Affaire Bridgestone : Christophe Rollet (Point S) met les points sur les i

Alexandre Guillet

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Affaire Bridgestone : Christophe Rollet (Point S) met les points sur les i

Affaire Bridgestone : Christophe Rollet (Point S) met les points sur les i

Alors que la fermeture de l’usine de pneus Bridgestone de Béthune fait la Une, Christophe Rollet, président de Point S, recadre les débats et bat en brèche quelques idées reçues. À ses yeux, les fermetures d’usines de pneus ne sont pas dues à une surproduction ou à la concurrence chinoise, mais aux surcoûts et aux taxes qui pénalisent trop les entreprises.

Sur des débats de société, souvent liés à la qualité de vie au travail des salariés ou à la fiscalité des entreprises, Christophe Rollet, président de Point S, assume régulièrement des prises de position tranchées et pertinentes, rappelant que le monde ne se résume – heureusement – pas à une binarité Medef versus CGT. Chacun garde en mémoire sa tribune dénonçant la tentation d’une généralisation du travail le dimanche, par exemple.

Et si la Chine avait bon dos ?

Cette fois, Christophe Rollet dénonce les fausses explications des fermetures d’usines de pneumatiques, en écho à l’annonce relative au site de Bridgestone de Béthune. Il déclare ainsi : « Les annonces de fermetures d’usines de pneus se succèdent en France. Parmi les principales raisons avancées par les manufacturiers : une surproduction et la concurrence chinoise. Ces arguments ne sont pas valables ! En effet, les manufacturiers évoquent des surcapacités de production. Il y aurait des milliers de pneus en stock qui ne trouvent pas de clients… Ce n’est pas la bonne raison ! Chez Point S, qui achète des millions de pneus par an, nous avons au contraire du mal à nous faire livrer, et nous ne sommes pas les seuls. Il y a sans cesse des pénuries de pneus chez les fabricants de pneus premium, notamment depuis début 2020. » Et d’ajouter : « Les manufacturiers évoquent également la concurrence des pneus chinois sur le marché français. Chez Point S, nous n’en vendons pas ! Le marché du pneu en France est un marché majoritairement premium, les pneus chinois low cost ne représentent pas la majorité des volumes écoulés, pas de quoi ébranler des leaders du secteur. »

La crise sanitaire n’a pas paralysé tout le marché

Et de poursuivre en pourfendant « l’excuse » du Covid, à ses yeux éhontée : « Le marché du pneumatique en France est stable, à environ 30 millions de pneus. Ceux qui évoquent une chute abyssale du marché due à la crise sanitaire se moquent du monde ! Les Français n’ont d’ailleurs jamais autant utilisé leur voiture pour partir en vacances cet été. Avec 570 centres spécialisés dans le pneumatique et l’entretien auto en France, nous mesurons bien le rebond de l’activité depuis le déconfinement. »

Favoriser l’investissement et une meilleure redistribution salariale

Loin de juger que les industriels sont coupables de la situation, il justifie celle-ci par des arguments macro-économiques, le poids des taxes en tête. « Les entreprises sont étouffées par la pression fiscale, que ce soit sur les charges salariales ou l’impôt sur les sociétés, qui n’est toujours pas au taux promis ! Le taux d’imposition est beaucoup trop élevé et empêche les entreprises d’investir, d’embaucher, de mieux rémunérer… ou de sauver des emplois. Les manufacturiers ne vont pas réduire leur production, ils vont la délocaliser dans des pays, pas forcément très éloignés, pour réduire leurs coûts.
Quand on entend certains politiques s’agiter pour dénoncer des “ fermetures scandaleuses et inacceptables ”, il serait plus profitable qu’ils travaillent à construire un nouveau modèle économique qui permette aux entreprises de produire en France. La pression que subissent les entreprises n’est plus acceptable, qu’elles soient des ETI ou de gros groupes. Il est temps que l’État gère mieux ses dépenses et leur donne plus de maniabilité pour investir et pour rémunérer à sa juste valeur le travail de leurs salariés. Moins de fiscalité, moins de charges sociales entraînera plus d’investissement et de redistribution salariale. Une vraie politique sociale et salariale passe obligatoirement par les sociétés qui les emploient. Il est temps de ne plus opposer les deux
», lance-t-il.

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