
Les administrateurs d’Axial se sont fortement impliqués dans la préparation du congrès 2026 organisé à Cannes pour les 40 ans du réseau. Durant l’événement, ces carrossiers indépendants ont également témoigné de leurs missions et des actions menées auprès de leurs confrères adhérents.
© Décision Atelier
Alors qu’il célèbre cette année ses 40 ans, Axial entend renforcer l’accompagnement de ses quelque 370 adhérents dans une conjoncture marquée par de fortes disparités d’activité et des marges sous pression. Le réseau de carrossiers indépendants concentre ses travaux sur l’optimisation des achats, l’appropriation des outils numériques, la formation et la généralisation de la démarche Réparer Durablement. Plusieurs projets doivent entrer dans une phase opérationnelle d’ici à la fin de 2026 et se prolonger en 2027.
Fondé en 1986 par des carrossiers souhaitant structurer et professionnaliser leurs entreprises, Axial a profité de son congrès anniversaire pour mettre en perspective le chemin parcouru et les transformations encore nécessaires. Quarante ans après sa création, les problématiques ont évolué, mais l’accompagnement des ateliers demeure au centre du fonctionnement d’un réseau toujours administré par des professionnels de la carrosserie. Axial aborde la fin de l’année avec un nombre d’adhérents globalement stable et un solde légèrement positif. Cette situation ne reflète toutefois qu’imparfaitement les difficultés rencontrées par certaines entreprises. L’activité apparaît très variable selon les régions, avec une succession de périodes hautes et basses qui rend les tendances difficiles à mesurer. Certains territoires conservent une charge de travail soutenue, tandis que d’autres subissent un ralentissement plus marqué. Les zones ayant bénéficié pendant plusieurs années d’un volume important de réparations liées aux épisodes de grêle sont notamment confrontées à un retournement plus brutal. L’augmentation du nombre d’acteurs intervenue durant cette période a parfois créé des capacités désormais supérieures au marché disponible.
Dans ce contexte, Axial privilégie un accompagnement au cas par cas. Lorsqu’un atelier connaît une baisse isolée, les équipes du réseau cherchent à en identifier les causes en comparant son organisation, son environnement local et ses pratiques avec ceux d’entreprises voisines. Quand le recul touche l’ensemble d’un département, les possibilités d’action commerciale sont en revanche plus limitées.
La transmission des entreprises devient plus difficile
La conjoncture pèse également sur la transmission des carrosseries. Plusieurs dirigeants proches de la retraite peinent à trouver un repreneur capable d’obtenir les financements nécessaires, y compris lorsque l’entreprise reste rentable et que sa valorisation a été encadrée par des professionnels. Selon les responsables et administrateurs du réseau, les banques demandent désormais des apports et des garanties plus importants. À cette difficulté s’ajoute le niveau d’investissement nécessaire pour exploiter une carrosserie moderne : équipements, abonnements numériques, outillage, adaptation aux nouvelles technologies et respect des exigences environnementales. Faute de repreneur, certains sites risquent ainsi de perdre leur vocation automobile au profit d’une reconversion immobilière.
Les entreprises Axial emploient aujourd’hui en moyenne sept à huit personnes. Les très petites structures restent présentes et certaines obtiennent de bons résultats, mais la tête de réseau estime que leur création deviendra plus complexe. Une grande partie des investissements et des abonnements étant incompressible, leur amortissement nécessite un volume d’activité suffisant.
Axial PR doit simplifier le choix des pièces
Face aux tensions sur les marges, Axial souhaite aider ses adhérents à mieux exploiter les solutions déjà mises à leur disposition. Le réseau poursuit notamment le déploiement d’Axial PR, une application développée par son service informatique pour faciliter la recherche et la comparaison des pièces. L’outil interroge les sites ou les interfaces numériques des fournisseurs référencés. Il doit permettre au réparateur de connaître la disponibilité des références et, lorsque les données le permettent, d’afficher le prix net correspondant à ses propres conditions commerciales. Depuis un même environnement, le professionnel peut comparer une pièce d’origine, une pièce de qualité équivalente et une pièce issue du réemploi. Cette visibilité doit faciliter la préparation du chiffrage, mais aussi les échanges avec l’expert. Le carrossier peut ainsi vérifier rapidement si une solution alternative est réellement disponible avant de l’intégrer à son estimation ou de la proposer dans le cadre d’une expertise contradictoire.
Axial ne souhaite cependant pas concentrer les volumes du réseau auprès d’un nombre limité de fournisseurs. Sa politique d’achats repose sur la mise à disposition d’un choix suffisamment large pour préserver l’indépendance des adhérents et leur permettre d’arbitrer entre prix, disponibilité et niveau de service. Les fournisseurs sont suivis par une commission à laquelle participent des carrossiers du réseau.
La pièce de réemploi reste soumise à la disponibilité
Axial considère la pièce de réemploi comme un levier à la fois économique et environnemental, mais refuse d’en présenter l’utilisation comme une solution systématique. Le marché reste dépendant des véhicules disponibles pour le démontage, de la qualité du référencement et de l’état réel des pièces proposées. À ces contraintes s’ajoutent les délais, les frais de transport et le risque d’écart entre les photographies publiées et la pièce livrée. Certaines références très recherchées peuvent également être proposées à des tarifs proches, voire supérieurs, à ceux du neuf. L’objectif d’Axial PR est donc moins d’imposer une catégorie de pièces que de réduire le temps consacré au sourcing et de permettre une décision fondée sur une disponibilité et un prix vérifiables.
La question de l’approvisionnement concerne également les nouvelles marques automobiles - essentiellement asiatiques. Pour les réparateurs, la possibilité de prendre en charge ces véhicules dépendra directement de l’existence d’un interlocuteur après-vente, de l’accès à l’information technique et de la disponibilité des pièces. Le réseau observe une amélioration chez certaines marques déjà implantées, mais reste prudent face aux constructeurs dont l’organisation après-vente est encore incomplète.
La labellisation RSE appelée à se généraliser
Autre chantier structurant, le déploiement du label indépendant "Réparer Durablement" doit s’accélérer en 2027. Axial accompagne ses adhérents dans cette démarche sans leur en facturer le coût. Son objectif est de faire progresser l’ensemble du réseau vers la labellisation, avant d’en faire à terme un prérequis pour les nouveaux entrants. Cette orientation répond à la place croissante des critères RSE dans les appels d’offres des assureurs, loueurs et gestionnaires de flotte. Selon les consultations, ces critères peuvent représenter jusqu’à 20 % de l’évaluation. La labellisation ne garantit pas à elle seule l’obtention d’un agrément ou une revalorisation des taux horaires, mais elle tend à devenir un critère d’accès à certains marchés. La démarche porte notamment sur la gestion des déchets, les consommations, l’organisation de l’entreprise et le recours aux pièces issues de l’économie circulaire. Axial y voit aussi un moyen de remettre la réparation au centre du métier, lorsque celle-ci reste techniquement et économiquement pertinente, plutôt que de privilégier systématiquement le remplacement des éléments.
Une première formation consacrée aux achats
Pour améliorer l’appropriation de ses outils, le réseau de carrossiers travaille parallèlement à redevenir organisme de formation et à obtenir la certification Qualiopi. Le réseau avait abandonné cette activité il y a près d’une dizaine d’années, dans un contexte réglementaire complexe et face à des sessions difficiles à remplir. Les ateliers organisés plus récemment en région ont cependant confirmé l’existence d’une demande.
Une première formation pilote doit être testée d’ici à la fin de 2026. Elle portera sur l’optimisation des achats et l’utilisation des outils de la marque, dont le DMS et Axial PR. Le format envisagé associe une demi-journée collective, consacrée aux principes et aux fonctionnalités, à une demi-journée directement dans l’entreprise afin de paramétrer les outils et de les adapter à son organisation. L’objectif est de dépasser les limites des présentations générales, dont les enseignements sont parfois difficiles à appliquer une fois le dirigeant revenu dans son atelier. Les adhérents pourront solliciter une prise en charge auprès de leur opérateur de compétences. Axial précise vouloir équilibrer financièrement cette activité, sans en faire une nouvelle source de marge. À plus long terme, le réseau envisage de construire des parcours modulaires destinés aux assistantes et assistants de carrosserie. La diversité des procédures administratives, des donneurs d’ordre et des plateformes rend en effet ces fonctions de plus en plus spécialisées.
L’apprentissage complété par les Olympiades
Axial poursuit en parallèle son action dans la formation initiale. Trois classes accueillent actuellement des apprentis rattachés à des carrosseries du réseau. Le dispositif se heurte néanmoins à un taux d’abandon encore important au cours des premiers mois et à la nécessité de réunir suffisamment d’entreprises dans une même zone géographique pour constituer une classe. La première édition des Olympiades Axial a complété ce travail. Une vingtaine de jeunes ont mené la première épreuve à son terme et trois finalistes ont été départagés lors d’une épreuve de peinture. Au-delà du classement, le réseau souligne l’implication des tuteurs et l’intérêt du concours pour valoriser les savoir-faire, rapprocher les générations et renforcer la confiance des apprentis. Une déclinaison consacrée aux travaux de tôlerie est désormais à l’étude.
Quarante ans après avoir entrepris de structurer et de professionnaliser les carrosseries indépendantes, Axial continue donc d’appliquer une méthode progressive. Les nouveaux dispositifs sont d’abord testés auprès de quelques réparateurs avant d’être corrigés, étendus ou abandonnés selon les résultats. La feuille de route pour 2027 repose ainsi moins sur l’ajout de services que sur une meilleure utilisation des outils existants, avec un objectif central : aider les ateliers à préserver leur rentabilité tout en répondant aux nouvelles exigences techniques, administratives et environnementales.





