contraire, le franchisé pourra demander à Newdis France de sortir du capital afin de profiter de la totalité du résultat d’exploitation. « Nous n’avons pas vocation à rester au capital des centres franchisés. Ce choix sera laissé à l’investisseur principal » confirme F. Millet. De quoi rassurer les candidats à la franchise autour d’une enseigne en plein lancement.

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