Vincent Cobée, Citroën : "J’ai été élevé à l’école Tavares, on marche avant de courir"

Publié le par

A l’occasion de la présentation de l’Ami, Vincent Cobée directeur général de Citroën, est revenu sur les enjeux de ce projet, mais aussi sur les ambitions du groupe, notamment l’expansion hors d’Europe.

crédits : Citroën
crédits : Citroën

Interview de Vincent Cobée, directeur général de Citroën par Alexandre Guillet pour le magazine L’Automobile & L’Entreprise

Comment jugez-vous la performance commerciale de Citroën en 2019 et quelles sont vos priorités pour 2020 ?

Vincent Cobée : Après cinq années d’un long travail de refondation, Citroën a retrouvé un réel allant en 2019, avec 943 000 immatriculations, soit une progression de 1 %, si on met la Chine de côté vu les problèmes que le groupe a rencontrés sur ce marché. L’Europe a porté ce dynamisme, mais on peut aussi souligner notre belle surperformance en Argentine et au Brésil, malgré des contextes économiques très dégradés. Pour 2020, au-delà du maintien de notre bonne trajectoire commerciale, nous entrerons dans le vif du sujet de l’électrification de la gamme. Sur ce point, nous prenons le parti de rendre les modèles électrifiés accessibles et ces solutions doivent renforcer l’une des valeurs phares de notre ADN, le confort. Par ailleurs, quand nous parlons d’innovations, nous pensons aux produits, bien entendu, c’est l’histoire même de l’automobile, mais aussi à de nouvelles offres servicielles. L’Ami entre dans ce champ. En outre, nous ouvrons une phase d’internationalisation de notre activité et les ventes de Citroën hors d’Europe devront représenter 30 % du volume total dès 2022. Cela passe notamment par le programme « C Cubed » en Inde.

Le seuil symbolique du million d’unités n’étant pas très éloigné, avez-vous des objectifs plus précis en volume ?
VC : L’objectif est effectivement d’atteindre 1 million d’immatriculations en 2020, même si nous savons que l’environnement sera difficile, notamment avec CAFE. En 2022, nous projetons de parvenir à 1,2 million de ventes dans le monde, dont plus de 350 000 hors d’Europe.

Pour parvenir à ce niveau d’internationalisation des ventes, l’Inde ne saurait suffire, surtout que ce marché est particulièrement délicat, vous êtes bien placé pour le savoir. Quelles sont vos autres marchés cibles pour tenir l’objectif ?

VC : L’Inde de ne sera naturellement pas le seul levier d’activation d’une internationalisation de nos ventes. Et vous avez raison de rappeler que je connais bien les difficultés de ce marché pour avoir y déjà orchestré des lancements de marque au cours de ma carrière. Je suis néanmoins convaincu que Citroën a une réelle carte à jouer en Inde. Dans le même temps, nous allons redoubler d’efforts pour retrouver des volumes plus importants en Amérique latine, même si nous ne sommes pas pleinement maîtres de notre destin par rapport à la variable de la macro-économie que nous évoquions et que vous connaissez. En outre, il y a des perspectives intéressantes en Afrique et au Moyen-Orient. Sans oublier nos bonnes performances au Japon, sur un marché historiquement très conservateur.

Pourquoi avoir choisi de vous associer avec la Fnac et Darty au risque de froisser le réseau ?
VC :
Avec le véhicule Ami, nous arrivons sur le marché avec quelque chose qui n’existe pas et ce doit être l’occasion d’ouvrir de nouvelles perspectives, d’être à l’écoute de nouvelles demandes, émanant notamment des plus jeunes, et de ne pas rester dans notre logique de « vieux de l’auto ». Par ailleurs, le réseau est intégré dans le dispositif et on leur présentait ce nouveau projet dans le détail le 28 février 2020. Fnac et Darty, ce sont 45 millions de visiteurs ! Mais combien d’entre eux viennent dans nos concessions ? Il y a aussi un enjeu important autour de la collecte de données. Distribution, usages, recharge, tarifs, Ami ouvre le champ des possibles autour d’un claim de véhicule urbain écologique et accessible au plus grand nombre.

Dans cette logique, pourquoi ne pas avoir sollicité Amazon ?
VC :
Qui ???

Au-delà de votre enthousiasme, vos objectifs semblent pourtant mesurés, pour quelle raison ?
VC : Parce que nous arrivons en terrain inconnu. Et j’ai été élevé à l’école Carlos Tavares, on marche avant de courir.

Mots clefs associés à cet article : Citroën

Voir aussi :

En partenariat avec le En partenariat avec CNPA
A la une
La quotidienne Auto-infos