Vincent Salimon (BMW) : « Les émissions WLTP réduisent l’écart entre les premiums et les généralistes »

Publié le par

Entretien avec Vincent Salimon, président du directoire de BMW Group France, à l’occasion du salon de Genève.

Vincent Salimon (BMW) : « Les émissions WLTP réduisent l'écart entre les premiums et les généralistes »

Auto Infos : Après un début d’année poussif, quelle est votre analyse du marché français ?
Vincent Salimon :
C’est un peu tendu mais c’est dans la logique de ce que l’on a connu en 2018. L’année passée a été un peu instable avec l’homologation WLTP notamment qui générait un manque de visibilité pour les clients. Ce qui veut dire beaucoup d’attentisme. Les premiers à avoir réagi ont été les clients grands comptes. À partir du 1er septembre, ils ont eu la visibilité nécessaire et ont commencé à repasser des commandes. Nous sommes en train de livrer aujourd’hui les voitures qui ont été commandées lors du dernier quadrimestre. Nous sommes d’ailleurs l’une des rares marques à être en progression dans le segment premium et sur le marché global.

A .I. : Quid des clients particuliers et les TPE/PME ?
V. S. :
Cet attentisme a duré jusqu’à la fin de l’année dans l’attente des réponses sur le malus et la TVS. Nous avons donc souffert en commandes pendant cette période. Tout est rentré dans l’ordre avec un malus qui baisse pour BMW. Nous verrons les effets sur les immatriculations dans les trois mois à venir.

A. I. : Le segment premium est-il en difficulté en France ?
V. S. :
Nous sommes effectivement sur un segment un peu compliqué. Malgré cette insatisfaction, nous restons premiers en vente aux particuliers et entreprises. Nous sommes en recul sur les loueurs courte durée et au niveau des véhicules de démonstration où nous avions progressé l’an passé afin d’assurer de la mobilité et des prêts de véhicules de courtoisie à nos clients qui venaient dans nos ateliers.

A. I. : Quel est votre objectif pour 2019 ?
V. S. :
Très clairement, nous souhaitons gagner des parts de segment comme l’an passé où nous avons progressé de 0,4 point et de légèrement progresser en volume. Nous devons garder cette approche de croissance profitable.

« Le BMW X3 sera le premier modèle à être disponible avec les quatre motorisations différentes »

A. I. : Comment voyez-vous la mise en place du WLTP au 1er janvier 2020 ?
V. S. :
Tout dépendra de l’évolution de la TVS et du malus l’an prochain. Les pouvoirs publics ont tenu compte du malus cette année avec le cycle NEDC corrélé. Ma conviction, c’est que globalement avec les évolutions en WLTP que nous connaissons, cela ne va pas renchérir de manière significative le coût d’utilisation des SUV. En revanche, cela risque de donner un boost au niveau des berlines et du touring sans cannibaliser les ventes en SUV. Les émissions WLTP réduisent l’écart entre les premiums et les généralistes, cela nous permettra d’aller conquérir des clients généralistes avec la Série 3 notamment.

A. I. : Est-il raisonnable pour un constructeur de tout miser sur les SUV en Europe dans les années à venir ?
V. S. :
Il est raisonnable de penser aux SUV car un constructeur a une vision globale du marché et pas uniquement en France ou en Europe. Pour pouvoir répondre à cette problématique, il faut proposer un mix de motorisations le plus large possible. C’est vraiment notre stratégie depuis deux ans. Il faut arrêter le haro sur le diesel, car cela reste la motorisation thermique la plus efficiente en termes de CO2. Mais pensons à l’hybride rechargeable aussi qui permet d’avoir un coût de TVS très compétitif et un malus égal à zéro. Nous croyons aux quatre motorisations avec cette approche globale. Nous présentons d’ailleurs sur Genève le BMW X3, qui sera le premier modèle à être disponible avec les quatre motorisations différentes.

A. I. : Vous présentez un nouvel hybride rechargeable ?
V. S. :
Oui, d’ici à la fin de l’année, nous allons renouveler dix modèles avec la quatrième génération de notre hybride rechargeable qui permet d’être plus efficient et d’avoir plus d’autonomie. Nous passons de 50 à 80 kilomètres et à moins de 50 g/km en termes de rejet de CO2.

A. I. : Songez-vous aussi à la micro-hybridation pour gagner encore quelques grammes ?
V. S. :
Oui, nous y réfléchissons. Il y aura des batteries 48 V sur les BMW à partir de 2020.

Voir aussi :

En partenariat avec le En partenariat avec CNPA
A la une
La quotidienne Auto-infos