Une croissance automobile mondiale potentiellement nulle en 2019

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En raison d’un net essoufflement des ventes au second trimestre 2018, l’Observatoire Cetelem n’entrevoit pas de croissance du marché mondial en 2019.

Une croissance automobile mondiale potentiellement nulle en 2019

Dans ses traditionnelles prévisions du marché automobile mondial pour l’année 2019, l’Observatoire Cetelem note une convergence des différents marchés qui pourrait aboutir à une croissance pratiquement nulle. À l’échelle mondiale la progression serait, en effet, limitée à environ 1% en 2018, voire nulle.

En Europe de l’Ouest, à l’exception de l’Espagne qui poursuivra sa progression, la majorité des pays sera en recul. La Chine connaîtra sa première panne de croissance, tandis que les États-Unis amorceront la phase baissière du cycle. En revanche, la reprise se poursuivra en revanche en Russie et au Brésil comme en Inde où l’essor était attendu de longue date.

En Europe : changement de régime

Une moindre dynamique économique et des vents réglementaires contraires précipitent à la baisse les immatriculations en Europe. Depuis septembre et l’entrée en vigueur de la norme WLTP, les ventes affichent des reculs significatifs. Après un mois d’août euphorique à + 26,6 % en raison d’achats d’anticipation précédant la mise en place due la nouvelle norme WLTP, les ventes de véhicules aux particuliers ont décroché de 23 % en septembre, de 7,3 % en octobre et 8,3 % en novembre. Au bilan 2018, on n’attend désormais guère mieux en Europe qu’une stabilisation du marché au niveau de 2017.

Un recul de 3 à 4 % en France

Les trajectoires ne sont pas convergentes au sein des grands marchés d’Europe de l’Ouest. En proie aux incertitudes du Brexit, le marché a reculé de 7 % sur l’ensemble de l’année au Royaume-Uni. L’Italie a limité la contraction à 3,1 %, tandis que le leader continental, l’Allemagne a quasiment fait du sur place (- 0,2%). Seule l’Espagne a poursuivi la remontada amorcée depuis quelques années avec une solide hausse de 7 %. Quant à la France, avec + 3 % au compteur 2018, elle a affiché une cinquième année de hausse consécutive, certainement la dernière : l’Observatoire mise sur un recul compris entre 3 et 4 % pour 2019.

La location soutient encore le marché

Le haut de cycle a été atteint et dépassé sur le marché européen dont le volume régressera en 2019. En dépit du renforcement des primes à la conversion et des progrès sur le marché de l’emploi, la poursuite du ralentissement économique, la multiplication des mesures de restriction de circulation dans les grands centres urbains aboutiront à une régression des ventes de véhicules légers. Cependant, la montée en puissance du leasing (location avec option d’achat et location longue durée) – adopté par 35 % des ménages acheteurs français en 2017 – jouera un rôle d’amortisseur grâce à la mécanique de renouvellements programmés des contrats de location.

En Chine : première panne de croissance

Plus inattendu, inédit et lourd de conséquences pour le marché automobile mondial, pour la première fois depuis son décollage il y a 20 ans, la Chine a vu ses ventes mensuelles diminuer en 2018. Avec un repli de - 4 % en juillet, de - 3,8 % en août, de - 11,6 % en septembre, de - 11,7 % en octobre et de - 13,9 % en novembre, le marché s’est clairement retourné dans un contexte de ralentissement de l’économie, de tensions commerciales et tarifaires avec les États-Unis avec de surcroît un contrôle plus strict du crédit à la consommation.
Beaucoup de Chinois avaient anticipé leurs achats ces deux dernières années pour profiter de la réduction fiscale sur les petits véhicules. Mais le gouvernement a clairement indiqué qu’il ne comptait pas reconduire les baisses de taxes. Après une perte de 3 % environ en 2018, la reprise encore incertaine du marché ne devrait pas excéder 4 % en 2019, pour un volume supérieur à 29 millions de véhicules tout de même.

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