À propos de la voiture électrique, « il faut arrêter de pleurer sur le lait renversé », selon Bruno Le Maire

À propos de la voiture électrique, « il faut arrêter de pleurer sur le lait renversé », selon Bruno Le Maire

Le ministre de l'Économie et des Finances a rappelé le plein soutien de l'État à la filière automobile.

© Auto Infos

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances a rappelé, lors du sommet automobile organisé par la PFA, le plein soutien de l’État et des pouvoirs publics pour accompagner la filière automobile vers l’électrique. Le ministre a également profité de cet événement pour mettre les constructeurs et l'Union européenne face à leur responsabilité pour réussir cette mutation.

 

« L’automobile est un facteur de liberté », a souligné Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances. Rappelant que « la bascule du thermique à l’électrique est telle qu’aucune industrie au monde n’est confrontée à une telle transformation. Il est nécessaire de faire les bons choix et ne pas se tromper ».

« Il fait arrêter de pleurer sur le lait renversée » 

Et d’ajouter : « On peut regretter le choix européen d’une seule technologie adoptée mais il faut arrêter de pleurer sur le lait renversé et aller vers la voiture électrique avec des technologies nouvelles ». Un message assez clair qui pourrait s'adresser directement à Carlos Tavares, CEO de Stellantis, qui rappelle, depuis quelques jours, dans chaque de ses interviews, que le choix européen est un choix politique et dogmatique. Le dirigeant de Stellantis tenant souvent ce double discours de l'organisation de son entreprise vers l'électrique tout en déclarant que le choix politique n'est pas le bon. Les déclarations politiques de Carlos Tavares ont peut-être fini par agacer l'État...

« Nous pensons que l'Union européenne a pris des décisions dogmatiques, naïves et qui manquent de pragmatisme, a en effet déclaré le dirigeant de Stellantis. On est en train de dérouler un tapis rouge aux constructeurs chinois ».

Les constructeurs et l'Union européenne doivent jouer leur partition

« Pour réussir, il faut que tous des acteurs soient à leur place et que chacun joue pleinement son jeu et sa responsabilité : l’État, les constructeurs, les sous-traitants et l’Union européenne. Au niveau de l’État et des pouvoirs publics, nous allons continuer à soutenir l’industrie automobile de manière totale ». Et d'ajouter : « Cela passe aussi par l’attractivité des territoires pour créer des emplois industriels dans les régions. Nous allons créer un environnement favorable à l’industrie automobile. Nous allons encore accélérer ».

Relocaliser la production industrielle en France

Au niveau des entreprises, le ministre a rappelé que celles-ci avaient également un rôle à jouer. « À partir du moment où l’État met en place une politique de relocalisation, nous attendons de ces entreprises qu’elles relocalisent leur outil de production en France ». Et d’ajouter : « Nous avons rattrapé nos écarts de coûts tandis qu’il faut tenir compte du coût environnemental d’une délocalisation. Je tiens à saluer les premières annonces faites par Stellantis et Renault mais il devra y en avoir d’autres ».

Le ministre de l’Économie a rappelé aux constructeurs français que ces annonces allaient dans la bonne direction mais ce n’était encore qu’un premier pas. D’autres annonces devraient suivre, selon Bruno le Maire. Tout en rappelant qu’il était « nécessaire d’accompagner les PME et d’être solidaires de leurs sous-traitants. Nous devons cesser avec des comportements trop agressifs. Un engagement des constructeurs vis-à-vis des sous-traitants est également attendu par les pouvoirs publics ».

Favoriser l’aide à l’innovation en Europe

Le ministre a invité l’Union européenne à mettre en place une préférence européenne. Au niveau des aides à l’innovation, Bruno Le Maire a rappelé que l’Europe devait aller beaucoup plus vite et prendre ses décisions de soutien au même rythme que la Chine ou les États-Unis.

Protéger la production de batteries électriques décarbonées en Europe

Au niveau du règlement sur les batteries, le ministre a rappelé « l’engagement de la production en France et en Europe de nos propres usines de production de batteries ». « Si nous produisons nos propres batteries tout en laissant l’Europe se faire inonder par les batteries produites dans des conditions déplorables, cela ne sert à rien. Il faut protéger nos batteries plus coûteuses contre des batteries sales et moins coûteuses », a-t-il ajouté.

Réserver le bonus à des véhicules produits en Europe

« Nous voulons une industrie décarbonée sans nous laisser envahir par les autres », a rappelé enfin Bruno Le Maire. Des mesures protectionnistes que la France souhaite aligner à celles des États-Unis et de la Chine en la matière. Le ministre a appelé « à une réciprocité avec ces deux pays. Il faut appliquer la même politique et réserver nos bonus à des véhicules produits sur le sol européen ». Dans la pratique, la France cherchera à convaincre l’Allemagne sur ce sujet ce qui ne devrait pas être facile. Restera à savoir si la France serait prête à prendre une décision unilatérale sur le sujet en cas de refus de l'Allemagne.

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