Automobile : un consensus des candidats à la présidentielle 2022 autour du rejet du tout-électrique pour 2035

Christophe CARIGNANO
Automobile : un consensus des candidats à la présidentielle 2022 autour du rejet du tout-électrique pour 2035

Le 14 mars 2022, les candidats à la présidentielle répondaient aux questions de la filière automobile.

© Mobilians

Lors de leur grand oral, à Paris, salle Gaveau, le 14 mars 2022, les candidats ont détaillé, face aux acteurs de la filière automobiles, leur vision future de l'automobile et des mobilités. Un consensus se dégage autour du refus du véhicule tout-électrique à l'horizon 2035, échéance à laquelle l'Union européenne propose la fin de la commercialisation du véhicule thermique. 

 

À l'initiative de Mobilians, la PFA, la Fiev et la CSIAM, les candidats et leurs représentants à l'élection présidentielle française étaient réunis le 14 mars 2022 à la salle Gaveau, à Paris. Organisée par les équipes de Mobilians et animée par le journaliste Pierre de Vilno, cette journée aura permis à neuf des douze candidats à l'élection présidentielle de répondre aux questions posées par les acteurs de la filière automobile amont et aval.

L'automobile et la mobilité : un sujet essentiel

On retiendra tout d'abord que l'automobile et la mobilité dans son ensemble est un sujet incontournable et porteur pour l'ensemble des équipes des candidats. En ouverture de ce grand oral, le ministre des Finances et de la Relance, Bruno le Maire, qui représentait le Président-Candidat, Emmanuel Macron a notamment rappelé qu'il « fallait alléger le poids fiscal qui pèse sur les industries hautement consommatrices de capital comme l'automobile. Nous ferons une stratégie de baisse des impôts de production. Nous maintiendrons le crédit impôt-recherche ». De son côté, Anne Hidalgo ne concède apprécier la voiture qu'à travers son père. « Mon papa était fou de sa voiture, il la bichonnait, a-t-elle déclaré. Sa Citroën Ami 6, représentait la liberté et une certaine réussite sociale. Je me déplace en voiture. Je suis venu en voiture électrique [aujourd'hui] avec une petite Renault Zoe ».

En revanche, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, qui représentait Valérie Pécresse du parti Les Républicains, a affiché clairement son soutien à l'automobile : « Nous sommes dans le camp de celles et ceux qui font la promotion de l'automobile. En matière d'automobile (amont et aval), Valérie Pécresse n'est pas adepte du "en même temps". Nous sommes dans le camp de ceux qui font la promotion de l'automobile, pas seulement pour sa dimension économique à l'emploi, mais aussi pour sa dimension d'objet de plaisir ».

Un consensus : le rejet du tout-électrique

En dehors des positions idéologiques des uns et des autres sur un grand nombre de sujets liés à l'environnement et aux nouvelles mobilités, un début de consensus se dégage tout de même de cette journée. C'est assez frappant de constater qu'après la crise sanitaire, la crise actuelle des semi-conducteurs et celle liée aux matières premières avec la guerre en Ukraine, le projet européen Green Deal du tout-électrique à partir de 2035 ne fait plus vraiment l'unanimité.

« Nous ne sommes pas pour la solution 100 % électrique : il y a différentes pistes pour l'avenir. La piste de l'hydrogène décarboné est par exemple prometteuse », a affiché clairement Éric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis et représentant de Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France Insoumise. Une idée partagée par Jean-Philippe Tanguy pour Marine Le Pen - Rassemblement National : « Nous reverrons la stratégie européenne en remettant à plat les souhaits technologiques soutenus par l'UE. Pour le mix-énergétique, nous allons trop rapidement vers l'électrification systématique des véhicules. Ne sacrifions pas le thermique sinon la voiture deviendra un produit de luxe très rapidement ».

Xavier Bertrand défend de son côté l'hybride comme solution intermédiaire de passage à l'électrique même si chacun sait aujourd'hui qu'elle n'est pas parfaite, loin de là. « 2035, ça ne peut pas être pour le tout-électrique. L'hybride a sa place. les calendriers sont intenables pour une partie de nos concitoyens, notamment ceux des classes inférieures ».

L'électrique et l'hybride en même temps

Seule voix un peu dissonante, Anne Hidalgo qui souhaite passer directement de l'électrique à l'hydrogène : « Une fois élue, ma première mesure sera de programmer la sortie des moteurs thermiques pour passer à l’hydrogène », a-t-elle déclaré.

« Nous défendrons la neutralité technologique pour accorder au secteur automobile stabilité et visibilité dans ses investissements. À trop vouloir diriger vers l'électrique nous sommes sur le point de détruire un outil puissant remarquable : personne ne peut prévoir le futur technologique d'une industrie » a déclaré Sébastien Pilard pour Éric Zemmour – Reconquête !

Bruno le Maire pour Emmanuel Macron - Ensemble citoyens ! « Je ne dis pas que véhicules électriques. Nous nous battons pour que dans les textes européens soit inscrite la neutralité écologique. L'électrification des usages demande une production électrique décarbonnée plus importante. Ca veut dire ouvrir six nouveaux réacteurs nucléaires, développer les énergies renouvelables et faire preuve de sobriété de consommation, un point de passage obligé du succès de la transition climatique. » Et d'ajouter : « Je souhaite que le plus rapidement possible, on puisse obtenir de la visibilité sur la mise en œuvre de Fit for 55. Est-ce qu'on va dans une direction, que je crois mauvaise, en imposant une technologie ? Nous irons dans le mur car nous ne saurons pas faire et nous priverons nos concitoyens de la liberté de mouvement. Ou alors nous laissons aux industriels la liberté de définir la technologie. L'hybride et l'hybride rechargeable me paraissent une meilleure option et ce combat-là, il faut le livrer tout de suite. »

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