Un rapport de l’Anses cible encore une fois la filière automobile

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Dans son dernier rapport, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pointe du doigt l’automobile et recommande de réduire le trafic routier.

Un rapport de l'Anses cible encore une fois la filière automobile

Le rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), publié le 16 juillet, cible, encore une fois, la filière automobile en désignant l’automobile comme l’unique responsable des émissions polluantes.

Un rapport à charge de 118 pages

Dans ce rapport, qui est une synthèse d’études scientifiques, l’Anses explique que « le trafic routier est le principal émetteur dans l’air ambiant de certains polluants comme le carbone suie (BC) ou les oxydes d’azote (NOx) en zone urbaine. Au sein du trafic, les voitures ont une contribution prédominante à la pollution ». Et préconise tout simplement « la réduction du trafic compensée par le renforcement des transports en communs et modes actifs dans les zones densément peuplées, comme leviers potentiels de réduction de la pollution atmosphérique, de la pollution de proximité et de l’exposition des populations ».

Rappelons que la filière automobile devra à partir de 2020 se conformer à la réglementation CAFE en Europe qui prévoit, d’ores et déjà, des réductions drastiques des émissions de CO2 sous peine de lourdes amendes pour les constructeurs automobiles. En ciblant les particules fines, l’Anses s’en prend aux motorisations diesel, pourtant moins émettrices de CO2 que l’essence. Une quadrature du cercle que l’industrie automobile ne parviendra pas à résoudre à court terme sous peine de toucher à la mobilité des Français. Comme on l’a vu lors de la crise des gilets jaunes, les Français ne sont peut-être pas prêts à sacrifier leur mobilité sous le seul prétexte de cette urgence environnementale...

La filière automobile prise pour cible de manière concertée

Interrogé ce même jour sur Europe 1, en réaction à ce rapport de l’Anses, Xavier Horent, délégué général du CNPA, a simplement rappelé qu’il n’était pas nécessaire de cibler encore une fois la filière automobile avec un discours anxiogène pour les Français. Et de conseiller de « prendre tous ces chiffres à charge avec beaucoup de précaution ». Et d’ajouter : « Il faut éviter de faire un procès excessif à une filière automobile qui connaît des transformations probablement sans aucun précédent dans son histoire ».

Une réaction nuancée du CNPA qui a pourtant, quelques heures plus tard, été démontée dans un article du Monde intitulé : « Les mauvais arguments de l’industrie automobile sur la pollution de l’air ».

Interrogé par nos soins dans la soirée, Xavier Horent a préféré citer Rostand : « On n’abdique pas l’honneur d’être une cible... »

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