PSA va produire ses moteurs électriques en France

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PSA anticipe la potentielle montée en puissance des modèles électrifiés en décidant de produire ses propres moteurs électriques. Pour ce faire, le constructeur français s’appuie sur l’expertise de l’industriel japonais Nidec, et plus particulièrement sur sa filiale française Leroy-Somer.

PSA va produire ses moteurs électriques en France

PSA dotera dès 2022 ses modèles électrifiés de ses propres moteurs électriques : pour ce faire, le groupe français a annoncé la création d’une co-entreprise avec l’industriel japonais Nidec, et plus particulièrement avec sa filiale française Leroy-Somer rachetée pour rappel en début d’année pour 1,07 milliard d’euros. Cette filiale, qui emploie 7 200 collaborateurs à travers le monde dont 2 800 en France a été fondée en 1919 à Angoulême. Son credo : la production d’alternateurs industriels et de systèmes d’entraînement, de moteurs électriques, de réducteurs, de motoréducteurs et de variateurs électroniques.

La collaboration entre la société charentaise et PSA n’est par ailleurs pas nouvelle puisque Leroy-Somer fournissait déjà au groupe français des moteurs de traction pour ses premiers modèles électriques. « Leroy-Somer a toujours entretenu de bonnes relations avec PSA dans le cadre de la fourniture de moteurs à traction, c’est donc tout naturellement qu’est née cette joint-venture », a expliqué Patrice Lucas, directeur programme et stratégie chez PSA.

Un premier investissement de 220 millions d’euros

C’est donc à partir d’un premier investissement de 220 millions d’euros que verront le jour un centre de recherche et développement à Carrières-sous-Poissy (Yvelines) abritant un peu moins de 100 ingénieurs mais aussi un centre de production basé à Tréméry (Moselle) et employant environ 400 collaborateurs.

Ce site de Tréméry atteindra d’ici à 2022 une capacité de production de 900 000 batteries par an, destinées aux modèles européens des cinq marques du groupe. Mais aussi, à termes, à des véhicules d’autres constructeurs. Si cette co-entreprise à vocation à rayonner à périmètre mondial, aucune décision n’a été encore prise concernant la localisation d’un autre site de production.

Une maîtrise de la chaîne de valeur des moteurs

Une joint-venture aux retombées gagnantes-gagnantes pour les deux partenaires. Nidec, qui avait d’ailleurs annoncé lors du rachat de Leroy-Sumer son intention de devenir numéro un mondial du moteur électrique, voit en cette co-entreprise l’occasion d’atteindre cet objectif mais aussi d’avoir accès à la clientèle captive du constructeur, comme l’a expliqué Shigenobu Nagamori, P-DG de Nidec. Pour rappel, l’activité moteur du japonais qui fabrique et vend des moteurs de direction à assistance électrique mais aussi des moteurs freins aux constructeurs, pèse pour le moment 20 % de son activité.

Pour PSA, cette co-entreprise lui permettra de maîtriser toute la chaîne de valeur de ces moteurs à l’exception des cellules des batteries, comme l’a détaillé Patrice Lucas. « Nous produisons les réducteurs des batteries, assemblerons nos packs sur les sites qui produiront nos futurs modèles électrifiés et fabriquerons nos moteurs électriques à Tréméry. Cette co-entreprise va nous donc permettre de contrôler complètement le moteur électrique. Avant sa création, nous étions en position d’achat, avec sa création nous maîtrisons le processus de recherche et développement et intégrons aussi la valeur de production. »

100 % des VP PSA électrifiés d’ici à 2023

Sans compter que la création de cette co-entreprise constitue aussi un des leviers indispensables à PSA afin de concrétiser ses ambitions en termes d’électromobilité. Le groupe, via ses deux plateformes multi-énergies, envisage de proposer une large gamme de modèles mild-hybrides, hybrides et électriques. Avec un objectif : une gamme à 80 % électrifiée à l’horizon 2023, 100 % sur le segment des VP.

Avec, à la clé, une réduction des émissions de CO2 de ses modèles de 50 % d’ici à 2020 et de 80 % à l’horizon 2023. En pleine tourmente avec Opel/Vauxhall dont les émissions des véhicules dépasseraient largement les seuils légaux, PSA a précisé que « cette co-entreprise constitue également une réponse. »

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