Valeurs automobiles : l’analyse de Dominique Allain

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Dans un contexte fortement perturbé pour le marché VO, le directeur général d’EurotaxGlass’s France livre son expertise.

Valeurs automobiles : l'analyse de Dominique Allain

En tant que fournisseur de données et principalement de valeurs automobiles, que pensez-vous de la prime à la casse ?

Cette mesure a un impact négatif très fort sur les valeurs résiduelles des véhicules. Le VO a horreur de la déstabilisation ! Côté VN, je crains qu’il ne soit difficile de revenir rapidement à des prix « normaux ». Il reste évident qu’il fallait aider la filière, mais lorsque la notion de prix est structurellement détruite, ce n’est pas, à moyen terme, de bon augure.

Et le bonus-malus écologique ?

Il stimule la vente de véhicules sous-motorisés et souvent suréquipés. À ce titre, il y aura peut-être un décalage entre l’offre et la demande sur le marché de la seconde main. Les acheteurs de VO ne sont pas forcément incités à rouler dans des petites voitures. Ils achètent ce qu’ils veulent.

Les valeurs des véhicules d’occasion chutent. Dans quelles proportions ?

Les VO récents, du fait de la prime à la casse, enregistrent une importante baisse tarifaire estimée entre 4 et 6 points. Mais les véhicules provenant des retours de contrats de location longue durée, âgés de 36 mois pour environ 100 000 kilomètres, ont vu leurs valeurs chuter encore plus fortement dans une fourchette allant de 4 à 8 points. Cela représente en moyenne une perte unitaire de 1 000 euros. En revanche, les occasions âgées de 2 à 5 ans et moyennement kilométrées (40 à 60 000 kilomètres) – qui sont d’ailleurs de plus en plus commercialisées chez les distributeurs de marques – affichent des valeurs moins attaquées. Elles ont décliné, puis se sont ressaisies. Les concessionnaires s’intéressent de plus en plus à ce segment qu’ils ont délaissé aux marchands.

Dans quelle mesure le marché des véhicules plus anciens est-il touché ?

Il est aux mains de petits négociants et relève surtout de la vente entre particuliers de gré à gré. Il est donc stable, notamment parce qu’il est aidé par la prime à la casse qui atténue l’offre !

Quand est-ce que les valeurs remonteront ?

Aujourd’hui, crise oblige, les constructeurs sont vertueux en matière de volume. Il n’y a plus beaucoup d’immatriculations tactiques ! Si cette attitude raisonnable perdure, les choses reviendront dans l’ordre. Mais si les opérateurs se remettent à faire tourner la machine à fabriquer des voitures, ce ne sera pas le cas. Concernant les véhicules produits par le marché de la LLD, leurs valeurs ne sont pas prêtes de remonter du fait de la débandade des marchés de l’Est.

Un pronostic pour 2010 ?

Justement, la grande inconnue demeure : que va-t-il se passer le 1er janvier prochain ? Il s’opère néanmoins des mouvements intéressants et positifs. Le fait que les loueurs courte durée allongent la durée de détention et d’exploitation de leur flotte fournira, par exemple, d’excellents VO. Âgés de 12 à 18 mois, ils télescoperont moins les offres VN. De façon générale, les valeurs de marché devraient se ressaisir d’ici deux à trois ans, mais elles ne regagneront pas plus de 50 % de leurs valeurs initiales.

Est-ce un pari d’estimer la valeur des nouveaux véhicules « verts » ?

Ce sont les constructeurs et les pouvoirs publics qui structurent ce marché.
Si, par exemple, ils décident d’offrir 5 000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique, ils prendront le risque de « surpondérer » une offre.
Une fois dans le marché VO, imaginez la cote du modèle ! Dans ce domaine, il y a trop d’inconnus (logistique, standard, considérations politico-economiques, la TIPP, etc.) les firmes poursuivent leur exploration. Il est dur de se prononcer.

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