Stéphane Montagne (responsable carrosserie Autodistribution) : « Il faut mettre en avant un métier qui a beaucoup évolué »

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Stéphane Montagne gère toute l’activité liée à la carrosserie au sein du groupe Autodistribution. Dans ce périmètre, il s’occupe aussi du réseau AD Carrosserie. Une enseigne sur laquelle il fait le point en ce début d’année 2020, dans un contexte toujours difficile pour le marché de la réparation-collision.

© Groupe Autodistribution.
© Groupe Autodistribution.

Auto Infos : Pouvez-vous tracer un portrait du réseau AD Carrosserie ?

Stéphane Montagne : Nous avons terminé l’année 2019 avec 730 adhérents, ce qui représente une croissance de 27 ateliers. Le chiffre d’affaires moyen d’un établissement atteint 950 000 euros. Le développement de l’activité avec les apporteurs d’affaires a augmenté de 8 % et représente 26 à 28 % du chiffre d’affaires d’un adhérent. Malgré un marché de la sinistralité en baisse de 2 à 3 % en 2019, le principal problème est celui de la main-d’œuvre.

A. I. : Vos adhérents souffrent-ils particulièrement de ce problème ?

S. M. : Non car c’est un problème global, qui concerne tous les acteurs de la carrosserie. Il manque en moyenne 1,5 personne par entreprise. Cela génère un problème de prise en charge des véhicules. Le développement est freiné par le manque de collaborateurs. C’est une vraie source d’inquiétude. La masse salariale augmente et il faut que nos mandants nous accompagnent pour conserver une rentabilité qui permette d’investir pour faire face aux évolutions du secteur.

A. I. : Les apporteurs d’affaires sont-ils réceptifs à ce genre d’argument ?

S. M. : Il existe une vraie disparité entre les mandants mais nous rencontrons une véritable écoute et une prise en compte lors des négociations. En effet, le coût de conquête de l’assuré est élevé. Les assureurs mettent en avant les prestations de service mais il faut qu’elles suivent sur le terrain. La tendance du marché ira vers une sélection des accords les plus intéressants.

A. I. : Comment fidéliser et recruter des collaborateurs ?

S. M. : Nous avons mis en place un cursus de formation technique avec le GNFA. Il se déroule sur onze journées réparties sur une période de dix-huit mois. Nous voulons faire monter en compétences les techniciens du réseau. C’est aussi un levier de management pour fidéliser les collaborateurs. Ce programme est prévu sur quatre ans et nous avons de bons retours des stagiaires. Nous allons aussi déployer une solution en matière de recrutement basée sur l’apprentissage. Nous proposons également un outil de diffusion des annonces de recrutements sur tous les supports.

A. I. : Quels autres services développez-vous pour les adhérents ?

S. M. : Nous sommes de plus en plus sollicités par des flottes pour passer des accords cadres. Nous développons donc notre plateforme de services, qui rassemble aujourd’hui 28 collaborateurs. Ces derniers gèrent notamment les services à la mobilité pour le compte de nos adhérents. Nous poursuivons aussi le déploiement de notre outil de gestion unique. Près de 90 % du réseau est équipé mais nous lançons régulièrement de nouvelles fonctionnalités, à l’image d’une gestion commune des activités carrosserie et mécanique. Nous tenons à ce que nos membres soient au niveau. L’objectif consiste à pouvoir piloter toutes les solutions digitales depuis un seul et unique outil. Nous construisons chaque année de nouveaux modules et nous devrions terminer leur déploiement cette année. Nous avons aussi mis en place un pilotage de l’e-réputation et des enquêtes de satisfaction.

A. I. : Vos carrossiers redoutent-ils l’évolution technologique des véhicules ?

S. M. : Les nouvelles technologies ne leur font pas peur mais ils sont plus inquiets sur leur impact à moyen terme. Près de 60 à 65 % du marché se trouve chez les réseaux constructeurs. Les carrossiers doivent être capables de tout faire. Tout le réseau doit être capable d’intervenir sur les ADAS. Nous leur proposons les solutions Bosch et Texa, ainsi qu’une formation sur deux jours pour calibrer ces aides à la conduite. Ce type de prestation illustre une petite partie du changement vécu par cette profession. C’est la raison pour laquelle il faut mettre en avant un métier qui a beaucoup évolué.

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