[Tribune] Xavier Horent, CNPA : « Aristote donne un coup de main à l’apprentissage automobile »

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À quelques semaines du lancement de la sixième édition de la Semaine des services de l’automobile et de la mobilité (SSAM), qui aura lieu du 30 janvier au 6 février 2021, le délégué général du CNPA nous livre, en quatre épisodes, un message pertinent et plein d’espoir pour la jeunesse dans les métiers des services automobiles.

© CNPA
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Premier épisode

Les visites officielles de personnalités publiques dans nos écoles de l’automobile sont un moment tout à fait privilégié. Ces échanges sur le terrain illustrent concrètement les réalités et les perspectives d’une stratégie de formation, et permettent de faire toucher du doigt les efforts déployés pour préparer les compétences de demain. C’est important, mais l’essentiel est ailleurs.

Car le plus frappant, c’est l’authentique fierté qui se lit dans le regard des jeunes, des professeurs et des maîtres d’apprentissage. Nos meilleurs ambassadeurs, ce sont eux, et on ne le souligne jamais assez. Ils donnent à l’apprentissage sa noblesse naturelle et témoignent de la dimension technique qui est l’ADN d’une filière incroyablement résiliente. Ces visites ne sont pas du temps perdu, bien au contraire : un jeune qui a trouvé sa voie est un citoyen qui va enrichir notre société, participer à sa concorde, et faire progresser son milieu professionnel. C’est tout ce qui compte.

Au cœur du plan gouvernemental « #1jeune1solution » se joue l’avenir d’une génération très durement impactée par la crise sanitaire. Donner des perspectives à la jeunesse, c’est le premier devoir de la République. C’est aussi celui de notre branche, dont les partenaires sociaux ont su construire une politique de formation considérée comme exemplaire. Indépendamment des nombreuses réformes de l’apprentissage, l’intérêt des jeunes et des entreprises a toujours été inscrit au cœur d’un système fondé sur la responsabilité et la performance.

Dans nos métiers, donner à un jeune une solution est une tradition. Elle est inscrite dans le patrimoine de nos 140 000 entreprises, dont un très grand nombre de dirigeants sont eux-mêmes issus d’une filière dont l’excellence rime avec l’évidence.
440 000 contrats d’apprentissage ont été conclus en 2020 au niveau national, toutes branches professionnelles confondues, contre 368 000 en 2019. Qui aurait parié sur un tel chiffre alors que le fléau de la Covid continue de tout accabler ? Certes, l’État a mis des moyens significatifs – qu’il s’agit de maintenir jusqu’en décembre 2021, et tant que la pandémie n’est pas jugulée – les entreprises sont totalement investies, et les CFA jouent pleinement le jeu. Ce résultat doit être durable : encourager le choix de l’alternance est donc plus que jamais impérieux.

65 000 jeunes formés par an dans les services de l’automobile

Les services de l’automobile s’inscrivent dans cette dynamique avec la formation de 65 000 jeunes par an, dont, hors fonctions support, 31 000 en contrats d’apprentissage – soit une augmentation de 12 % par rapport à l’année 2019 – et 2 700 en contrats de professionnalisation. Une prouesse rendue possible grâce à la mobilisation de tous, dont plus de 900 formateurs, pour soutenir, au plus fort de la pandémie, les établissements et les entreprises tout en innovant pour assurer la continuité pédagogique (plateforme digitale, application Play and Learn, webinaires, etc.)

Pour la sixième année consécutive, l’alternance est donc en nette progression. Nul hasard : la formation, initiale et continue, est vitale. L’automobile est constamment en recherche de compétences pour relever les extraordinaires défis des dix prochaines années.
Apprendre un métier dont l’empreinte culturelle a peu d’équivalent, c’est en effet intégrer une filière qui vit une révolution fondamentale. De sa réussite dépendent de puissants enjeux, tels que les transitions écologiques et numériques. Au carrefour d’une mobilité connectée, autonome, neutre, toute la filière innove sur des produits et des services en complet renouvellement. Ils bouleverseront à terme nos usages, notre rapport au temps, à l’espace, au travail, aux loisirs, faisant basculer l’écosystème traditionnel dans l’économie des mobilités du XXIe siècle.

La capacité de réinvention de tous les acteurs de la filière est exceptionnelle. C’est une saga qui reste encore très largement à écrire, avec sa part de compétitions, d’alliances, de ruptures, et, surtout, de nouveaux talents. La moitié des postes de travail qui feront partie de nos entreprises dans une dizaine d’années n’existent pas aujourd’hui. C’est particulièrement stimulant pour une jeunesse en quête de sens, et qui devra domestiquer des technologies aux stupéfiantes accélérations. La mobilité de demain sera responsable ou ne sera pas.

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