90 % des Français veulent rouler plus propre… mais quand ?

Clotilde Gaillard
90 % des Français veulent rouler plus propre… mais quand ?

90 % des Français veulent rouler plus propre… mais quand ?

Réalisée par Ipsos pour le compte de Vinci Autoroutes, une nouvelle étude confirme que 9 Français sur 10 se disent prêts à verdir leurs déplacements. Cependant, le maillage en bornes de recharge et la récente baisse du bonus écologique pourraient mettre à mal ce vœu pieux.

Nos concitoyens désirent un monde plus vert, c’est un fait, mais où en est-on concrètement ? Comme le révèle les résultats d’une enquête Ipsos/Vinci Autoroutes, réalisée auprès d’un échantillon de 4 000 personnes représentatif de la population active et parue au cœur de l’été, 90 % des sondés souhaitent pouvoir réduire l’impact écologique de leurs déplacements quotidiens.

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Alors que la même proportion avoue avoir conservé le même moyen de transport qu’avant la crise sanitaire, avec une appétence prédominante pour la voiture individuelle (65 %), 54 % se déclarent en effet conscients de l’impact négatif de leur mode de déplacement sur le climat. Par conséquent, environ 1 actif sur 2 se donne moins de 5 ans pour adopter des moyens de transport moins polluants (55 %). Plus d’un quart (28 %) souhaite même y arriver en moins de 2 ans.

Les contours flous d’une électromobilité généralisée

En tant que solution alternative, la voiture électrique apparaît comme le choix numéro 1 puisque la moitié des sondés assure se sentir prête à passer à la voiture électrique et 1 sondé sur 5 prévoit d’en acheter un d’ici 5 ans. Or, à l’heure actuelle, seuls 4 % des actifs disposent d’un véhicule électrique au sein de leur foyer. De l’envie ou la réflexion d’achat à la prise de décision réelle il semble donc y avoir quelques obstacles à franchir. Pour 73 % des personnes interrogées une incitation fiscale s’avère déterminante. Néanmoins, avec la baisse du bonus écologique au 1er juillet dernier pour les particuliers, les immatriculations de modèles électrifiés ont chuté, augurant peut-être un ralentissement de ce marché « branché » pour l’avenir.

D’autant que, pour 68 % des sondés, la multiplication des bornes de rechargement serait aussi un point crucial. Parmi les fortes attentes de ces derniers à l’égard des infrastructures de recharge, ainsi que des services et équipements dans ce domaine, 56 % souhaitent des vitesses de charge plus rapides, 38 % des tarifs de recharge plus avantageux et 31 % plus de bornes de recharge sur les aires d’autoroute – qui sont utilisées au moins une fois par semaine par plus de 25 % des sondés.

Malheureusement, en parallèle de ces louables desideratas, les espoirs en matière de points de charge peinent à atteindre les 100 000 bornes prévues avant la fin de l’année car il en reste environ 69 000 à déployer selon les chiffres de l’Avere-France. Autres leviers invoqués par le panel de l’étude pour l’adoption d’un VE, l’accès à un véhicule thermique pour les longs trajets est cité par 54 % des sondés et la gratuité du stationnement dans les villes par 61 %. L’instauration des ZFE, elle, ne semble encourageante que pour 49 % d’entre eux. À noter que la voiture à hydrogène figure aussi comme une solution à explorer pour 30 % de l’échantillon.

Vélo-boulot-dodo

Pour réduire les impacts environnementaux de leurs déplacements domicile-travail, les actifs interrogés par l’étude Ipsos/Vinci Autoroutes plébiscitent encore une fois le véhicule électrique ou hybride (35 %). Toutefois, celui-ci se voit talonné de près par un recours plus fréquent à la marche à pied ou au vélo (34 %). En ce qui concerne les vacances et les week-ends, un quart des sondés affirment vouloir se déplacer plus fréquemment et plus loin une fois la crise sanitaire résorbée. Des déplacements qui se feront majoritairement en voiture pour près de 7 actifs sur 10, preuve que la dépendance à ce mode de transport plutôt polluant met à mal les bonnes volontés.

Du côté des mobilités collectives et partagées, enfin, la mise en place de lignes d’autocars régulières sur autoroute ou voie rapide partant d’un parking situé non loin des habitations, pourrait constituer une mesure attrayante pour 47 %. Quant au covoiturage, 42 % seraient prêts à utiliser une offre de cet acabit avec des voies réservées sur autoroute ou voie rapide aux heures de pointe. Maintenant que les consciences sont donc parées à s’adapter aux évolutions, ne reste plus qu’à entreprendre les chantiers qui s’y rapportent.

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