Stéphane Magnin (Suzuki France) : « La rentabilité du réseau oscille entre 1,9 et 2 % en 2018 »

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Suzuki France, qui se rapproche du cap des 30 000 unités commercialisés par an, a enregistré d’excellents résultats en 2018. À l’occasion de la sortie officielle du nouveau Jimny, Stéphane Magnin, directeur de l’activité automobile de Suzuki France, annonce que l’ensemble de la gamme sera doté de motorisations hybrides en 2020.

Stéphane Magnin (Suzuki France) : « La rentabilité du réseau oscille entre 1,9 et 2 % en 2018 »

Auto Infos : Depuis sa première présentation lors du Mondial 2018, le nouveau Jimny, un véhicule peu à contre-courant de l’ensemble des offres actuelles des constructeurs, semble susciter un réel engouement auprès des clients ?
Stéphane Magnin :
Nous avons enregistré 1 200 commandes sur les trois derniers mois de l’année. C’est quasiment le volume annuel que nous avions prévu ! C’est un succès partout en Europe et pas uniquement en France. La bataille se fera désormais sur le nombre de véhicules que l’on pourra obtenir sur l’année 2020. D’autant plus qu’il a été lancé au Japon en version K-Car en mai dernier ce qui a généré 80 000 back-orders. La capacité de production a donc été absorbée par le Japon. À partir d’avril prochain, l’Europe disposera de volumes supplémentaires. Le Jimny est un véhicule complètement à contre-courant. Nous l’avons lancé en Europe car il s’adresse à une population bien spécifique, notamment les professions libérales dans les zones de montagne.

A. I. : Le Jimny n’a pratiquement pas de concurrent ?
S. M. :
Il est seul sur son segment, en tant que 4x4 compact. Cela n’existe plus aujourd’hui. Il bénéficie d’un design intemporel assez sympa. Nous n’avions pas anticipé un tel intérêt pour ce véhicule. Nous avons la capacité d’en vendre 2 500 à 3 000 unités. Notre réseau croit beaucoup à ce véhicule.

A. I. : Quelle est la clientèle de ce modèle ?
S. M. :
Il y a les particuliers qui ont besoin d’un deuxième ou troisième véhicule notamment pour les loisirs à la campagne. Notre clientèle est composée de professions libérales dans les zones du centre de la France, des Pyrénées, des Alpes ou encore de la Corse. Et, enfin, les professionnels comme les bucherons, les pompiers et la police municipale dans les zones arides.

A. I. : Quelle est votre analyse du marché automobile pour l’année qui vient de s’achever ?
S. M. :
La remontée du marché des particuliers est saine. Depuis quatre mois, le marché a été perturbé par la nouvelle norme WLTP. Finalement, le marché a progressé de plus de trois points. Nous sommes quand même sur bon marché mais avec beaucoup d’artifices et des offres de déstockage atypiques.

A. I. : Comme l’année s’est-elle déroulée pour Suzuki ?
S. M. :
75 % de nos ventes se font sur le marché des particuliers. Nous ne faisons pas d’immatriculations tactiques. Nous n’en avons fait que 800 unités cette année qui étaient des anticipations au niveau du WLTP, soit quatre VD par concession ! Nous ne sommes qu’à 3,8% du marché des flottes même si dans nos ventes à particuliers, nous avons pas mal de professions libérales. En 2018, nous avons vendu 27 241 unités, soit une évolution de 8,8 % par rapport à 2017. Nous aurions pu faire mieux car nous enregistrons 29 500 ventes à clients mais plus de 6 000 voitures n’ont pas été encore livrées.

« Nous avons décidé d’arrêté le diesel pour nous nous concentrer sur l’hybride. »

A. I. : Quelle est la répartition des ventes au niveau des modèles ?
S. M. :
La Swift représente 37 % de nos ventes. Ensuite, on trouve l’Ignis et le Vitara, soit un total de 21 000 voitures pour ces trois modèles. Le Celerio, notre modèle d’entrée de gamme, a, lui, progressé de 24 % en raison de la prime à la casse.

A. I. : Le diesel, c’est donc fini pour Suzuki ?
S. M. :
Nous ne commercialisons plus de diesel à partir de cette année. Nous n’avions plus que le Vitara S-Cross en diesel qui s’est arrêté en mars 2018.

A .I. : Où en êtes-vous au niveau de l’hybride ?
S. M. :
Nous avons réalisé près de 25 % de nos ventes en hybride avec la technologie mild-hybrid alors que nous n’avons que trois modèles sur sept équipés. Cela correspond à une Swift sur deux et une Ignis sur trois. À partir de 2020, nous aurons une offre unique en mild-hybrid hors Jimny.

A. I. : Comment se porte le réseau Suzuki ?
S. M. :
Nous avons 205 points de vente. C’est un réseau qui est assez stable avec quatre open point que l’on a couvert et quatre turn over. Notre réseau nous a aidés en 2010 et 2013. En contrepartie, nous leur restons fidèles. En dehors de ça, il y a toujours la respiration normale du réseau et le phénomène de concentration des affaires. Nous travaillons à la fois avec les plus grands et les plus petits. Sur les deux Savoie et en Isère, par exemple, nous réalisons 10 % de nos ventes avec un indépendant à Sallanches et Thonon, un indépendant à Grenoble et Vienne et le groupe Maurin à Albertville. Nous avons un modèle économique qui convient à tous ces distributeurs. Nous essayons de faire une politique équilibrée qui fonctionne pour l’ensemble de ces opérateurs.

A. I. : Le système de rémunération est-il différent chez Suzuki ?
S. M. :
Nous sommes restés sur des choses simples avec une marge garantie sur la vente d’un véhicule.

A. I. : Quid de la rentabilité ?
S .M. :
Nous sommes sur une moyenne de 1,9 à 2 % à la fin 2018. C’est donc une très bonne année.

A. I. : Comment se positionne la marque Suzuki par rapport à toutes ces évolutions sur le marché automobile ?
S. M. :
Nous communiquons peu mais nous travaillons beaucoup ! Personne ne nous a vu venir avec l’hybride notamment. Nous l’avons depuis deux ans et nous sommes déjà numéro deux du marché de l’hybride.

A. I. : Quand arriveront les premiers modèles électriques Suzuki ?
S. M. :
Ils sont déjà en test en Inde. Ils seront développés à partir de 2021 pour ce pays. Nous avons fait le choix de l’hybridation. L’électrique est un petit marché aujourd’hui et nous pensons qu’il se développera moins vite que l’hybride. Les bornes de recharge promises depuis dix ans ne sont toujours pas là. Nous attendons la maturité du marché pour proposer un véhicule bien équipé au prix le plus juste.

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