Renault ou le temps des vaches maigres

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Le plan de restructuration annoncé par Renault était déjà sévère, notamment son volet social, mais selon une note interne, le groupe sera peut-être contraint de faire davantage d’efforts à cause de projections de trésorerie alarmantes.

© Augustin Detienne / Capa Pictures / Renault
© Augustin Detienne / Capa Pictures / Renault

En grande difficulté financière, Renault avait annoncé en mai 2020 un vaste plan d’économies de deux milliards d’euros sur trois ans, avec un volet social douloureux prévoyant la suppression de quelque 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France. L’absence de fermetures sèches d’usines en France, hormis le site secondaire de Choisy, obtenue par l’État, qui a octroyé un PGE de cinq milliards d’euros au groupe, ne pouvait pas cacher la rudesse de la restructuration. À la fin du mois de juillet, la présentation des résultats semestriels n’a pas pu rassurer les experts et les places de marché : 7,3 milliards d’euros de pertes (dont 4,8 milliards via Nissan) ! Et les perspectives sont naturellement incertaines, à cause du Covid, mais pas uniquement comme le souligne Luca de Meo, directeur général du groupe : « Nos résultats sont en baisse depuis 2018 (...). Nos ventes sont en baisse aussi, et de façon encore plus préoccupante, nos nouveaux modèles ne sont pas assez profitables (...). Nos projections de trésorerie sont alarmantes ».

Deux ans de pain noir

Dans la note interne d’une quinzaine de pages évoquée par l’AFP, Luca de Meo estime aussi que le groupe pourrait devoir réduire ses coûts davantage que prévu, tout en travaillant sur un plan de développement ambitieux à moyen terme : dans une première phase, « jusqu’en 2022, il faudra peut-être aller plus loin que prévu dans l’effort de réduction de nos coûts. Nous le ferons sans compromettre l’avenir ».

Vers une forte rationalisation du portefeuille de produits et des gammes

En outre, Luca de Meo ne promet pas de rebond spectaculaire, jugeant donc que la restructuration prendra plusieurs années et qu’un retour aux avant-postes du groupe interviendra d’ici sept à huit ans. Parmi les priorités du plan de restructuration, au-delà d’un strict monitoring des coûts, le redimensionnement de l’ingénierie sera à l’ordre du jour (un poste de 800 millions d’euros dans le plan de deux milliards), au même titre qu’une réduction du nombre de produits et de la profondeur des gammes, de l’ordre de 30 %. Sur ce dernier point, la voie a déjà été éprouvée par les groupes PSA ou Ford par exemple. Luca de Meo accorde une importance cruciale au segment C, ambitionnant de rehausser très significativement le pricing des modèles dans ce périmètre. En revanche, il ne parie pas sur « le haut de gamme à la française » et sonne le glas de programmes coûteux comme celui de l’Espace dans un passé récent. L’électrification des gammes reste naturellement à l’agenda.

Sortir du « tout auto »

Par ailleurs, à l’image de Florent Menegaux annonçant que Michelin réalisera 30 % de son chiffre d’affaires hors des pneumatiques d’ici quelques années, Luca de Meo veut initier la diversification de Renault. Cap sur « la technologie financière, les plateformes de mobilité, l’assurance, les données, la gestion de flottes, la création de logiciels, la cybersécurité, les infrastructures, l’économie circulaire, la gestion énergétique, la logistique, et l’ingénierie high-tech ».

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