André Courtois (Weinmann Technologies) : « Il faut donner de bons ateliers aux jeunes générations »

Frédéric MARTY

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André Courtois (Weinmann Technologies) : « Il faut donner de bons ateliers aux jeunes générations »

André Courtois, dirigeant de Weinmann Technologies.

© Weinmann

André Courtois a repris Weinmann Technologies en 2015, après une carrière passée en grande partie dans le monde de la carrosserie-peinture automobile. Passé par de grands fabricants de peinture et par l’enseigne AD Carrosserie, André Courtois apporte son expérience, sa vision du secteur et son enthousiasme à une entreprise réputée pour la qualité et la fiabilité de ses cabines depuis un demi-siècle.

Auto Infos : Quelle est votre vision de l’activité carrosserie aujourd’hui ?

André Courtois : Nous vivons une véritable révolution dont on ne parle pas suffisamment. Les réparations sont de plus en plus complexes, non seulement avec l’arrivée des Adas mais surtout avec la multiplication des nouveaux matériaux. Les nouvelles tôles et les procédés de collage et de soudage nécessitent des compétences spécifiques et des formations adéquates. Il existe un décalage entre le métier et la technologie des véhicules. L’arrivée des véhicules électriques a accéléré ce décalage. Il y a un véritable manque de personnel qualifié.

A. I. : Comment expliquez-vous ce décalage ?

A. C. : Les métiers de la carrosserie ont été abandonnés pendant des décennies. Dans les réseaux constructeurs, les peintres étaient les derniers à partir en formation. Ce n’était pas mieux chez les carrossiers indépendants. Aujourd’hui, il faut attirer les jeunes vers nos métiers. Nous avons les atouts nécessaires.

A. I. : Comment faire pour attirer ces jeunes ?

A. C. : La carrosserie reste encadrée par les assureurs, notamment en matière de prix. La solution consiste à transformer les ateliers pour les rendre plus performants et plus attractifs pour leur personnel. Cela passe par une plus grande productivité et donc davantage de volumes. C’est un cercle vertueux.

A. I. : Pensez-vous que l’écart se creuse entre les carrosseries ?

A. C. : Oui en effet. Sur 10 000 cabines en France, près de la moitié ont plus de 25 ans. À titre d’exemple, 15 % de ces cabines fonctionnent au fioul. Lorsqu’on compare ces établissements avec les carrosseries les plus modernes, l’écart est énorme. Pourtant, il s’agit bien du même métier.

A. I. : Pensez-vous que les carrossiers ont compris la nécessité de cette évolution ?

A. C. : Certains l’ont bien compris en tout cas ! J’ai été frappé récemment lors du dernier congrès Five Star par le nombre de carrossiers qui m’ont abordé pour refaire leur atelier. Beaucoup de chefs d’entreprises franchissent le pas et certains le font pour préparer l’avenir avant de céder leur affaire à la jeune génération. Dans le même temps, les groupes de distribution se sont déjà lancés dans la construction d’ateliers très performants et de centres de reconditionnement pour les véhicules d’occasion. Un autre domaine en pleine explosion pour la carrosserie. Nous ne manquons pas de travail !

A. I. : Quels atouts recherchent vos clients dans vos cabines ?

A. C. : Weinmann est une entreprise très tournée vers la R&D. Tout est fabriqué en France. J’y tiens. En Alsace, nous bénéficions d’un beau réseau d’entreprises spécialisées. Nous conservons en interne les éléments clés que sont les automates, les tableaux de commande et les brûleurs. Nous sommes plus chers que nos concurrents mais nos cabines sont de meilleure qualité et plus fiables. Nous avons les coûts d’entretien les plus bas du marché et nos technologies permettent d’économiser de l’énergie.

A. I. : Au-delà des cabines, vous concevez donc des ateliers dans leur globalité…

A. C. : C’est ce que j’ai apporté en arrivant chez Weinmann. Nous ne vendons pas de cabines mais des conceptions d’ateliers. Nous nous basons sur les besoins de nos clients pour leur proposer un projet que nous suivons de A à Z. Nous sommes même présents après l’entrée en fonction de l’atelier.

A. I. : Pourquoi avez-vous décidé de connecter vos cabines ?

A. C. : La nouvelle gamme de cabines connectées I-Line utilise le logiciel Repair Soft, développé par Romuald Rozet pour ses carrosseries CDR Group. Cela permet de suivre en temps réel l’activité de l’atelier, de mesurer les taux d’occupation, d’optimiser la performance économique, de maîtriser les coûts et les consommations d’énergie. Ce sont des indicateurs précieux pour le chef d’entreprise mais c’est aussi un atout pour faire revenir les jeunes dans les ateliers. Il faut donner de bons ateliers aux jeunes générations et remettre un peu de noblesse dans ce métier.

Davantage de détails sur les cabines connectées présentées par Weinmann ici.

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