Bosch paie cash la politique du gouvernement sur le diesel

Christophe CARIGNANO

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Bosch paie cash la politique du gouvernement sur le diesel

Face à la chute des ventes de véhicules diesel, l’annonce faite par Bosch de supprimer 750 postes à Rodez est assez logique tant elle répond à des décisions politiques visant à interdire à court terme cette motorisation puis le véhicule thermique dans les dix prochaines années.

Le 5 mars dernier, le premier équipementier mondial a annoncé qu’il allait supprimer 750 postes dans son usine de Rodez d’ici à 2025.

« On va réduire les équipes à 500 personnes d’ici à 2025 », a déclaré le président de Bosch pour la France et le Benelux, Heiko Carrie, jugeant la mesure « indispensable » dans le contexte actuel de chute des ventes des véhicules à moteur diesel.

L’un des premiers employeurs dans l’Aveyron

Principal employeur de l’Aveyron, cette usine implantée à Onet-le-Château, dans la banlieue de Rodez, emploie 1 250 salariés et fabrique des injecteurs et des bougies pour véhicules diesel. L’annonce faite par Heiko Carrie est assez logique dans la mesure où elle répond à une réalité du marché : la forte baisse des motorisations diesel depuis plusieurs années et son accélération en raison des prochaines interdictions un peu partout sur le territoire français avec la mise en place des zones de restriction dans les centres-villes (ZFE).

« Soutien à Bosch France, à Heiko Carrie et à ses équipes »

« Le temps passe et la mécanique est implacable, déclare Xavier Horent, délégué général du CNPA sur son compte Linkedin en réaction à cette annonce. Au-delà de l’Aveyron, dont il est le premier employeur privé, la décision de supprimer 750 emplois à laquelle Bosch est contraint risque de ne pas être la dernière illustration tragique des déséquilibres d’une politique automobile malmenée. Soutien à Bosch France, à Heiko Carrie et à ses équipes. C’est toute la filière et l’ensemble des territoires, de Béthune à Rodez, qu’elle irrigue qui doivent se sentir concernés ». Et d’ajouter : « Réussir la transition est impératif, en souhaitant que les choix politiques effectués ne nous aient pas privés de toute souveraineté. Dans moins d’une décennie, tout sera trop tard ».

La chute annoncée des motorisations diesel

Ce n’est pas faute pourtant pour l’équipementier allemand d’avoir alerté les pouvoirs publics, depuis plusieurs années, sur les conséquences sur l’emploi de la politique de rupture anti-diesel menée par le gouvernement français. Rappelons qu’en France, les immatriculations de véhicules particuliers neufs équipés d’un moteur diesel ont été réduites de moitié, de 73 % en 2012 à environ seulement 34 % aujourd’hui.

Et du thermique dans son ensemble...

Alors qu’Angela Merkel défend les motorisations thermiques afin d’assurer une transition énergétique douce et respectueuse de l’emploi dans la filière, le gouvernement français n’a de cesse d’accélérer le passage vers le tout électrique à travers de nouvelles taxes et de restriction de circulation dans les centres-villes. Les discussions, ces prochains jours, de la prochaine loi Climat et résilience visent à interdire les voitures particulières émettant plus de 123 g de CO2/km selon la norme WLTP. À cela s’ajoute, au niveau européen, la mise en place de la prochaine norme Euro 7 de réduction des émissions de gaz polluant qui pourrait sonner le glas du moteur thermique tout simplement.

Le tout électrique en 2030 : une tendance vers la rupture avec le thermique

Les annonces récentes d’un passage au tout électrique en 2030 de Ford, Jaguar Land Rover et Volvo anticipent également ce durcissement des législations nationales et européennes. Restera à mesurer les conséquences de cette rupture sur l’emploi dans l’industrie automobile et sa filière aval au niveau de l’après-vente. Le site Bosch de Rodez est certainement une infime partie émergée de l’iceberg des conséquences de cette mutation énergétique.

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