Que disent les automobilistes de notre réseau routier ?

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Crédit photo : FOTOLIA
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65 % des usagers de la route ayant répondu au questionnaire de l’association UFC-QUE CHOISIR regrettent que l’état des chaussées se soit beaucoup détérioré ces dernières années. Presque toutes les routes sont pointées du doigt, à l’exception des autoroutes littéralement plébiscitées avec 90 % de satisfaits. Une satisfaction qui dégringole à 21 % dès que nos automobilistes s’engagent sur une voie communale. Mais les trous dans la chaussée ne sont pas l’apanage des villages. Tous les arrondissements de Paris sont concernés, jusqu’au boulevard périphérique. Même chose dans les communes de la banlieue parisienne. Et les élus ne cessent de s’en plaindre pour mieux espérer quelques subsides des fonds publics.

Or, l’heure n’est pas à la générosité de l’État alors que l’investissement reste la clé pour entretenir un réseau routier. L’Association des sociétés françaises d’autoroutes avance qu’en 2014, pour les 9 053 km d’autoroutes concédées et d’ouvrages à péage en service, 129,9 millions d’euros ont été affectés à l’entretien des infrastructures et à la sécurité. Même si ce budget ne représente que 1,4 % du chiffre d’affaires des sociétés d’autoroutes (9 222,4 millions d’euros HT en 2014), rien à voir avec celui dont disposent les collectivités locales pour entretenir le réseau routier. Il est descendu à - 8 %, la plus forte baisse depuis 30 ans, ce que n’a pas manqué de déplorer, fin 2015, la Fédération nationale des travaux publics. En 8 ans, la chute avoisine les 25 %. Et l’État, en diminuant ses dotations globales de 5,2 milliards d’euros entre 2014 et 2015, ne va pas inverser la tendance. Au final, le réseau routier national continue à se dégrader.

En tête du classement en 2012, la France recule à la 7e place, selon une enquête du Forum économique mondial sur les infrastructures (1). Dans le même temps, le CISR (Comité interministériel à la sécurité routière), dont la mission est de fixer les orientations de la politique du gouvernement et les actions prioritaires en termes de sécurité routière, ne s’est pas réuni entre 2011 et 2017.

95 % des répondants estiment que l’entretien des routes a un impact sur la sécurité ; pour 94 %, la visibilité du marquage au sol est tout aussi déterminante, et 89 % souhaitent une amélioration de la lisibilité des panneaux. Les élus locaux en ont conscience mais, faute de moyens financiers, traînent les pieds. Jusqu’au Syndicat des équipementiers de la route (SER) qui pointe la déliquescence des panneaux de signalisation. Alors qu’ils sont conçus pour résister entre 10 et 12 ans, 30 à 35 % des panneaux le long de nos routes ne seraient aujourd’hui plus réglementaires, peu lisibles, voire plus du tout ! On estime pourtant que l’infrastructure joue un rôle dans 47 % des accidents mortels. Malheureusement, les nouveaux fonds attribués par le gouvernement, sans qu’on sache encore véritablement comment ils seront employés, semblent nettement insuffisants pour remettre le réseau routier à niveau. Pas rassurant, alors que le gouvernement s’est fixé pour objectif de descendre à 2 000 morts sur les routes d’ici à 2020.

(1) « Global Competitiveness Report » : sondage réalisé auprès de 14 000 dirigeants d’entreprise dans 144 pays. Échantillon pour la France : 285 répondants.

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