Dacia tutoie Citroën et le podium du marché français en 2022

Alexandre Guillet

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Dacia tutoie Citroën et le podium du marché français en 2022

La Dacia Spring a trouvé sa clientèle, qui ne retient pas la proposition d'entrée de gamme.

© Dacia

Contournant un contexte difficile et le ralentissement du marché français des véhicules particuliers neufs (- 9 %), Dacia poursuit sa progression avec des immatriculations à + 3 % sur les onze premiers mois de l’année. Thomas Dubruel, son directeur commercial pour la France, nous explique les raisons de ces bonnes performances.

Auto Infos : Les immatriculations de Dacia restent bien orientées malgré un contexte général de marché toujours tendu, le niveau des commandes suit-il aussi cette trajectoire ?

Thomas Dubruel : Les grands problèmes macroéconomiques demeurent : hausse du prix des matières premières, avec l’acier à + 80 % par exemple, flux logistiques contrariés, flambée des coûts des énergies, etc. En France, le contexte de marché dans lequel nous évoluons reste difficile avec un repli de 9 % sur le périmètre du VP et Dacia s’en tire bien en progressant de 3 % à fin novembre. Nous approchons des 116 000 unités et la marque fait valoir 8,4 % de part en VP, au pied du podium et juste derrière Citroën. Sur le seul périmètre des VP à particuliers, Dacia détient 15,7 % de part, en progression de 2 points par rapport à 2021 qui fut une bonne année. Et je vous confirme que les commandes sont aussi très bien orientées, en forte croissance même. Je crois que nous maintenons une promesse clients adaptée à la demande des consommateurs et en parallèle, nous parvenons à toucher de nouveaux clients. Sur 10 clients, 8,5 renouvellent dans la marque ou dans le groupe et notre taux de conquête est élevé.

Thomas Dubruel, directeur du commerce de Dacia France.

« Le GPL représente un tiers de ventes de Dacia en France. »

Auto Infos : Tous les modèles participent-ils à ce dynamisme ?

Thomas Dubruel : Les valeurs sûres le demeurent, Sandero va être le véhicule le plus vendu à particuliers pour la septième année consécutive et le Duster ne faiblit pas. Nous bénéficions aussi de l’arrivée de Spring qui est le véhicule électrique le plus vendu à particuliers et le lancement de Jogger est réussi, avec 22 000 commandes à ce jour (voir ci-dessous). Dacia capitalise aussi sur son offre GPL, qui représente un tiers des ventes au moment où les prix à la pompe sont hauts. Entre le GPL et l’électrique, une vente de Dacia sur deux n’est pas un véhicule thermique traditionnel.

Auto Infos : Parvenez-vous à conduire l’évolution de votre image de marque, une montée en gamme en fait, comme vous le souhaitiez ?

Thomas Dubruel : Effectivement, nous tournons la page du low-cost en douceur et le temps des Logan où on remontait les vitres à coups de manivelle est révolu. C’est une affaire de mesure, Dacia n’est pas à la recherche du premier prix, mais du juste prix et cette promesse d’essentialité s’applique à toute la gamme. Ce travail de fond est relayé par le réseau qui déploie la nouvelle identité de la marque dans les showrooms et les espaces d’après-vente. Nous avons une meilleure cohérence phygitale et nous nous améliorons sur les points de contact qui comptent. Transparence sur les prix et refus du brouillage des remises, 80 % de réponses aux leads en moins d’une heure, dont 95 % pour le VN, c’est concret. Nous avons un parc de 1,3 millions de voitures en France et nous arrivons à le faire fructifier à l’après-vente, avec des entrées atelier en hausse de 7,5 % cette année.

« La marque Dacia doit être plus visible, y compris dans le réseau. »

Auto Infos : Vous souhaitiez une meilleure séparation des espaces Dacia dans le réseau : comment appréhendez-vous le sujet à l’heure où les investisseurs ne sont pas enclins à débloquer de gros budgets ?

Thomas Dubruel : La marque doit être plus visible, y compris dans le réseau et nous y travaillons. Actuellement, nous avons environ 100 box dédiées à Dacia en France, 150 showrooms séparés et enfin, des corners. L’idée n’est absolument pas de n’avoir que des box et nous les conserverons là où elles sont nécessaires. En revanche, nous promouvons des showrooms mieux séparés et des zones de réception bi-marques à l’après-vente.

Auto Infos : Etes-vous surpris par le prix moyen de Spring, plus élevé que ce que vous attendiez à son lancement ?

Thomas Dubruel : Spring reste le véhicule électrique le plus accessible du marché et c’est ensuite le choix des clients de définir leurs besoins. Toujours dans notre logique de design to cost, Spring est une petite voiture, légère, avec une batterie qui ne fait pas de surenchère mais offre 200 km d’autonomie. Nous faisons beaucoup de conquête avec la Spring et la clientèle est plus jeune que celle de la marque. Les possesseurs de Spring font en moyenne 25 km par jour, en plusieurs parcours, et ils privilégient les petites recharges. C’est précisément la proposition de Spring.

Auto Infos : A propos d’âge moyen, on constate que les acheteurs du Jogger sont aussi relativement jeunes (44,77 % de clients âgés de 26 à 55 ans, dont 19,72 % pour les 26-40 ans). Est-ce à dire que vous avez touché les jeunes familles comme attendu ?

Thomas Dubruel : Exactement, le Jogger répond à nos prévisions et à son positionnement. En plus des jeunes familles, nous voyons aussi revenir des clients de l’ancien Dokker et des clients qui veulent monter en gamme et bénéficier d’un modèle spacieux et polyvalent, d’où l’attrait des 7 places qu’elles soient fréquemment utilisées ou non. Le GPL est aussi très demandé sur ce modèle car il garantit souvent le juste équilibre économique.

« Via Mobilize Financial Services, notre taux d'intervention est passé à 60 %. »

Auto Infos : L’un de vos axes d’amélioration ne se situe-t-il pas dans une meilleure efficacité sur les produits de financement, vos clients restant attachés au crédit classique ?

Thomas Dubruel : Nous y travaillons et nos progrès sont rapides. Via Mobilize Financial Services, notre taux d’intervention est passé à 60 % avec 70 % de produits dits « fidélisants ». L’introduction de la LOA packagée, comprenant l’entretien, a eu du succès en 2022. Nous allons continuer à progresser sur ce point car cela nous permet aussi d’amoindrir les impacts de l’inflation. Nous allons aussi proposer des offres de location reposant sur l’usage, car nous sentons poindre cette demande.

Auto Infos : Envisagez-vous 2023 comme une année de consolidation ou comme une nouvelle année de croissance ?

Thomas Dubruel : Au-delà de toutes les incertitudes qui caractérisent le marché, nous misons sur un nouvel exercice de croissance. Le Jogger en version hybride, dont les premières livraisons interviendront en mars, va notamment nous amener une nouvelle clientèle, en attendant aussi nos autres nouveaux produits. Et le complet déploiement de notre nouvelle identité de marque va s’opérer et donner sa pleine mesure en 2023 et 2024.

Gros plan sur le lancement du Dacia Jogger

  • Segment C
  • 4 204 immatriculations
  • 76,47 % des ventes à particuliers
  • 73 % de financement personnel ou crédit classique
  • 54,76 % de clients âgés de 56 ans
  • 100 % d’immatriculations en essence

(Source : AAA DATA – Chiffres à fin octobre 2022)

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