Comment le rétrofit participe à l’électrification des parcs

Comment le rétrofit participe à l’électrification des parcs

© Phoenix Mobility

Légalement autorisée depuis mars 2020, la pratique du rétrofit - c'est-à-dire la transformation d'un véhicule thermique en véhicule électrique - commence à séduire entreprises comme collectivités. Retours d'expérience avec quelques pionniers. 

À l’heure de la généralisation (progressive) des ZFE et de l’entrée en vigueur des quotas de véhicules propres en parc, le rétrofit ne représenterait-il pas la solution la plus facile pour assurer la transition énergétique d’une flotte ? Nombreux sont ceux à y croire. À commencer bien sûr par les start-up, les entreprises, qui se sont spécialisées dans cette pratique encore inconnue avant la crise sanitaire. Pour mémoire, issu du verbe anglais « to retrofit », signifiant « rénover, moderniser, … », le rétrofit électrique « revient à transformer tout véhicule à moteur thermique en un véhicule électrique à batterie ou à pile à combustible », rappelle Arnaud Pigounides, fondateur de Retrofuture, start-up initialement spécialisée dans la transformation de véhicules anciens et désormais membre du groupe Rev Mobilities… dont la marque Rev Professional s’attaque à la transformation de véhicules utilitaires légers. Aymeric Libeau, fondateur et patron de Transition One compare lui cette nouvelle activité à celle d’un artisan « changeant des fenêtres en bois simple vitrage des années 1920 par du vitrage PVC actuel ». 

Les flottes, une cible prioritaire

« Le marché des particuliers n’est pas du tout mature pour cela. On aimerait bien faire du BtoC, mais les particuliers utilisent trop peu leurs véhicules pour avoir un retour sur investissement suffisant. De plus, la gamme de véhicules neufs à désormais une belle profondeur, couvrant plusieurs segments et proposant différentes carrosseries pour tous les budgets », analyse Antoine Desferret, cofondateur de COO de l’entreprise grenobloise Phoenix Mobility, spécialisée dans la conversion de véhicules utilitaires. « Le rétrofit électrique peut être une solution pour beaucoup de professionnels […] d’autant que cela permet de prolonger la durée d’utilisation de véhicules encore en bon état », abonde Arnaud Pigounides.

« Alors que les clients professionnels peuvent actuellement rencontrer des difficultés à être livrés en véhicules électriques et que les constructeurs traditionnels sont en difficulté pour répondre à la demande de VUL, nous avons simplement besoin d’un contrôle technique de moins de six mois pour rétrofiter un véhicule ; même si la partie mécanique et pollution n’est pas validée. Il nous faut également vérifier la carrosserie et les trains roulants », développe Antoine Desferrets. Concernant les délais de livraison, plusieurs paramètres entrent toutefois en jeu. « Deux moments sont à prendre en compte. Il y d’une part, un délai variable entre la signature et la prise en charge du véhicule. Ensuite, cinq jours d’immobilisation du véhicule sont nécessaires pour démonter les éléments thermiques et installer la motorisation électrique, les batteries, etc. », ajoute-t-il.

Une procédure qui ne semble pas effrayer les premiers clients, parmi lesquels plusieurs collectivités locales et quelques entreprises. Un fourgon rétrofité circule déjà dans la flotte de la ville de Grenoble et un Renault Trafic électrique a récemment rejoint le parc de la ville de Montreuil. Phoenix Mobility a également signé la conversion d’un Renault Master pour Vinci Autoroutes. Un véhicule qui sera dédié aux interventions sur le réseau. Et remporté plusieurs marchés publics comme à Rouen et Strasbourg. L’entreprise devrait livrer cette année une vingtaine de véhicules et mettre à la route environ 350 unités d’ici fin 2023.

Une question d’image

Des véhicules particuliers s’électrifient aussi… pour une question d’image. C’est par exemple le cas de la flotte de 4 Roues sous un Parapluie. Une entreprise connue pour proposer des promenades touristiques en Citroën 2CV dans les grands centres villes (Paris, Bordeaux, Biarritz, …). Disposant d’une flotte d’environ 80 « deudeuches », l’entreprise fait confiance au 2CV Méhari Club de Cassis et à son kit R-Fit pour réduire son empreinte carbone.« L’idée est de passer d’un véhicule fortement émetteur de gaz à effet de serre vers un véhicule zéro émission », explique Stéphane Wimez, le patron du célèbre club méditerranéen.

Si le silence conféré par la motorisation électrique procure le plus grand plaisir aux touristes étrangers, qui profitent de leur balade dans le calme et entendent plus facilement les explications de leur guide, pour les puristes et amateurs de l’odeur et de la sonorité caractéristique des bicylindres Citroën, voilà une transformation qui a du mal à passer. « Beaucoup de gens n’ont pas encore compris que les entreprises comme le 2 CV Méhari Club ou 4 Roues sous un Parapluie s’adaptent à la réglementation. C’est soit ça, soit on ne roule plus ! Le rétrofit des voitures de ville, c’est une vraie logique », conclut-t-il.

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