Quand la fermeture d’une usine Ford devient un dossier politique

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Face à la volonté de Ford de fermer son usine à Blanquefort (Gironde), le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a manifesté lundi 15 octobre son « désaccord total » avec cette décision.

Crédit photo : Nicolas TUCAT
Crédit photo : Nicolas TUCAT

« J’ai eu le président de Ford vendredi dernier au téléphone et il m’a annoncé qu’entre une reprise du site par Punch et la fermeture de l’usine, l’option privilégiée par Ford était la fermeture de l’usine. Je suis en désaccord total avec ce choix », a déclaré Bruno Le Maire à Bordeaux, à l’issue d’une réunion avec des élus locaux et des représentants de salariés. Au total, quelque 900 salariés sont concernés par cette décision, parmi lesquels Philippe Poutou, ancien candidat aux dernières élections présidentielles.

Le site de production, implanté à Blanquefort depuis 1972, fabrique actuellement des boîtes de vitesses automatiques pour les véhicules de la marque américaine. La production du modèle actuel arrivant à son terme, le groupe automobile se tourne désormais vers une boîte de transmission à 8 vitesses. Depuis l’annonce de cette évolution, les salariés réclamaient que Ford confie à Blanquefort la production de cette nouvelle boîte de vitesses.

Quel avenir pour l’usine ?

« L’activité industrielle à Blanquefort dépend de la demande du marché mais les projections actuelles de volume de production sont saines jusqu’au cours de 2019 », a précisé Ford après l’annonce de la fermeture de son site. L’activité est donc en sursis mais pour combien de temps ?

Bien décidé à ce que « l’option de la reprise soit retenue » par le constructeur américain, Bruno Le Maire a affirmé avoir multiplié, au cours du week-end, les appels auprès de l’administration américaine, afin d’alerter sur la situation en Gironde. Il a dit avoir le secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, et le conseiller économique du président Donald Trump aurait été contacté. « Je souhaite que nous nous mobilisions tous pour maintenir l’activité industrielle (...) et que plutôt qu’une fermeture nous allions vers une reprise par Punch Powerglide », « un repreneur solide » qui fabrique lui aussi des boîtes de vitesses à Strasbourg. Afin de permettre la reprise de Blanquefort, l’État et les collectivités territoriales se sont engagés à apporter une aide financière estimée à cinq millions d’euros selon Bruno Le Maire.

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