Pour éviter une sortie de route, le CNPA demande au gouvernement de donner rapidement des perspectives à la filière aval

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À l’occasion d’un point presse ce jour, mercredi 4 novembre, et pour faire suite au confinement en vigueur en France depuis le 29 octobre dernier, le CNPA a rappelé les conséquences sur la filière aval automobile. Le syndicat demande également au gouvernement de donner rapidement des perspectives d’avenir et de sortie de crise.

© CNPA
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À l’occasion d’une visioconférence, Francis Bartholomé et Xavier Horent, respectivement président et délégué général du CNPA, ont rappelé l’extrême urgence de la situation pour les services de l’automobile. Appelant à des décisions concrètes et surtout simples, pour pouvoir s’en tirer économiquement demain vers le haut.

En prenant la parole, Francis Bartholomé a d’abord fait référence aux nouveaux locaux du CNPA, espérant pouvoir prochainement les faire découvrir. Le ton s’est ensuite naturellement fait plus grave car, à court terme, le principe d’un nouveau plan de sauvetage s’impose à celui de plan de relance : « Ce nouveau confinement est nécessaire, la santé de tous est bien entendu la priorité. Au niveau du CNPA, nous sommes très légalistes, rappelons-le. Nous ne partageons pas les mêmes sujets que la grande distribution ».

Fermeture administrative des showrooms

« Ce deuxième confinement était absolument nécessaire compte tenu de la circulation du virus et des risques sanitaires », a rappelé le président du CNPA en préambule. « Même si celles-ci ont des conséquences importantes, nous sommes dans ce domaine très légaliste ». Francis Bartholomé a également rappelé « que les showrooms étaient sous fermeture administrative et qu’il fallait la respecter ». Et d’ajouter : « Pour rouvrir totalement nos showrooms, il faut attendre le nouvel arbitrage du président de la République le 12 novembre. La variable ERP5 est aussi déterminante ».

Une activité après-vente à 80 % sur la première semaine de novembre

Le click and collect permet encore de livrer des véhicules déjà commandés avant le confinement mais les livraisons devraient rapidement s’épuiser d’ici le 20 novembre a expliqué le CNPA. Côté après-vente, l’activité tourne encore à 80 % sur la première semaine de novembre mais une forte baisse des rendez-vous est attendue.

Le CNPA a rappelé que l’impact du premier confinement suivi du plan de relance commençait à se régler au moment où le second confinement a été décrété le 29 octobre dernier.

« Les conséquences du premier confinement avaient été en partie récupérées par le plan de relance avec des mois de bonne qualité pour dégager des volumes importants en voitures neuves et d’occasion », a rappelé le président du CNPA. « Cette période post-confinement a permis de récupérer de la trésorerie pour nos entreprises ». Et d’ajouter : « Ce second confinement est un coup dur qui ne sera pas sans conséquences ».

À propos des loueurs de courte durée

« Il y a quelques mois, nous avions réussi à les faire revenir dans le périmètre du tourisme, ce qui était légitime. L’enchevêtrement de textes depuis le premier confinement fait qu’il est aujourd’hui difficile de s’y retrouver, y compris pour des juristes. La situation est donc sous haute tension. Or, il faut que les acteurs bénéficient du chômage partiel et de fonds de solidarité. En effet, si les têtes de réseaux chutent, les franchisés peuvent exploser derrière. Il y a un problème avec des têtes de réseaux souvent étrangères. Difficile pour nos pouvoirs publics. Chaque pays va aider les siens, l’Allemagne le fait pour Sixt, les États-Unis avec le Chapter 11, pour Hertz, par exemple. Il faudra aussi aider les réseaux. L’enjeu de la LCD est vaste, car des répercussions sur les constructeurs et le verdissement effectif du parc sont inévitables ».

À propos des auto-écoles

« À ce sujet, je ne parle pas d’ambiguïté, mais il faut des textes clairs et publiés. Ce qui est dit doit être transcrit. Les examens du permis sont différents des cours et cela ne peut pas conditionner les conséquences sur le principe d’entreprises fermées ou ouvertes. À nouveau, c’est la viabilité économique le juge de paix ».

À propos du click and collect

Francis Bartholomé a rappelé qu’outre la livraison des véhicules commandés, cette activité d’e-commerce était extrêmement faible. Elle pourrait atteindre à peine 5 %, ce qui serait d’ores et déjà un grand succès.
« Cela ne pourra pas compenser la perte de l’activité normale. Et cela nous renvoie à des négociations à venir avec les constructeurs dans le cadre du futur règlement européen ».

À propos de l’après-vente

« Nous avons fait la demande pour que la venue à un rendez-vous en atelier soit inscrite sur la feuille de déplacement des Français. Mais il faut être logique, si l’atelier est ouvert, c’est que les Français ont le droit d’y aller. Mais à nouveau, c’est mieux si on lève toutes les ambiguïtés en temps de crise. Or, avec l’enchevêtrement de textes que nous évoquions, les nombreux ministères parties prenantes sur les dossiers et leur masse de travail actuelle, il y a parfois un manque de coordination. Nous avions demandé un délégué interministériel à la mobilité il y a quelque temps et nous réalisons aujourd’hui que cet interlocuteur aurait son utilité. Cela réduirait les délais d’allers et retours entre ministères et d’éventuels jeux de parasitage ».

L’enchevêtrement des dispositifs

Le CNPA souhaite aussi une clarification des textes notamment au niveau de la notion de première nécessité. Un enchevêtrement des dispositifs qui mérite des simplifications notamment au niveau des loueurs courte durée. Une clarification est également nécessaire pour les auto-écoles entre la fermeture des entreprises et l’autorisation de passer l’examen pour les candidats.

Enfin, le CNPA souhaite une réactivation du plan de soutien et de sauvetage de l’automobile, à la fois pour la partie vente et après-vente mais également au niveau des services. Concernant le PLF 2021, le syndicat de Suresnes demande un gel des taxes et malus prévus pour l’an prochain et de surseoir à toute contrainte supplémentaire.

Réunion du comité stratégique de la filière le 6 novembre prochain

Une réunion du comité stratégique de la filière automobile avec la PFA est prévue vendredi prochain avec trois ministres du gouvernement. Une réunion au cours de laquelle le CNPA demandera notamment une clarification au gouvernement pour la filière aval et des perspectives de sortie de crise. « Il faut confirmer le plan d’aides, y compris pour l’aval de la filière, voici notre premier objectif, a rappelé le président du CNPA. En outre, pour le PLF 2021, peut-être faut-il surseoir les sujets qui peuvent plomber la filière (malus, malus au poids…). Et circonstances exceptionnelles obligent, choisir de suivre une feuille de route simple, dépouillée des sujets de débats trop complexes ou clivants ».

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