Reportage

Avec sa Factory VO, Renault vise les 45 000 véhicules reconditionnés

Yelen BONHOMME-ALLARD
Avec sa Factory VO, Renault vise les 45 000 véhicules reconditionnés

Le groupe Renault envisage d’atteindre les 180 VO journaliers, soit 45 000 unités par an à l’horizon 2023.

© Renault

Face à la croissance du marché de l’occasion, le groupe automobile français a créé sa propre usine de reconditionnement sur le site de Flins-sur-Seine (78), centre névralgique de l’économie circulaire du groupe pour l’Europe. D'autres sites sont amenés à voir le jour, comme à Séville dès l'année prochaine.

Dans le cadre du premier anniversaire de la Refactory, le groupe Renault a ouvert les portes de sa Factory VO, la première usine en Europe spécialisée dans le reconditionnement de véhicules d’occasion à l’échelle industrielle. « Pour moi, la Factory VO est un merveilleux exemple de la raison d’être de de Renault, commente Jean-Dominique Senard, président du conseil d’administration de Renault Group. Elle se résume dans une phrase : nous voulons faire battre le cœur de l’innovation pour que la mobilité nous rapproche les uns des autres. Nous sommes en train d’organiser à travers cette économie circulaire ce que sera le grand principe de la mobilité dans les années qui viennent ».

Opérationnel depuis septembre dernier, le site s’étend sur une surface de 11 000 m2 et emploie actuellement 160 collaborateurs. Il a été conçu dans le but de reconditionner tous les types de véhicules, toutes marques confondues – pour l’instant au réseau du groupe avant une ouverture au monde de la distribution dès 2022 – et répond à un processus entièrement digital, capable d’assurer la traçabilité et le suivi en temps réel des étapes de remise en état. Si 70 véhicules d’occasion sont reconditionnés par jour actuellement, le groupe Renault envisage d’accélérer la cadence afin d’atteindre les 180 unités journalières, soit 45 000 voitures par an à l’horizon 2023. Afin de diminuer les coûts et de réduire l’impact sur l’environnement, le groupe mutualise les flux logistiques en chargeant à bord des huit camions de transport quotidiens les véhicules neufs et les véhicules d’occasion. « Cela représente une économie d’une centaine de camions par mois, souligne l’un des membres de l’usine. Le seul véritable coût concerne l’acheminement des véhicules. Une fois sur place, tout est internalisé. En reconditionnant les VO à Flins, nous libérons de place dans les ateliers de nos concessionnaires qui peuvent davantage se consacrer aux particuliers ».

Toujours dans cette même logique financière et temporelle, le contrôle technique est intégré sur les quatre lignes de production. L’entité au losange assure que les standards qualités des véhicules reconditionnés sont les mêmes que pour des véhicules neufs. Notons que la Factory VO bénéficie de boucles courtes de pièces et matières provenant des filiales du groupe (comme Gaia, Indra et Choisy) afin de limiter autant faire se peut le remplacement de pièce au profit de la réparation. Le site est également équipé d’un scanner de pointe favorisant une inspection virtuelle à 360 degrés. Les photos et vidéos sont directement envoyées au réseau qui gagne ainsi deux jours sur la publication de ses annonces de vente en ligne. Grâce à cette usine, le groupe reconditionne un véhicule en 8 jours (10 jours en comprenant le transport) contre 21 jours ordinairement.

Flins, Séville et après ?

À l’instar de Flins, le groupe Renault compte étendre son nouveau modèle industriel à d’autres territoires comme Séville. Déployée entre 2022 et 2024, l’usine espagnole s’étendra sur une superficie de 5 000 m2 et s'articulera autour de quatre pôles d’activités depuis la maintenance jusqu’au recyclage afin d’accompagner toute la vie du véhicule : Re-Trofit, Re-energy, Re-cycle et Re-Start. « C’est le sens de l’histoire pour moi. On va déjà réussir ces deux usines, mais il n’y a pas de raison pour qu’on ne l’étende pas encore par la suite », confesse Jean-Dominique Senard. Le groupe Renault espère un retour sur investissement d’ici à un an et demi. « J’espère que le VO sera un business rentable, ajoute Luca de Meo. Très peu d’acteurs investissent comme nous le faisons sur ce marché. Si nous sommes capables de faire fonctionner ce nouveau business, ce sera une meilleure option que de fermer le site de Flins car contrairement à ce l’on pense cela coûte également très cher de tout arrêter ». Le dirigeant se dit également intéressé par le projet d’Emil Frey France et BCAuto Enchères qui comptent ouvrir cinq centres de reconditionnement de VO en France d’ici à 2024. « Il y a de la place pour tout le monde ».

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