Pour Michelin, le meilleur est encore à venir

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A l’occasion du Capital Markets Day du groupe, Florent Menegaux, président, et Yves Chapot, gérant et directeur financier, ont présenté Michelin In Motion, la stratégie « Tout durable » de Michelin à un horizon 2030. Un plan stratégique très détaillé et très ambitieux.

DR / Michelin
DR / Michelin

Après avoir présenté des résultats financiers très robustes malgré la crise sanitaire, nouvelle démonstration de force pour Michelin, le premier fabricant mondial de pneumatiques qui organisait le 8 avril 2021 son Capital Markets Day. Revisitant la version raisonnée et académique du développement durable, Florent Menegaux a expliqué la vision « Tout durable » du groupe qui s’articule autour de trois lignes de force, People, Planet et Profit, soit une recherche constante du juste équilibre entre les personnes, la planète et les performances économiques.

Le plan est rigoureux, suivant une méthode stricte et mettant en avant des indicateurs clairement identifiés. Sans jugement de valeur, dans la mesure où les places de marché s’y retrouvent dans les deux cas de figure, on peut dire que c’est l’anti-Tesla. Un grand écart du tweet à la thèse qui résume bien l’air du temps, où soit dit en passant, le parfum de RSE influe de plus en plus sur les notes d’analystes financiers. On peut encore noter que Florent Menegaux et son équipe accélèrent des orientations déjà mises en place avec Jean-Dominique Senard, notamment sous l’angle de la diversification des activités.

L’ancien temple du secret fait le pari de la transparence

Parmi les 12 indicateurs formulés dans le document-cadre de la présentation, on peut retenir quelques jalons phares.

Dans le domaine « People », Michelin veut :
-  atteindre un taux d’engagement de ses salariés supérieur à 85%
-  porter le taux de féminisation de l’encadrement à 35%
-  être une référence mondiale en matière de sécurité au travail avec un indice TCIR inférieur à 0,5

Dans le domaine « Planet », Michelin s’engage à :
-  réduire fortement ses émissions de CO2 sur les scopes 1 et 2 (- 50% par rapport à 2010) et sur la partie transport du scope 3, pour viser en 2050 la neutralité carbone sur ce périmètre (scope 1, 2 et transport)
-  augmenter fortement le taux de matériaux durables présents dans l’ensemble de ses produits : 40% à horizon 2030, en ligne avec son ambition de 100% de matériaux durables en 2050
-  diminuer l’empreinte environnementale de son réseau industriel, mesurée par i-MEP, d’un tiers en 2030 par rapport à 2020

Dans le domaine « Profit », Michelin compte :
-  réaliser une croissance soutenue avec une progression annuelle de ses ventes de 5% en moyenne entre 2023 et 2030, une fois sorti de la crise actuelle liée aux conséquences de la Covid-19
-  réaliser entre 20% et 30% de ses ventes dans des activités autres que le pneumatique
-  garantir une création de valeur significative avec un ROCE supérieur à 10,5% entre 2023 et 2030

Au niveau de la diversification, Michelin continue de creuser le sillon inauguré sous Jean-Dominique Senard et Florent Menegaux donne plus de détails sur les cinq secteurs que le groupe veut investir avec ambition : « les activités de « services et solutions », principalement auprès des flottes ; le marché très dynamique des composites flexibles (convoyeurs, courroies, tissus enduits, joints…), ce qui passera par des opérations de croissance externe ; le secteur médical ; l’impression 3D métal, où le groupe est déjà bien présent via AddUp, sa co-entreprise avec Fives ; et la mobilité hydrogène, Michelin voulant tout simplement faire de Symbio, son JV avec Faurecia, le leader mondial des systèmes de piles à combustible ».

Un premier jalon court terme en 2023

Pour bien montrer que ces engagements sont concrets, Florent Menegaux et son staff ont fixé des objectifs à court terme, 2023, une date bien choisie dans la mesure où on peut espérer que les grandes turbulences de marché liées à la Covid seront derrière nous, même si ses conséquences économiques seront toujours sensibles.
Le groupe a présenté ses différents leviers de compétitivité industrielle pour réaliser 80 millions d’euros d’économies nettes d’inflation par an entre 2020 et 2023. Michelin a aussi annoncé des économies de frais généraux et administratifs (SG&A) sur les activités pneus de 65 millions euros nets d’inflation d’ici 2023 et en tout de 125 millions euros d’ici 2025.

Yves Chapot a aussi dressé les objectifs financiers du groupe pour 2023. À cette date, il prévoit de réaliser des ventes autour de 24,5 milliards d’euros, d’afficher un résultat opérationnel des secteurs supérieur à 3,3 milliards d’euros, un cash-flow libre structurel de 3,3 milliards d’euros en cumul sur 2022 et 2023 et d’atteindre un ROCE de 10,5%.

En outre, Michelin précise sa stratégie actionnariale, en visant dès 2021 un taux de distribution hors éléments non récurrents de 50%. Autant dire que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne dans le secteur automobile.

Cette présentation a convaincu certains analystes, qui ont même relevé leur cible. Ainsi d’Oddo : « Nous voyons les objectifs financiers, en ligne avec le consensus, comme un plancher et estimons que le management s’est montré convaincant sur les leviers (notamment internes) qui devraient permettre à Michelin d’atteindre une MOP et un FCF records dans les prochaines années ». D’autres, à l’image d’Invest Securities, ont trouvé qu’après une guidance jugée trop vague lors des résultats financiers, ces objectifs restaient prudents sous l’angle de l’Ebitda. Le titre a donc perdu du terrain par rapport à la moyenne du CAC 40.

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Avec ce plan, Florent Menegaux, président de Michelin, impose sa marque à la tête du groupe.

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