Renault va vendre la Fonderie de Bretagne

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Dans le cadre de son plan de restructuration, le groupe Renault va vendre la Fonderie de Bretagne et cherche donc un repreneur pour cette usine qui emploie quelque 350 salariés.

Renault va vendre la Fonderie de Bretagne

La direction du groupe a confirmé jeudi 11 mars 2021 au comité social et économique (CSE) de l’usine qu’elle cherchait un repreneur. Il lui paraîtrait « plus à même de pérenniser les activités et les emplois », explique Renault dans un communiqué.

Ébranlé par l’affaire Ghosn et la crise sanitaire, le constructeur français avait annoncé début 2020 un plan d’économies de plus de 2 milliards d’euros sur trois ans, qui prévoit 4 600 suppressions d’emplois en France (environ 10 % des effectifs), et plus de 10 000 hors de France. Un milliard d’économies supplémentaires a ensuite été ajouté, tandis que pour traverser la crise, le groupe a également sollicité un PGE de cinq milliards d’euros.

« Pas vocation à rester dans le groupe »

Installée à Caudan (56) depuis 1965, la Fonderie de Bretagne fabrique des bras de suspension, des collecteurs et coudes d’échappement, ainsi que des différentiels de boîte de vitesses. Renault avait déjà revendu la Fonderie en 1999 à Teksid-Fiat, avant de la reprendre en 2009. L’État et les collectivités locales avaient accompagné cette reprise à hauteur de cinq millions d’euros pour le maintien de l’emploi.
Le président de Renault Jean-Dominique Senard avait évoqué sans détour, au printemps 2020, cette usine bretonne qui n’avait « pas vocation à rester dans le groupe Renault ». À l’été 2020, le constructeur a demandé une revue stratégique de l’usine au cabinet Advancy.
« Cette analyse conclut que le site doit diversifier ses activités et poursuivre la réduction de ses coûts de production », a expliqué jeudi la direction de Renault, citant « les évolutions de l’automobile vers des véhicules plus légers, la concentration des acteurs dans le secteur des fonderies et le déploiement du plan d’économies du groupe ».

« Ce n’est pas une surprise, mais c’est une trahison », a déclaré à l’AFP le délégué CGT Maël Le Goff, à la sortie du CSE. « Ce qui nous dégoûte dans cette histoire, c’est que les salariés ont tout fait pour reconstruire l’outil de travail », suite à un incendie en 2019, « et se sont démenés avec les changements de poste et changements d’horaires pour au final s’entendre dire “on s’en va” ».

Classique jeu de rôles

« On peut comprendre la colère des salariés devant cette accélération soudaine. Nous nous sommes battus pour que ça ne ferme pas il y a un an », a déclaré à l’AFP Loïg Chesnais-Girard, le président de la région Bretagne, en homme politique habile, avant de solliciter le ministre de l’Économie : « Nous nous battrons pour l’avenir de ce site et ses salariés. Renault nous doit la transparence et le respect des engagements pris. Fabrice Loher, maire de Lorient et président de l’agglomération, et moi demandons au plus vite une réunion sur le sujet avec Bruno Le Maire ».
De son côté, Renault dit s’être engagé à « poursuivre le dialogue avec les partenaires sociaux et les acteurs du territoire » pour identifier un repreneur « qui soit le plus à même d’assurer la pérennisation des activités et des emplois ».

(avec AFP)

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