Xerfi prévoit un ralentissement de la croissance du financement automobile en 2017

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Le cabinet d’études Xerfi s’est penché sur l’avenir du marché du financement automobile en France. Après deux années fastes, son rythme de croissance pourrait bien ralentir fortement.

Xerfi prévoit un ralentissement de la croissance du financement automobile en 2017

Dynamisée par un cycle de renouvellement du parc entamé en 2014, la production de financement automobile est au beau fixe. Après une année de forte croissance en 2015, à + 14 % et 18 milliards d’euros, cette production restera sur la pente ascendante en 2016, en hausse de 20 % pour les particuliers et de 11 % pour les professionnels. Un dynamisme encouragé par un environnement favorable : tandis que les particuliers bénéficient notamment d’une accélération de leur pouvoir d’achat et d’un bas niveau des taux d’intérêt, les professionnels profitent de conditions de financement avantageuses, du redressement de leur marge via le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et le pacte de responsabilité, mais aussi de perspectives de croissance plus favorables. Seul bémol, le Brexit, qui a accentué la volatilité des marchés financiers et peut pousser les entreprises à un comportement attentiste.

Un ralentissement prévu en 2017

Mais après deux années fastes, Xerfi prédit un net ralentissement du marché du financement automobile dans un contexte où les immatriculations devraient être moins dynamiques à l’horizon 2018. Selon les estimations du cabinet d’études, la croissance annuelle de la production de financements affectés à l’automobile sera comprise entre 3 et 5 % pour les particuliers et entre 1 et 3 % pour les entreprises l’an prochain et en 2018. La production de crédits pour l’achat de VN sera plus particulièrement pénalisée par le ralentissement des ventes de VN. En revanche, le marché du financement automobile sera soutenu les crédits pour l’achat de VO et par le financement locatif.
Déjà en 2015, les montants financés en LOA à destination des ménages se sont envolés de 40 % pour dépasser les 4 milliards d’euros. Les offres de location (location simple, LOA et LLD), déjà plébiscitées par les grandes entreprises, séduisent aujourd’hui les ménages, de moins en moins attachés à la propriété de leur véhicule. Et ceci, dans un contexte où les taux d’intérêt bas rendent ces offres plus que jamais compétitives.

Les loueurs déploient leur stratégie de concentration

Mais si les taux d’intérêt bas font bel et bien le bonheur des consommateurs, les loueurs longue durée, eux, doivent s’adapter : alors que le coût de refinancement des banques devrait rester à un seuil historiquement bas, voire baisser à l’horizon 2018, les loueurs ont dû répercuter la baisse de leurs coûts sur leurs tarifs afin de rester compétitifs. Avec, in fine, des tensions sur leur marge, qui persisteront d’ici à 2018. En conséquence, le marché de la longue durée a été le théâtre ces derniers mois d’un mouvement de concentration, impulsé par les principaux groupes bancaires. Objectif, atteindre une taille critique et peser plus lourd face aux concurrents et fournisseurs, les constructeurs mais aussi les spécialistes de l’entretien et de la réparation de leur véhicule. « La baisse de leurs marges contraint en effet les acteurs à trouver des sources d’économie », analyse Xerfi.

Le marché de la LLD se concentre aujourd’hui autour de quatre grands acteurs : Arval et ADL Automotive qui disposeront au 31 décembre de 45 % du parc automobile en LLD contre 35,6 % deux ans plus tôt (après intégration de Parcours par ALD Automotive et en excluant l’activité de fleet management), selon les prévisions du SNLVLD. Ces deux mastodontes distancent désormais la Diac (Renault) et Crédipar (PSA) qui géreront respectivement 16,1 et 16,2 % du parc d’ici à la fin de l’année.

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