Attirer les talents par la e-réputation de l'entreprise

François Rotteleur
Attirer les talents par la e-réputation de l'entreprise

Attirer les talents par la e-réputation de l'entreprise

Le changement d’entreprise a toujours été ressenti comme risqué à celles ou ceux qui n’y sont pas contraints. L’arrivée des congés d’été et la conjoncture incertaine n’arrangent sans doute rien à l’affaire, pourtant les entreprises recrutent et nous sommes toujours fortement sollicités pour palier un départ, organiser l’afflux estival ou participer à la mise en place d’un service ou d’une prestation complémentaire.

La capacité d’une entreprise à capter ses futurs collaborateurs devient plus que jamais cruciale pour sa performance. D’après nos constats sur les motivations exprimées par les candidats reçus du moment, ce sont l’image de l’entreprise convoitée et celle de ses dirigeants qui prédomineraient dans les choix de mobilité, aux dépens de la marque représentée et des avantages offerts lors de l’intégration, à enveloppe globale plus ou moins comparable s’entend. La réputation et davantage aujourd’hui l’e-réputation des entreprises, comptent parmi les principaux leviers stratégiques pour recruter de nouveaux collaborateurs. Sur les réseaux, tous peuvent s’exprimer, générer du contenu et diffuser de l’information. L’importance toujours croissante des consultations des avis et commentaires disponibles le prouve. Le « e-bouche-à-oreille » plus ou moins contrôlé qui en résulte est devenu la principale matière avec laquelle un futur collaborateur se forgera son idée, motivera sa démarche ou confirmera son choix.

Dans le cadre de beaucoup de recrutements récemment menés, les recruteurs confirment cette tendance. Les postulants consulteraient presque systématiquement les profils LinkedIn des salariés de l’entreprise visée pour tenter d’entrer en contact avec un collaborateur ou un manager en poste et ainsi se rapprocher des structures pour récolter des informations complémentaires, avant même parfois d’avoir rencontré un décideur. Au-delà des informations officiellement fournies, il apparait qu’ils tenteraient généralement d’en savoir plus sur les salaires, le management, la culture, l’environnement de travail ou le développement professionnel. Ces données sont d’autant plus faciles à obtenir que de plus en plus de salariés se montrent fiers de communiquer à propos de leur entreprise sur les réseaux sociaux. Attention cependant à ces échanges spontanés. Selon une dernière étude, si 2/3 des internautes prendraient la parole positivement, 1 salarié sur 5 se montrerait critique envers son entreprise. Le risque que certains de ces collaborateurs utilisent ce biais comme alternative aux canaux de protestation traditionnels pour se faire plus entendre est bien réel. Si la plupart de ces échanges n’ont pas pour objectif de porter volontairement préjudice aux structures, l’enjeu pour l’entreprise est tout de même de les maîtriser au mieux, pour éviter les polémiques néfastes à la captation de nouveaux talents.

Quand la communication des salariés fait le bonheur des candidats, les entreprises ont intérêt à réagir pour donner à leurs salariés connectés un vrai rôle d’ambassadeur et ainsi les mobiliser et les encourager dans leurs communications volontaires et positives. Comme dans la cooptation, les témoignages de collaborateurs sont une valeur sûre et crédible. Ils permettent de se démarquer sur le marché de l’emploi. La qualité d’une bonne réputation passant maintenant par ces nouveaux porte-paroles et leurs conversations sociales, il conviendrait surement par une forme de codification de mieux garantir un usage professionnel approprié de l’Internet communautaire pour s’assurer un discours respectueux et responsable. Il existe encore des sites spécifiques permettant d’évaluer son employeur, ces plateformes recueillent les avis, évaluations et commentaires des salariés en poste sur leur entreprise et proposent ces informations aux candidats souhaitant les connaître avant de se lancer dans un processus de recrutement mais l’e-réputation, qui repose sur le marketing viral et le bouche-à-oreille dématérialisé, garde la prédominance de son impact au travers des réseaux.

Les structures doivent ainsi encore mieux intégrer la vie sociale virtuelle de leurs salariés afin de maîtriser au mieux leur réputation. Une mauvaise compréhension ou interprétation d’un post sur un manager trop envahissant, un collègue un peu lunatique, des missions jugées inappropriées ou une augmentation refusée, peut être néfaste pour l’image de marque de la société. Mais si l’e-réputation de l’entreprise est tributaire de la parole des internautes, elle implique tout autant ceux qui portent cette même parole : les profils, communications et activités des candidats sur la toile sont une manne d’informations pour l’employeur. Un discours trop agressif, irrespectueux ou irresponsable pourrait bien desservir le futur postulant.

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