Quand Beauvais accueille la production de bus chinois BYD

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Le Chinois BYD a repris la friche industrielle de Michelin près de Beauvais pour y implanter une usine d’assemblage de bus "tout électrique". Les régions Hauts-de-France et Pays de la Loire étaient en concurrence sur ce projet mais finalement c’est la région de Beauvais qui a été retenue grâce à sa proximité immédiate de la Région Parisienne avec sa bonne desserte autoroutière et son vivier de main-d’œuvre qualifiée. La subvention régionale de 3 000 euros par emploi a dû, aussi, un peu aider à faire pencher la balance.

Quand Beauvais accueille la production de bus chinois BYD

10 millions d’euros vont être investis dans cette opération par le groupe BYD (Build Your Dream), qui n’est pas un inconnu. Créé en 1995, BYD s’est spécialisé au départ dans les batteries au lithium puis s’est diversifié en 2003 avec la construction de voitures, avant d’étendre son activité en 2008 dans les véhicules hybrides et électriques. BYD est le 4ème constructeur automobile chinois et emploie 225 000 salariés dans 50 pays. Pas mal pour une organisation d’un peu plus de 20 ans !

Maintenant que vous connaissez BYD, parlons du projet. Le choix de la France comme site de production s’explique par le fait que son marché est le plus important d’Europe pour les bus. Une centaine d’emplois prévue, dont le recrutement a déjà commencé pour un démarrage de production programmé pour début 2018 sur la base de 200 bus par an. À terme, l’unité pourrait atteindre 300 personnes.

Il ne se passe pas une semaine sans qu’on nous parle de la voiture électrique mais a-t-on déjà évoqué les bus électriques ? Pas que je sache, pourtant le marché existe.

La quantité annuelle moyenne de gazole consommée par un bus urbain est de 30 tonnes. Pour les 20 plus grandes villes françaises, les bus urbains représente environ 300 000 tonnes chaque année. Énorme ! Pour ne transporter des voyageurs que sur quelques kilomètres à une vitesse moyenne dépassant rarement 20 km/h, c’est beaucoup. Il faut ajouter à ça les émissions de polluants associés, et le plus gros reproche des citadins : le bruit, surtout à chaque démarrage…

Le bus électrique est probablement une alternative intéressante pour les collectivités locales qui sont, par ailleurs, fortement encouragées à trouver des solutions pour réduire la pollution de l’air.

La RATP va expérimenter une proposition de bus électriques de 12 mètres et une autre pour des bus de 18 mètres. Rouen, Aix-en-Provence et Amiens ont également lancé des appels d’offres. On imagine bien qu’Amiens fera jouer la préférence régionale pour son marché de 43 bus de 18 mètres avec une première livraison en juin 2018.

Pas de doute qu’avec la confirmation des J.O. en 2024 à Paris et la communication permanente sur la dimension environnementale du projet parisien, un certain nombre de communes et de transporteurs de la ceinture parisienne mais aussi des villes retenues pour les compétitions des tournois de football, vont se poser la question de l’électrification des bus urbains.

Dommage que les constructeurs européens si prolixes en matière de voitures électriques soient muets sur le transport électrique de personnes. Un silence qui risque de profiter à BYD et à Yutong, (actuellement en phase de test à Marseille en concurrence avec Volvo) très en avance sur ce segment.

Bernard Coste - Membre de T.E.A.M. AUTO

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