Stéphane Magnin (Suzuki France) : « Nous enregistrons une hausse de 16 % de nos immatriculations à fin septembre »

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Le dirigeant de Suzuki en France a le sourire. Les immatriculations ont progressé de 16 % depuis le début de l’année dans l’Hexagone. Fort de ses trois modèles phares que sont la Swift, l’Ignis et le Vitara et d’un développement des technologies hybrides, le constructeur japonais compte accroître les ventes en direction des flottes d’entreprise.

Stéphane Magnin (Suzuki France) : « Nous enregistrons une hausse de 16 % de nos immatriculations à fin septembre »

Auto Infos : Quel regard portez-vous sur le marché automobile depuis le début de l’année ?
Stéphane Magnin :
Le marché va encore dépasser les deux millions d’unités cette année. Nous sommes sur des volumes d’avant-crise. Le marché est relativement dynamique.

A. I. : Comment abordez-vous la dernière partie de l’année et notamment l’effet WLTP ?
S. M. :
Il y a beaucoup de pédagogie à faire autour du nouveau cycle d’homologation WLTP. La mise en place de cette norme est compliquée à comprendre pour les concessionnaires et les forces de vente. Entre le NEDC corrélé et le WLTP, il y a beaucoup de confusion autour de tout cela. D’autant, qu’il faut prendre en compte une prolongation jusqu’au 1er septembre 2019.

A. I. : Quels sont les changements en NEDC corrélé pour Suzuki ?
S. M. :
Cela ne change pas grand-chose. Il y a même quelques véhicules dont les valeurs de rejet de CO2 baissent légèrement, notamment l’Ignis hybride.

A. I. : Quels sont les résultats commerciaux de la marque Suzuki en France ?
S. M. :
Sur un marché à + 6,5 %, nous enregistrons une hausse de 16 % des immatriculations sur les neuf premiers mois de l’année. Cette performance est largement due au succès de la Swift en année pleine cette année. Ce modèle a vraiment pris son envol et son trend de vente tourne autour de 10 à 12 000 voitures cette année. À elle seule, la Swift représente un tiers des ventes. Notre modèle porte-drapeau est suivi par l’Ignis et le Vitara dont nous présentons un facelift à l’occasion du Mondial de Paris. Les productions de ce modèle ont été arrêtées en juin, si bien que nous manquons un peu de voitures. Avec ces trois modèles, nous réalisons 70 % de nos ventes.

A. I. : Après ce bon début d’année, quels sont vos objectifs commerciaux d’ici à la fin de l’année ?
S. M. :
Nous espérons boucler l’année 2018 avec un volume minimum de 28 000 unités. Le problème c’est d’avoir suffisamment de voitures. Nous avons, en effet, 8 000 véhicules en back-order (commandes concessionnaires) que nous ne sommes pas sûrs de pouvoir livrer d’ici à la fin de l’année. L’homologation WLTP a eu un impact sur notre production. La mise en conformité de nos usines avec cette norme nous a obligés à baisser nos commandes au printemps. La production est repartie depuis septembre dernier mais nous ne sommes pas sûrs de pouvoir tout livrer. Toutefois, nous devrions atteindre les 30 000 commandes mais cela sera difficile de suivre au niveau des immatriculations.

A. I. : Les mois d’été ont été marqués par une forte hausse des immatriculations tactiques en raison du stockage des véhicules avant l’entrée en vigueur de la nouvelle WLTP le 1er septembre. Avez-vous suivi ce mouvement général ? Pourquoi ?
S. M. :
Les usines ont réalisé des productions en décalé. Nous n’avons pas pris de risque pour livrer au maximum les Swift. Nous avions 2 500 voitures en dérogation et nous nous sommes retrouvés avec 650 véhicules supplémentaires, soit trois véhicules de démonstration par concession ! Ce n’est donc pas un gros sujet pour nous... D’autres constructeurs ont dû faire plus !

A. I. : Comment abordez-vous les prochaines échéances de la norme WLTP ? Anticipez-vous des retards de livraison et des problèmes d’homologation de certains modèles ?
S. M. :
Ce changement de norme est compliqué. On ne sait pas encore ce qui va se passer en 2019 et si l’administration française sera prête en septembre. L’année 2019 devra être encore basée sur le NEDC corrélé sauf le dernier quadrimestre qui risque de faire exploser les malus. Pour les livraisons, c’est dommage car la demande est là. Nous souhaitons poursuivre notre développement au niveau des professionnels. Nous élargissons notre gamme avec l’hybridation. Nous occupons 8 % du marché de l’hybride en France. Nous sommes très fiers de dire que nous sommes le deuxième vendeur de véhicules hybrides dans l’Hexagone.

A. I. : Quelle est l’augmentation moyenne des émissions de CO2 avec la norme WLTP par rapport au cycle NEDC ?
S. M. :
Nous constatons une augmentation moyenne comprise entre 10 et 20 g de CO2 rejeté supplémentaire.

A. I. : Certains modèles et/ou certaines finitions vont-elles disparaître avec l’entrée en vigueur de la nouvelle norme WLTP ?
S. M. :
Le moteur 1,6 l sur le Vitara va disparaître et sera remplacé par un moteur 1 litre que l’on trouve sur le S-Cross. Nous n’aurons plus que deux motorisations avec le 1,4l. Le diesel a disparu pour d’autres raisons. Nous ne faisions plus que 20 % de nos ventes en diesel. C’est trop cher à fabriquer en Euro 6.

A. I. : En raison de leur poids, les SUV pourraient-ils en faire les frais ?
S. M. :
L’Ignis est légère au contraire. Elle est très bien placée en WLTP avec au maximum 117 à 130 g. L’hybridation que nous allons développer va nous aider.

Retrouvez l’intégralité de cette interview dans le prochain numéro Auto Infos 1380.

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