PSA, Chine et Chevrolet : les professionnels accusent le coup.

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PSA, Chine et Chevrolet : les professionnels accusent le coup.

Lors de la traditionnelle cérémonie des vœux du CNPA, comme chaque année au Pavillon Hoche, l’ensemble de la profession était au grand complet pour écouter le président du syndicat de Suresnes. L’occasion aussi pour les professionnels d’échanger sur les différents dossiers en cours.

A l’occasion de ses derniers vœux et avant de passer la main en juin prochain, c’est un discours percutant et bien amené de Patrick Bailly qui a donné le ton de la soirée. A propos de l’arrivée du « capitalisme chinois » dans le capital de PSA, le dirigeant a déclaré que "c’est en soi le signe de nos décrochages et de nos aveuglements collectifs". Et d’ajouter : "Mais si le Pays doit en passer par là pour réagir, alors peut-être que l’automobile lui aura permis, une fois de plus, de prendre le bon tournant !". Patrick Bailly citant au passage un éditorialiste du matin sur une radio nationale : "ce groupe souffre d’être trop français !

Dans les travées, les professionnels présents accusent le coup comme une sorte de colère froide. Après deux années de baisse historique pour l’ensemble du secteur automobile, certains se résignent au "transfert de technologie de Peugeot Citroën vers la Chine". D’autres ne parviennent pas encore à y croire. D’aucuns estiment que "le constructeur français est tout simplement bradé pour un simple problème de cash alors que la technologie hybride et les produits comme le bon développement en Chine pourront garantir un bel avenir à Peugeot". Certains espèrent encore un sursaut, comme un miracle, qui permettrait d’éviter d’abandonner une partie du capital à la Chine. Mais au fond, personne n’y croit plus.

Chevrolet et PSA au menu des conversations

On peut retenir aussi ces quelques mots du président du CNPA : "Le déclin frappait hier à notre porte. Il s’invite aujourd’hui à notre table. La question est de savoir si nous allons lui offrir le gîte et le couvert, ou si nous allons lui prier de quitter les lieux. Et la meilleure façon de s’en débarrasser, c’est de l’audace pour rassembler, réformer et réussir, c’est donner la priorité au secteur productif".

Hier soir, l’autre sujet de conversation concernait aussi l’arrêt de la commercialisation de Chevrolet en Europe d’ici 2015. Plusieurs distributeurs ont d’ores et déjà engagé des procédures contre GM, d’autres tentent encore de négocier et espèrent limiter la casse dans leurs affaires. Le climat est loin d’être apaisé, mais c’est plutôt un bras de fer qui débute et qui risque de durer quelques mois. Avec son lot de perdants et de faillites à la clé ?

La fiscalité étrangle les entreprises

C’est enfin la fiscalité galopante qui étrangle les professionnels du secteur qui revenait dans de nombreuses conversations. A ce propos, Patrick Bailly a cité également les donneurs d’ordre et stigmatisé le manque de continuité des différentes politiques suivies par les pouvoirs publics. C’est évidemment le sujet de l’après-vente qui est dans le viseur. Rappelons que le taux de couverture des frais fixes d’une affaire par le SAV ne cesse de diminuer dangereusement au point de mettre en péril l’équilibre financier des concessions. "Si nous poursuivons ce chemin de destruction de valeur, soit par une fiscalité punitive soit par des déséquilibres avec nos donneurs d’ordre, soit par des concurrences déloyales, nos entreprises fermeront", a-t-il déclaré. Et de proposer de "faire le lien entre les différents niveaux, comme le font le livre blanc sur la fiscalité du commerce du CdCF, mais aussi les propositions de la CGPME, du MEDEF et de l’UPA dont je salue les Présidents et les Représentants".

La coupe est presque pleine…

Terminant son discours sur une note optimiste, Patrick Bailly a rappelé que l’innovation et la mobilité transform ent profondément l’automobile. "La révolution en marche, la transformation « servicielle » de la « mobilité » et les changements dans les chaînes de valeur", a-t-il déclaré tout proposant de "jouer la carte de la confiance" pour 2014.
Après deux années difficiles, nombreux sont ceux qui espèrent, en effet, un nouveau souffle pour l’année à venir. Pour beaucoup, la coupe est pleine, ou si elle ne l’est pas encore tout à fait, nous n’en sommes pas loin.

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