PHE refoulé à la porte de la Bourse

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Coup dur pour PHE qui, à 24 heures de l’échéance, retire son projet d’introduction à la Bourse de Paris faute de réel engouement des investisseurs. Si le dossier PHE est solide, l’explication du refus est plutôt à aller chercher du côté de l’activité boursière, loin de privilégier le marché de la pièce détachée.

© PHE
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PHE avait prévenu, « dans l’hypothèse où les souscriptions reçues ne représenteraient pas au moins 95 % de la taille de l’offre initialement prévue, l’opération serait annulée »… C’est ce triste scénario qui a conduit le groupe de distribution a retiré son projet d’introduction en Bourse, 24 heures avant l’échéance.

« L’offre proposée a suscité un fort intérêt de la part des investisseurs institutionnels de long terme convaincus par les atouts du modèle de PHE et son important potentiel de croissance, en particulier dans un marché européen en pleine consolidation. Toutefois, en raison de conditions de marchés défavorables aux introductions en Bourse aux États-Unis et en Europe, PHE et Bain Capital ont conjointement décidé de retirer le projet d’opération envisagée », explique le groupe dans un communiqué.

Le coup est rude. C’est la deuxième fois que le groupe subit ce revers (une première fois en 2018). Avec cette volonté d’introduction en Bourse, PHE espérait lever 450 millions d’argent frais et éponger une partie de son importante dette liée à ses nombreuses acquisitions. De quoi accélérer son développement, soutenir sa stratégie d’expansion en France comme en Europe pour franchir les 2 milliards de chiffre d’affaires d’ici à 2022.

PHE visait une capitalisation boursière de 1,1 milliard d’euros et une action estimée entre 16 et 20 euros. Une capitalisation jugée un peu haute pour certains observateurs. Selon les analystes financiers, le nombre d’introduction en Bourse s’est multiplié en ce début d’année et les investisseurs deviennent plus sélectifs. Le marché de la pièce automobile pourtant prévisible, résiliant et en croissance de 2 % par an en Europe depuis dix ans – une croissance sans doute un peu faible pour les investisseurs –n’a donc pas attiré les faveurs du public. Le placement en cours des actions PHE se serait montré laborieux. Le modèle du marché de la pièce détachée automobile reste complexe à appréhender et le document d’explication de 350 pages fournit par PHE n’a pas suffi à convaincre. L’opinion publique se serait-elle laissé guider par le climat anti-voiture et les mutations technologiques qui conduisent vers une moindre consommation de pièces au-delà de ces dix prochaines années ? Ce double refus boursier est dans tous les cas un mauvais signal pour tout l’écosystème de la rechange automobile.

PHE se veut rassurant en expliquant qu’avec le soutien de ses collaborateurs, de ses partenaires et de ses actionnaires, il demeure engagé dans la poursuite de sa stratégie de développement, mais avec quels moyens ? Si le modèle du groupe français fonctionne, peut-il continuer à avancer en l’état face à ses concurrents que sont LKQ et GPC (qui détient Alliance Automotive Group), cotés aux deux plus grandes bourses du monde. Leur cotation a donné aux deux Américains les moyens pour conquérir l’international. Le cours de leurs actions n’a cessé de croître avec le temps. En 40 ans, l’action de GPC est passée de 7 à 130 dollars ! Celle de LKQ, de 2 dollars en 2003 à 50 dollars aujourd’hui.

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