PSA met Opel à la diète

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PSA et Opel ont dévoilé leur plan PACE ! qui devrait permettre aux marques Opel/Vauxhall de redevenir rentables d’ici à 2020 via la réalisation de synergies, la rationalisation de la production et la baisse des coûts, dont celui de revient.

PSA met Opel à la diète

C’est aujourd’hui, mercredi 9 novembre, que Michael Lohscheller, P-DG d’Opel, et Carlos Tavares, patron de PSA, ont présenté le plan stratégique PACE !, qui vise à ce que les deux marques, Opel et Vauxhall, désormais sous le giron de PSA, retrouvent une rentabilité d’ici à 2020. Fil rouge de ce plan : atteindre une marge opérationnelle courante à 2 % pour la division automobile, puis de 6 % d’ici à 2026 mais aussi générer une trésorerie positive pour des marques qui n’ont pas dégagé de profits depuis 1999. Pour ce faire, le groupe PSA applique la recette qui l’a lui-même sauvé, lorsqu’il était proche de la faillite en 2014, via son programme Back in the Race. Au programme : recherche de synergies, rationalisation de la production et baisse des coûts de revient.

Des dépenses réduites

Les deux dirigeants ont ainsi annoncé 1,1 milliard de synergies annuelles d’ici à 2020 puis 1,7 milliard à l’horizon 2026. Dans le même temps, ces économies s’accompagneront de restrictions de dépenses dans plusieurs fonctions. L’activité marketing devra procéder à une baisse de 10 % de ses dépenses, l’enveloppe en R&D et investissements sera réduite à 7/8 % du chiffre d’affaires de la division automobile, la même proportion à laquelle se limite actuellement PSA.

Tandis que le ratio frais généraux et dépenses administratives sur le chiffre d’affaires devra reculer de 5,6 à 4,7 %, le groupe veut atteindre un alignement du ratio masse salariale sur chiffres d’affaires « au niveau des meilleures références de l’industrie », précisent les deux dirigeants. Qui escomptent une optimisation des dépenses liés aux processus administratifs et de production d’ici à 2020 et du besoin en fonds de roulement de 1,2 milliard d’euros d’ici à 2022.

Baisse du coût de revient des véhicules

Autre objectif majeur : réduire les coûts de revient de 700 euros par véhicule, le même objectif que s’est fixé PSA pour les trois marques Peugeot, Citroën et DS. Une diminution des coûts de revient qui passe notamment par l’amélioration de l’efficacité de l’appareil de production qui, in fine, permet de nouvelles affectations de véhicules. Ici encore, c’est exactement ce que fait PSA avec chacune de ses usines françaises via son plan Usine Excellente. Ainsi, les plateformes multi silhouettes CMP et EMP2 du groupe seront installées dans toutes les usines Opel/Vauxhall. Premiers modèles à en bénéficier, un SUV, basé sur la plateforme EMP2, prévu en 2019, puis un véhicule de segment D, produit à l’usine de Rüsselsheim. Précision : en 2021, les SUV devraient représenter 40 % des ventes d’Opel.

Au total, le nombre de plateformes utilisées par les deux marques pour ses VP passera de 9 à 2 d’ici à 2024. Les familles de chaîne de traction seront également optimisées pour passer de 10 à 4. La convergence entre les architectures du groupe PSA et des marques Opel/Vauxhall sera accélérée. En 2024, tous les modèles de VP des deux marques reposeront sur les architectures communes au groupe PSA. Via ces mesures, le groupe ambitionne de gagner de l’argent à partir de 800 000 véhicules produits par an pour les deux marques Opel/Vauxhall.

Accélération sur les utilitaires et l’électrique

Premier modèle produit à partir de cette architecture commune : l’utilitaire Combo en 2018 puis la nouvelle Corsa en 2019. Ce rythme d’un modèle par an sera ensuite conservé avec, à la clé, neuf nouvelles carrosseries d’ici à 2020. Opel compte notamment mettre l’accent sur les utilitaires. Via le lancement de nouveaux modèles, l’allemand souhaite augmenter ses ventes de 25 % entre 2017 et 2020.

Via la mise en commun des plateformes et des technologies, PSA compte faire d’Opel/Vauxhall des marques à la pointe de l’électromobilité. D’ici à 2024, l’offre de véhicules particuliers en Europe sera électrifiée soit en 100 % électrique soit en hybride rechargeable. Dans un horizon plus proche, soit 2020, Opel/Vauxhall proposera quatre lignes de produits électrifiés d’où sortiront notamment le Grandland X hybride rechargeable et la nouvelle Corsa en version tout électrique.

Pas de départs contraints

Pour l’instant très concentré sur l’Europe, Opel devra s’internationaliser en se déployant sur plus de 20 nouveaux marchés d’ici à 2022. Deux pays majeurs sont concernés par ce déploiement : le Brésil et la Chine.

Ce plan de bataille ne devrait pas avoir d’incidence sur le nombre d’usines, mais bien sur leur taux d’utilisation, qui ira crescendo dans les dix prochaines années. Au niveau de l’emploi, le groupe indique vouloir éviter les départs contraints en Europe mais évoque « des concepts innovants d’aménagement du temps de travail, des programmes de départs volontaires ou dispositifs de retraite anticipée. »

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