Enquête

Conduite autonome : et si les humains ne pouvaient plus prendre le volant en 2050 ?

Clotilde Gaillard
Conduite autonome : et si les humains ne pouvaient plus prendre le volant en 2050 ?

Conduite autonome : et si les humains ne pouvaient plus prendre le volant en 2050 ?

Science-fiction ou réelle probabilité ? Le dernier rapport de l’entreprise britannique IDTechEx a tranché : lorsque les voitures autonomes de niveau 5 arriveront, les humains auront interdiction de conduire car jugés moins performants que les machines.

Ces dernières années, les améliorations apportées aux technologies des véhicules autonomes telles que le radar, le lidar, les caméras HD et les logiciels, ont fait de cet objet de mobilité futuriste une réalité de plus en plus installée. Bien sûr, à l’heure actuelle les véhicules autonomes du marché ne s’avèrent encore qu’en phase de test et la plupart n’arrivent qu’avec l’option de fonctionnalité de niveau 2 – sur six niveaux d’autonomie. Pourtant, comme le souligne le cabinet d’étude IDTechEx, l’industrie automobile apparaît techniquement prête pour des VA de niveau 3 et certains pays font même pression pour une technologie de niveau 4.

Voilà pourquoi le rapport de centre de recherche de Cambridge affirme que les véhicules autonomes deviendront une technologie dont le taux de présence sur nos routes pourrait atteindre 47 % et transformer durablement le marché automobile au cours des deux prochaines décennies. Dans un premier temps, son but serait toutefois de fournir une mobilité en tant que service (MaaS), secteur qui connaît déjà une forte croissance en Europe, aux États-Unis et en Chine.

Des obstacles réglementaires pratiquement surmontés

Dans son enquête, IDTechEx rappelle également que, si la technologie de niveau 3 est prête depuis 2017, « les constructeurs n’ont pas été en mesure de publier ces fonctionnalités autonomes en raison de la législation, qui avait des définitions peu claires sur le fonctionnement de la technologie et sur la responsabilité en cas d’accident. » Néanmoins, les réglementations ont récemment commencé à s’assouplir, permettant au Japon, l’Allemagne ou encore au Royaume-Uni de voir des véhicules de niveau 3 circuler sur leurs routes d’ici à fin 2021. Par conséquent, IDTechEx s’attend à une adoption significative de la technologie de niveau 3 et de niveau 4 sur le marché automobile au cours des 10 à 20 prochaines années.

Une prédiction qui changera radicalement le paysage routier mondial. Et cela dans pas si longtemps… Pour cause : compte tenu de l’état actuel des essais et des plans existants pour une nouvelle expansion des acteurs clés – tels Waymo, Cruise ou Baidu –, IDTechEx pense que 2023 sera le début de la révolution du véhicule autonome et s’attend à ce que les essais se développent dans leurs villes existantes, puis se propagent de ville en ville de la même manière que le firent autrefois les plates-formes de covoiturage Uber, Lyft ou Didi. À cette date, les systèmes de conduite autonome seraient même à égalité avec les niveaux de sécurité humaine.

L’humain supplanté par la machine en 2050

La suite logique de ces prévisions est donc que, dans 30 ans environ, la conduite de voitures par des humains sera probablement interdite, avance l’étude IDTechEx. Il faut dire que les voitures totalement autonomes ne sont pas distraites par l’environnement qui influence habituellement les humains, à savoir le téléphone ou les autres conducteurs sur la route. Ajouté à cela le perfectionnement des technologies de conduite autonome et de l’intelligence artificielle ainsi que l’avènement de la 5G pour visualiser sans peine un avenir où les voitures se conduiront toute seules en communiquant entre elles sans temps de latence, beaucoup plus rapidement que l’attention portée par un conducteur de chair et d’os. « Théoriquement, les VA seraient même en mesure d’assurer l’ensemble des besoins de transport au monde, avec moins d’un accident par an, dès 2050 », annonce IDTechEx. Si notre remplacement au volant n’est donc pas pour tout de suite, son horizon semble de préciser concrètement.

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