À Paris, les trottinettes sont sur la sellette

À Paris, les trottinettes sont sur la sellette

Faisant partie de la famille des engins de déplacements personnels motorisés (EDPM) avec les gyropodes et les monoroues, les trottinettes électriques connaissent des accidents en hausse de 38 % par rapport à 2021.

© Dott

Le sort des trottinettes en libre-service au sein de la capitale se jouera le 2 avril prochain. Si Anne Hidalgo, la maire de Paris, s’est dite favorable à les voir disparaître, elle laissera en effet le soin aux Parisiens de se prononcer sur leur maintien (ou non) dans les rues de la ville lors d’un vote.

Si le printemps est généralement synonyme de renaissance, le mois d’avril 2023 pourrait bien marquer la fin des trottinettes électriques en libre-service dans Paris. L’édile et ex-candidate du PS à la présidentielle a en effet annoncé, lors d’un entretien accordé au journal Le Parisien samedi 14 janvier, que les Parisiens seraient appelés à trancher la question « continue-t-on ou pas avec les trottinettes en libre-service ? » lors d’un vote qui se tiendra le dimanche 2 avril prochain.

Ce référendum simplifié, qui se fera « dans les bureaux de vote sur la base des fichiers électoraux », fait suite à une récente consultation des habitants. Cette dernière aurait démontré combien le cas de ces engins de déplacement était « très clivant », affirme Anne Hidalgo.

De solutions de mobilité à sources de danger ?

Selon les chiffres des opérateurs de la capitale (qui ne sont plus qu’au nombre de trois depuis juillet 2020, à savoir Lime, Dott et Tier), les utilisateurs de trottinettes sont plutôt jeunes – 33 ans en moyenne – et résidents du Grand Paris pour 85 % d’entre eux. Faisant partie de la famille des engins de déplacements personnels motorisés (EDPM) avec les gyropodes et les monoroues, les trottinettes électriques connaissent également des accidents en hausse de 38% par rapport à 2021, selon les chiffres de la préfecture de police de Paris. Selon la même source, les pilotes d'EDPM sont aussi considérés comme responsables des accidents dans 72 % des cas. Un bilan qui pousse David Belliard, premier adjoint à la mairie de Paris, a pointé du doigt, sur Twitter, l’insécurité induite par ces solutions de mobilité douce et principalement ressentie par les piétons.

Les trottinettes accusées de ne pas être écolos

Dans son tweet, cet écologiste en charge de la transformation de l’espace public et des transports souligne également que les trottinettes électriques en libre-service ne seraient pas écologiques. Un discours que l’on retrouve également en préambule du site Apaisonsnosrues.fr dont l’élu se fait le relais. Cette accusation, doublée d’un reproche selon lequel « les salariés de ces sociétés [les opérateurs] ne sont pas correctement protégés », semble toutefois bien étrange quand on sait que les trottinettes sont électriques. Sans oublier que celles des particuliers, elles, ne posent « pas de souci », d’après Anne Hidalgo.

Blâmées pour leur manque de sécurité et l’incivilité de ses utilisateurs qui roulent sur le trottoir ou les garent n’importe où, les trottinettes électriques en libre-service sont dans le viseur de la mairie de Paris (mais aussi d'autres villes) depuis longtemps. Fin septembre, Lime, Dott et Tier, qui totalisent ensemble une flotte de 15 000 véhicules, s’étaient déjà vu menacer de ne pas voir renouveler leur contrat – qui arrive d’ailleurs à échéance… fin mars. Pour ne pas se trouver expulsés de la très touristique capitale française, les trois opérateurs avaient alors proposé, fin novembre, onze pistes d’amélioration. Parmi elles, l’application d’une plaque d’immatriculation pour faciliter la verbalisation des utilisateurs en infraction ou une vérification de l’âge des usagers pour Dott.

Un « code de la rue » attendu pour juin

Afin de calmer les tensions naissant de la difficile cohabitation entre plusieurs modes de mobilité au sein de la capitale, la maire Anne Hidalgo a également annoncé qu’une assemblée citoyenne travaillait actuellement sur un « code de la rue, [qui] sera présenté en juin ». Ce texte en préparation ne résoudra sans doute pas toutes les problématiques urbaines mais il pourra peut-être s’avérer plus efficace que l'action de priver les Parisiens d’un mode de transport alternatif et plus propre que l’automobile, surtout à l’heure où les ZFE entendent faire disparaître la voiture des centres-villes. Mieux vaut donc encadrer avec plus de fermeté ce type de mobilité partagée plutôt que de le supprimer définitivement. Par précaution, les opérateurs de trottinettes ont, quant à eux, diversifié leurs services en se tournant, notamment, vers le vélo – 150 cycles de Dott viennent d’ailleurs d’être déployés à Aubervilliers.

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